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23 avril 2012 1 23 /04 /avril /2012 10:04

Ci-dessous, extraits d'une page présentant le peintre Russe, Maxime Kantor, qui expose en ce moment au musée du Montparnasse. Ce peintre a visiblement été exposé par l'expresionisme allemand. Il dit également avoir été influencé par Daumier pour ses caricatures.

 

On pourra également conxsulter les liens suivants si l'on veut voir plus de tableaux et de caricatures de cet artiste, notamment son site officiel, en russe, très complet. Pour voir les tableaux, le site étant en cyrillique, cliquer sur la deuxième rubrique de la colonne de gauche. Pour les eaux fortes et caricatures, troisième rubrique.

http://www.maximkantor.com/ 

 

Pour une analyse de l'exposition, voir le lien ci-contdre : http://www.francetv.fr/culturebox/blog/le-blog-de-thierry-hay/les-oeuvres-satiriques-de-maxim-kantor-au-musee-du-montparnasse-89319

 

Maxime Karlovitch Kantor (en russe : Максим Карлович Кантор) peintre russe né en 1957 à Moscou, célèbre pour avoir écrit Outchebnik rissovania (Manuel de dessin), un livre controversé sur la Russie post-soviétique.
Il est le fondateur en 1983 du groupe de peintres Krasny Dom (Maison rouge).
Il publie un recueil d’essais, Medliennyé tcheliousty demokratii (Les mâchoires lentes de la démocratie) comparant la démocratie au totalitarisme1. Il écrit en 2009 le roman V tou storonou, qui compare la crise financière à un cancer.

“Le peintre”

Il fut « découvert » par l’Occident au début des années 1990 comme un peintre dissident.

“Le transporteur”.

Il n’a pas cessé de jeter sur la société russe post-soviétique le même regard sans complaisance. Entre 1999 et 2001, il crée une série de 71 eaux-fortes exposées publiées sous la forme d’un immense livre, accompagné de textes et intitulé Terrain Vague. Atlas (Wasteland. The Atlas).

“Le satire dans tous les sens”.

Maxim Kantor fait partie du milieu « underground » de Moscou.

Sa peinture traduit son expérience, du totalitarisme à la démocratie actuelle. Il dénonce le système mais il veut y apporter du changement. L’exposition se compose également d’une dizaine de peintures , toutes sur le thème d’une Europe en plein effondrement.

Maxim Kantor fait partie du projet « Satires dans tous les sens ».

Le Musée du Montparnasse part du principe qu’un artiste ne doit pas être brimé et surtout pas par la politique. Il se targue donc d’accueillir des artistes de toutes origines, avec ou sans visa, pour leur permettre de s’exprimer.

Soirées « 5 à 7 » « satires dans tous les sens » :

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23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 10:06
vagamondes.jpg    J'ai assisté hier soir, à l'agora d'Evry, ceci dans le cadre du festival "vagamondes", à un débat sur la situation culturelle actuelle dans les pays du Magreb et du Moyen orient. Lors de ce débat, une jeune femme a pris la parole pour s'opposer à ce que disaient les hommes du panel, dont certains essayaient de nous expliquer que la situation des femmes "progressait", qu'il ne fallait pas faire une fixette sur le voile, que ce dernier permettait aux filles d'être scolarisées, etc.. Toutes choses que l'on entend parfois dans la bouche d'intellectuels (maghrébins et européens confondus..) concernant l'Iran notamment. Les femmes du panel (deux maghrébines "exilées" et une Syrienne, également exilée) étaient bien entendu d'accord avec l'intervenante du public et contestaient l'optimisme affiché par leurs collègues masculins

Les hommes du panel n'étaient d'ailleurs pas, loin s'en faut, des obsucrantistes, bien au contraire, mais face à la contestation radicale de l'islam (et non seulement de l'islamisme) que cette jeune femme opposait à leur discours "oecuménique", il se sentaient obligés de dire que la situation de la femme dans leurs pays (l'algérie et la Tunisie en l'occurence..) n'était pas si terrible que les autres femmes du panel et la jeune femme ayant pris la parole dans le public le disaient. L'un d'entre-eux, pourtant apparemment très critique envers le gouvernement algérien actuel, nous a même chanté la rengaine habituelle selon laquelle il ne fallait pas trop parler de cette question de l'oppression de la femme, que cela donnait des arguments au FN, etc.....

    djemila-ben-habib.jpgAprès le débat, cette jeune femme s'est approchée de moi pour me dire qu'elle était d'accord avec mon intervention dans laquele je décrivais le désert culturel qu'était l'Algérie pendant mon séjour en coopération là-bas.

Il se trouve que cette femme est l'auteure d'un livre "Ma vie à contre coran", dans lequel elle fait part de ce qu'elle a vécu dans son pays pendant les "années noires" (années quatre-ving-dix), de sa fuite en France, et de son installation au Québec, exil où elle a découvert avec horreur que le danger islamiste existait également dans ces deux pays d'accueil où elle pensait (naïvement selon elle) n'être plus confrontée au totalitarisme religieux.

Ci-dessous, un lien conduisant à des pages décrivant le contenu de son pamphlet et son itinéraire : http://www.lactualite.com/20090319_133358_10140?page=0,0

 

Un autre lien vers le site du théâtre de l'agora d'Evry, sur lequel vous pouvez prendre connaissance des spectacles et événements organisés dans le cadre du festival "Vagamondes" :

rayhana.jpgA ce même débat, il y avait aussi une auteure dramatique Algérienne et membre du panel, une dénommé Rayhana (ne pas confondre avec la chanteuse Rihanna !!), vivant désormais en France mais ayant eu des responsabilités au théâtre de Béjaïa, ville où j'ai sévi comme coopérant de 83 à 86. Inutile de vous dire qu'à cette époque, il n'y avait aucune troupe théâtrale à Béjaïa et que cette ville comme toutes les autres villes algériennes de province, était un désert culture. Au cas où vous ne me croiriez pas, sachez que ce fait a été confirmé pendant le débat par tous les intervenant algériens du panel, hommes et femmes compris. Les femmes du panel ont toutes également été d'accord pour dire que l'impossibilité pour les femmes de sortir le soir et d'assister à des événements culturels était largement responsable de cet état de fait.
Bref le discours sur la condition des femmes dans son pays allait dans le sens de la jeune femme, auteure du livre "Ma vie à contre coran", livre dont j'ai parlé plus haut..
Cette auteure dramatique a écrit une pièce intitulée "A mon âge, je me cache encore pour fumer", pièce qui a été montée et jouée à la maison des métallos, à Paris. Il est malheureusement trop tard pour voir cette pièce, mais je vous joins ci-dessous (Au cas où cela vous intéresserait) un lien vers une page contenant une critique (positive) du spectacle en question.
habib-tengour.jpg
Egalement parmi le panel de discussion, figurait un poète bi-national (Algérien et français). Il s'agit de Habib Tengour dont je joins un lien vers une page le concernant.  http://www.arabesques-editions.com/fr/biographies/habib-tengour1974205.html
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26 janvier 2012 4 26 /01 /janvier /2012 11:46

shame.jpgJe suis allé voir Shame après avoir lu, sur l'officiel des spectacles, un article, qui, évidemment, mettait en avant le thème de l'addiction sexuelle du héro, ceci sans doute pour appâter le chaland un peu voyeur que je suis.

Je ne savais rien d'autre sur le film, ni sur le réalisateur, dont je ne connaissais ni la carrière d'artiste, de vidéaste plasticien, ni son premier essai dans le monde du cinéma, racontant la grève de la faim du terroriste (ou militant si l'on préfère..) Irlandais Bobby Sands.

J'ai donc vu Shame en parfait candide, sans que mon jugement soit parasité par ce que j'avais lu aparavant.

Malgré l'évidente beauté des images et de certaines scènes, la qualité de la bande son, l'interprétation de Michael Fassbender et des autres acteurs, il faut bien reconnaître que je me suis globalement ennuyé et que la motivation libidineuse peu avouable qui m'a fait choisir ce film n'a pas trouvé son compte.

Cela était sans doute voulu par le réalisateur, qui multiplie les scènes de baise, mais en montrant avant tout l'insatisfaction qu'elles procurent aux partenaires et particulièrement à son pesonnage principal. Contrairement à ce que dit la critique, je pense qu'il y a bien une certaine complaisance à montrer le sexe, même si cette "accumulation" (technique employée dans certaines installations d'artistes contemporains, comme l'est Mc Queen avant de s'intéresser au cinéma justement ...) n'est pas destinée à nous émoustiller mais au contraire à nous faire comprendre la frustration qu'elle procure à son personnage. 

Il faut en effet reconnaitre, malgré la plastique irréprochable de l'acteur  principal et de ses partenaires féminines, qu'il n'y a aucune tentation à faire dans l"érotisme facile dans ce film, encore moins à donner dans la pornographie. Mais ne pouvait-on raccourcir certaines scènes sans nuire à la démonstration, qui devient, à force de redondances, un peu laborieuse ? On pense en particulier au travelling du jogging (qui, lui, n'a rien de sexuel), encensé - à tort à mond avis - par certains critiques, ou bien encore à l'introduction où l'on voit le héro se lever, puis uriner de dos après nous avoir généreusement montré ses superbes et impressionants organes génitaux... Il y a aussi l'interlude musical, pendant lequel la soeur de Fassbender interprète un standard connu d'une manière extrêmement lente. Ok, d'accord, on voulait nous montrer que, pour elle comme pour son frère, et contrairement à ce que promet la chanson "New york New York",  "c'est pas gagné pour tout le monde", même à Manhattan.... Je n'ai pas chonométré, mais avait-on besoin, pour s'en convaincre, des cinq bonnes minutes, je crois, nécessaires à l'interprète pour aller jusqu'au bout de ce tube de Barbara Streisand ? Les thèmes abordés pouvaient l'être plus légèrement et sobrement, sans toutes ces "longueurs". D'habitude, j'ai horreur de ce mot, qui constitue généralement la seule critique émise par le spectateur moyen qui ne veut surtout pas s'ennuyer au ciné, mais pour une fois, je trouve que la phrase "Il y a des longueurs", s'impose dans sa banalité...

D'une manière générale, la critique est très élogieuse. Voir en particulier cet article, de la rubrique cinéma de l'Humanité" (http://www.humanite.fr/culture/shame-ou-l%E2%80%99homme-des-vallees-eperdues-485323), qui parle de chef d'oeuvre et d'un "Fenêtre sur tour", faisant allusion au film d'Hitchcock et aux ébats d'un couple copulant au vu de tous dans un building voisin.

Tout ce que dit le journaliste est vrai, il a probablement raison, mais je reste quand même sur ma faim...... Est.-ce un effet d'un puritanisme  non assumé chez moi,  mais pour une fois, je dois avouer que le parti pris sytématique "d'accumuler" (une des opérations plastiques utilisées dans l'art contemporain, voir Warhol... et Mc queen ?) les scènes de consommation triste de sexe, afin de démontrer l'insatisfaction existentielle que provoquent chez le héros sa quête  pathétique, m'ont mis mal à l'aise.

La seule scène de baise vraiment utile je crois, est celle où le personnage essaie d'établir une relation autre que purement physique avec une collègue et pendant laquelle il a une panne : Il ne peut plus baiser qu'avec des putes ou avec des filles rencontrées par hasard dans des bars ou dans le metro, avec lesquelles l'aventure n'ira pas au-delà d'un coït furtif, triste et unique.... Très belle scène, très bien filmée, qui nous renvoie, nous autres "mâles", à notre fragilité et à la contradiction fondamentale (incontournable ?) entre nos fantasmes les plus glauques et notre désir (tout aussi inassouvi pleinement), d'amour et de tendresse avec une (ou des..) partenaires que l'on respecte et apprécie pour autre chose que leur potentiel érotique.

Malgré ces réserves, je pense que ce type en a sous la pédale. Il nous pondra peut être prochainement le "chef d'oeuvre" que n'est pas Shame à mon avis malgré l'éloge quasi unanime de la presse.. Il faudrait que j'aille voir le film consacré à Bobby Sands, qui fut primé dans les divers festivals, et que je m'intéresse à son oeuvre de vidéaste plasticien, qui me fera peut-être mieux comprendre le fim et en quoi Shame fait penser certains critiques à une "installation cinématographique". J'avoue ne pas avoir perçu, et continuer à ne pas percevoir, cet aspect des choses....   A moins que l'aspect très répétitif de certaines vidéos exposées dans les musées d'art contemporain, soit le procédé qui a inspiré MC Queen dans la réalisation de Shame. Il faudrait voir si ses vidéos utilisent ce procédé, qui peut être pertinent en art plastique, mais pas forcément transférable au septième art....

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12 janvier 2012 4 12 /01 /janvier /2012 11:19

    begaudeauprof.jpgla-blessure.pngJe viens de lire le dernier opus de François Bégaudeau après avoir conversé avec cet auteur à succès au sujet de son roman et du mien ( Le prince des parquets-salons pour ceux des inscrits à ma newsletter qui ne l'auraient pas encore lu !), lors d'un salon du livre de l'île de France, durant lequel j'ai participé à un "speed dating littéraire".

Un speed dating littéraire, "Quoi-t-esse ?', me direz-vous. On passe devant un jury en 7 minutes et on essaie de convaincre les jurés de sélectionner votre bouquin parmi les cinq qui seront lus par un éditeur s'étant engagé à lire votre "oeuvre" et à publier l'un (un seul !) de ces cinq livres sélectionnés.

Que pensez-vous qu'il arriva ? Contre toute attente et malgré un passage que je pensais assez mauvais devant le jury, je fais partie des cinq auteurs retenus pour être lus par l'éditeur en vue d'une éventuelle publication. Rien n'est donc encore fait puisque le lauréat de ce concours n'a pas encore été choisi, mais les impétrants auront au moins la certitude que leur texte aura été, parcouru sinon vraiment lu, ce qui est loin d'être le cas lorsque l'on envoie son bouquin par la poste.

Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore Begaudeau, c'est celui qui a écrit "Entre les murs", roman dont on a fait un film dans lequel l'auteur jouait son propre rôle de prof essayant d'enseigner le français dans un collège parisien situé en "zone difficile" comme on dit, lequel film obtint la palme d'or au festival de Cannes. J'avais déjà apprécié le bouquin et sa version cinématographique, qui ont confirmé ce que je pressentais de la dégradation des conditions d'enseignement depuis ma retraite, mais là n'est pas la question.

Je veux parler ici de La blessure la vraie, qui est, comme le dit la dédicace rédigée par l'auteur sur mon exemplaire acheté à l'issue de mon entretien avec lui pendant le festival du livre de l'ïle de France, "une plongée dans les années quatre-vingt et "dans la fantasmagorie rurale Vendéenne" Le livre sera également mis en scène par le réalisateur Abdelatif Kechiche (La graine et le mulet, Vénus noire.)

Et je voudrais, en toute immodestie, histoire de me faire un peu de "réclame" , tenter un parallèle osé entre son livre et le mien, que j'estime être également, à sa manière et avec des différences notables il est vrai, une plongée dans la ruralité bourbonnaise des années soixante.   Si l'on fait l'effort de déplacer le curseur temporel 24 ans avant l'été 86 et l'ancrage géographique de l'histoire, du Far-West hexagonal  vers le Centre/ventre mou de la France profonde, on peut trouver des invariants entre les deux textes. Ce faisant, et sans prétendre me hisser au niveau d'un auteur désormais reconnu et apprécié, publié en tout cas contrairement à moi,  je convaincrais peut-être un éditeur germanopratin ou régional (et pourquoi pas un(e) des ami(e)s n'ayant pas encore daigné lire le livre ou l'ayant lu mais n'y ayant vu que des élucubrations de mirliton) , sensible au succès de Bégaudeau et au fait que le thème intéresse le cinéma, que mon  histoire peut être ancrée dans un terroir, sans relever exclusivement du roman régionaliste, que mon récit concernant de jeunes ploucs  en chaleur, en quête de filles dans les années soixante, ceci dans les bals de campagne du bocage bourbonnais, peut délivrer un message universel, que la misogynie des personnages n'implique pas nécessairement celle de l'auteur et de son texte :

En quoi les deux textes se rejoignent-ils et se distinguent-t-ils donc ? :

- Même dérive avinée et pulsions prédatrices dans les bals de campagne,
- Même bande de  bras cassés vantards et immatures, ne pensant qu'aux filles.  Les miens organisent un classement au championnat du "meilleur grimpeur" de la bande, en attribuant des points à chacun après chaque bal en fonction des prouesses sexuelles revendiquées (pas toujours attestées) par les impétrants. Ceux de Begaudeau (surtout le beau gosse de service) sont moins vantards et se contentent de noter les filles de zéro à vingt selon leur physique et non selon leur bonne volonté à se plier ou non à leurs fantasmes. De ce point de vue, les personnages de La blessure la vraie sont plus fréquentables que ceux du Prince des parquets salons. Autre point à porter au crédit des vendéens de 86 : Ils sont globalement plus jeunes et donc plus excusables pour leur immaturité , que mes Bourbonnais, qui, avec un âge moyen de 19/20 ans et qui aujourd'hui seraient majeurs légalement, sont encore tout à leur délire quantitatif de consommation de chair fraîche et sont tout aussi puceaux, affectivement et émotionnellement (sinon sexuellement), que leurs cadets chouans. Mais les Auvergnats, se meuvent dans un monde où le féminisme n'est pas encore venu tempérer le sexisme des mâles, un monde où les moyens de contraception sont peu connus, où l'avortement est interdit.... c'est là leur seule excuse, si l'on doit absolument leur en trouver une...

- même héro frustré, bavard, maladroit dans lequel l'auteur pointe le bout de son nez, servant de faire valoir à un mâle dominant, comptant les points, ne parvenant pas à "conclure", Chez moi, le personnage, qui ressemble fort à l'auteur tel qu'il fut à l'adolescence (et non tel qu'il est resté, je tiens à le dire pour rassurer les dames !!!) se cache un peu plus derrière le double voile du beau parleur auto-proclamé barde de la bande et d'un narrateur qui se veut distancié. Chez Begaudeau, moins de pudeur, ou plus de franchise si l'on veut.  Le narrateur parle à la première personne et se confond avec l'auteur.

-  Les deux beaux parleurs impénitents sont des intellos sans doute beaucoup plus cultivés qu'ils ne  l'étaient vraiment à l'âge où l'histoire se situe, capables, adolescents, de références littéraires et philosophiques inspirées probablement par les lectures faites par les auteurs à un âge plus avancés. Je dis celà en tout cas en ce qui me concerne, car contrairement à Bégaudeau et à son personnage, je n'étais pas fils de prof, je n'étais pas un héritier se préparant à suivre la voie royale de l'hipokâgne du concours de l'École Normale supérieure et de l'agrégation. Chez Bégaudeau, que l'on ne s'y trompe pas, les références (pas toujours explicites) pullulent et sont beaucoup plus savantes et modernes que les miennes. N'oublions pas qu'il a commis un antimanuel de littérature que je trouve très intéressant et stimulant, dans lequel il propose une classification (ou une typologie si l'on préfère) des textes originale et décoiffante s'appuyant sur les théories linguistiques et littéraires récentes, et j'ose le dire, même s'il me démentirait probablement, "d'avant-garde". Mais les deux ados de l'histoire (presque un adulte pour celui du Prince) partagent le goût de mettre en mots et en phrases les tribulations de la bande, se consolent, par le verbe, par la distance qu'ils mettent ainsi entre leurs déconvenues avec l'autre sexe et ce qu'ils croient immodestement mériter comme retour sur investissement à leur contribution "culturelle",  de ce que les autres, les plus chanceux, vivent sans trop se poser de questions,

- Les deux personnages se confondant plus ou moins avec l'auteur  ont une relation de maître à élève avec un adulte cultivé. Dans les deux romans,  il s'agit d'un intellectuel raté, qui leur sert de mentor et leur ouvre des horizons, tant envers les femmes, que dans le domaine de l'art. Dans le Prince, il s'agit d'un juif rentré des camps, de son vrai nom Blum, mais se faisant désormais appeler Lafleur. Molly, la femme du compagnon de l'Ulysse de Joyce (Bloom), juif lui aussi, est volage. Celle de Lafleur/Blum l'a quitté pendant son voyage en enfer. Pas vraiment des Pénélopes !! L'épouse du cinéaste alcolo et impuissant de la blessure, couche avec le meilleur copain de Bégaudeau/ narrateur. On nous fait comprendre -  mais est-ce vrai ? la fin du roman vire en effet au réalisme fantastique dans lequel il est bien difficile de faire la part entre mensonge et vrai  - que le réalisateur auto proclamé, qui n'est peut-être qu'un technicien, est plus ou moins complice des ébats  entre sa femme et son jeune amant. Fort de son aura d'artiste incompris, obtenue facilement auprès des deux jeunes gens, il leur explique les mystères de l'image cinématographique et en quoi l'art ne doit pas être confondu avec la réalité, De son côté, Bloom/Lafleur, en citant le roman de James Joyce, fait prendre conscience à son jeune compagnon de beuverie que leurs virées dans les bars et les bals de la ville industrielle du bourbonnais où ils gesticulent, ne peuvent vraiment, malgré quelques correspondances dans les destins respectifs des personnages de Stephen Dedalus et de Côtelette, servir de décor à une Odyssée digne de ce nom.Quoi que !! ('Là encore, c'est  la vanité qui me fait d!)ire celà). Dans les deux cas, et le vrai/faux metteur en scène d'un scénario de meurtre improbable qui empêchera notre narrateur de perdre son pucelage ne manque pas de le faire, on peut conclure : "Ceci n'est pas une pipe". On connait la chanson !!!  L'auteur semble nous dire : "Ceci pourrait virer au polard si je le voulais, car l'écrivain est tout puissant, mais ce n'en est pas un. Je vous ai bien eus et vous êtes tombés dans le panneau, Maintenant, je fais marche arrière quand je le veux et si je le veux dans mon récit et je vous laisse sur votre faim, ne démentant pas totalement la théorie du meurtre, mais vous laissant imaginer un scénario plus crédible. C'est à vous de décider".

- nombreuses références à l'anglais, à des paroles de chansons chez Bégaudeau et votre serviteur, à des jeux de mots libidineux et affligeants dans le Prince. Là encore, je me montre plus infréquentable que l'auteur à succès. Dans les deux cas cependant, paroles de tubes ou de chansons paillardes commentent l'action et servent de marqueur d'époque.

     - même tentative, de faire cohabiter langue orale avec un français plus soutenu. Pas d'expressions locales et patoisantes chez Bégaudeau. J'y ai recours certes, mais sans excès, sans sombrer, je crois, dans le "régionalisme" et ces expressions sont de toute façon compréhensibles dans le contexte sans qu'il soit besoin d'un glossaire. Bégaudeau donne, lui, dans le langage "djeunz" des années de son adolescence, mais il le fait , sans nostalgie excessive, en ayant conscience que ces expressions deviendront vite ringardes, comme le semblent parfois celles que je mets dans la bouche de mes personnages et qui correspondent à ce que les copains dans le vent des années soixante disaient. Chez Bégaudeau cette façon de se délecter des mots à la mode tout en ne les considérant pas comme une contribution majeure et définitvie  au français, donne celà  : "- Elles ont quel âge ces meufs ? Cette année on dit meuf, apparu il ty a quelques mois à l'avant-garde du verlan qui envahira bientôt la France. Je vois ça d'ici". "-Laisse tomber. En 84 Joe aurait plutôt dit laisse béton". "Bientôt, je vois ça d'ici, cageot ou boudin seront remplacés par steak ou thon, mais ce sera pour désigner la même race intemporelle de filles disgracieuses, ou grosses ou acnéiques ou les trois.."

A l'époque, pour les protagonistes du prince des parquets-salons, "prendre un râteau"se disait "prendre une bâche" et "j'ai fait fort" signifiait "j'ai pécho grave"......

- mêmes aspirations à une relation amoureuse véritable sous des couches de cynisme et de machisme ordinaire et immature, Dans les deux cas, pourtant, on ne rechigne pas sur les grossièretés que peuvent échanger les personnages, notamment à propos des filles, considérées comme des proies, du gibier - du moins en paroles - par les protagonistes, qui cachent leur malaise adolescent sous des couches de rodomontades plus vulgaires les unes que les autres. Cela peut en effet choquer certaines âmes sensibles et notamment féministes, qui ne manqueront pas de faire une lecture au premier degré des dégoulinades verbales et fanfaronnes des personnages. A ces critiques, je répondrais que, malheureusement, s'il y a une once d'universalité dans mon livre (je ne doute pas une seconde que celui de Begaudeau comporte des tonnes de cet ingrédient..), elle réside précisément dans cette vulgarité totalement assumée par les auteurs (par moi en tout cas), dans ce masque sous lequel les jeunes mâles, de toutes époques et des tous horizons, je crois, dissimulent (mal !!) la difficulté de devenir un homme. Mettre en scène cette vulgarité, en ce qui me concerne et bien sûr pour Bégaudeau, n'est pas la justifier, mais tenter de  déconstruire, par l'humour (le livre de Bégaudeau, en tout cas, est très drôle.), les stéréotypes sexuels masculins envers l'autre sexe. Les deux textes, je crois, même s'ils les décrivent avec empathie, mettent suffisamment de distance ironique entre le discours du narrateur et les comportements des personnages pour ne pas être suspects de sexisme ou de mysoginie. Que l'on en juge, par exemple, par ces passages de La blessure. Il faudrait beaucoup de mauvaise foi pour en conclure que la vulgarité du propos est donnée comme modèle :

"Alors ? On s"en va ou on s'encule ?" Ou bien encore, à un pilier de bar passant sa vie à battre des touristes au baby-foot et à les plumer, auquel on demande pourquoi il choisit toujours les rouges, ce dernier répond : "c'est la couleur de l'anus de ta soeur quand j'y serai passé". Tout un programme !! A côté de ces deux citations, je n'aurai guère de mal, je pense, à persuader des lecteurs potentiels, que la "vulgarité" des personnages du Prince ne sont que blasphèmes de premiers communiants.

 - même utilisation des ragots, aphorismes de comptoir, rumeurs populaires, anecdotes vraies ou fausses colportées par des figures locales, comme s'il s'agissait des mythes fondateurs que s'invente une communauté pour exister et se légitimer d'appartenir à la grande famille humaine, tentant de délivrer, malgré la "plouctitude" de ses membres, un  message qu'ils (que l'auteur en tout cas) veulent croire universel et digne d'être partagé par d'autres frères humains, qu'ils soient aussi péquenauds qu'eux ou moins "provinciaux".

- même ancrage dans un terroir, celui de Bégaudeau étant beaucoup plus distancié que le mien (voir à ce sujet le lien suivant : http://begaudeau.info/2011/08/14/vendee/ Là où ma ville natale, ses transformations, ainsi que la campagne environnante sont évoquées avec nostalgie, La blessure, elle, s'en tient, du point de vue descriptif à quelques phrases brèves, nous laissant entendre que la description n'est pas la tasse de thé de  l'auteur, mais un exercice de style scolaire ennuyeux : "La route vers le camping des crevettes fend un bois de pins assez compétent dans son boulot de sentir la résine. Parfois .une habitation rompt la monotonie des pins minces et droits. J'aime bien l'expression rompre la monotonie, je l'ai placée dans ma rédaction du Brevet des collèges.."  En lisant cette citation, je me dis que le Prince comporte effectivement quelques descriptions qui peuvent sembler inutiles et ringardes.  Pas de bol pour la comparaison que je tente ici entre mon texte et celui de Bégaudeau ! Mais je persiste et je signe. Je continue à penser que mes descriptions servent le propos général nostalgique de mon roman. Le plus souvent, chez Bégaudeau, la description se résume à quelques touches brèves, mais répétitives et insistantes, sur des détails qui font sens pour l'histoire du lieu et la psychologie des personnages : Il ya par exemple ce rond-point,. où s'est suicidée une fille malheureuse auquel son frère interdisait de sortir avec un garçon d'un village voisin et ennemi. Ce rond point prémonitoire doit-il être lu en intertextualité avec ceux dont parle Houellebecq dans la carte et le territoire, ronds-points que l'on trouve désormais partout dans l'hexagone aujourd'hui et qui contribuent, selon l'auteur du prix Goncourt 2010, à  transformer nos moindres bourgs en villages de vacances aseptisés pour touristes Chinois ou Japonais ? Il y a aussi la grande bleue, du côté de la Faute sur mer et de l'Aiguillon sur mer qui s'est retirée dans un passé imprécis, laissant derrière elle une île qui n'en est plus une et un terriitoire de marais, propice aux légendes, sur lequel se sont construites des résidences secondaires qui seront inondées par la tempête Xynthia pendant l'écriture du roman, suggérant à l'auteur des modifications (donnant à son texte, malgré son projet de départ, une dimension plus "régionale" sinon régionaliste ?) Dans les deux livres en tout cas, les territoires parcourus sont peu spectaculaires et touristiques. Mis à part les auteurs régionalistes cités dans le Prince,  aucun écrivain de renom n'en a parlé, Dans la  blessure, les personnages se meuvent dans un entre-deux batard entre mer et campagne, où il faut marcher où faire du stop pour aller à la plage, ne pouvant rivaliser avec les stations balnéaires bourgeoises de Vendée. Dans le Prince, mes Pieds nickelés parcourent un paysage qui hésite entre les forêts berrichonnes, le bocage de la vallée noire que Georges Sand a rendu populaire auprès des amateurs de ses romans champêtres, et les premières collines d'Auvergne et de la Creuse. Dans les deux cas, en 62 et vingt-quatre plus tard, les villages, les villes du Bourbonnais et de Vendée et leurs habitants, commencent à encaisser ou ont vraiment subi (en 86) les coups de boutoir de la modernité, mais résistent  comme ils le peuvent aux transformations et catastrophes apportées par la mondialisation, qu'elles soient culturelles, industrielles ou naturelles.  Ils le font, à leur manière provinciale,c'est à dire avec tout le bon sens d'une France profonde méfiante envers ce qui vient des capitales, mais, je crois, pas si réactionnaire que la voudrait Bégaudeau. Un brin  xénophobe et réactionnaire aussi parfois, il faut bien le reconnaître, comme cette mère Baquet, commère magnifique et inquiétante, commentant par ses aphorismes l'actualité, et la passé, prophètesse d'un avenir apocalyptique qui viendra punir l'humanité des fautes et péchés commies hier et aujourd'hui.

 

Je termine cette apologie implicite de mon "oeuvre" camouflée en  comparaison avec un texte publié et qui aura sans doute beaucoup de succès, destinée, vous l'aurez compris, à dorer le blason du Prince (pour le redorer il faudrait qu'il eût été déjà "doré",ce qui est loin d'être le cas)en vous conseillant vivement de lire La blessure la vraie

J'ai en effet beaucoup aimé le roman, peut-être, il est vrai, en raison de mon immodestie, qui m'incline à y  trouver des correspondances avec le mien. J'adore l'humour de cet auteur, sa façon de ne pas se prendre au sérieux, Je veux croire ou simplement espérer que mon texte saura également faire rire ou sourire... 'mais  pas que.." comme le fait à merveille La blessure . Je veux également me reconnaître un peu dans sa manière de faire subir à la langue les inflexions du temps, d'utiliser la langue parlée, voire vulgaire, comme un élément de poétique, chose que font depuis longtemps les auteurs anglo-saxons (en particulier MarkTwain dont, pour moi, Huckleberry Finn est le modèle absolu..), de faire des pieds de nez à l'académisme, sans toutefois renoncer à une exigence littéraire forte.

 

Keep the good work François....

 

    Un lien intéressant : qui est une excellente et très élogieuse critique du livre lui-même  :http://mediathequefrejus.over-blog.com/article-pages-centrales-numero-13-janvier-2011-fran-ois-begaudeau-la-blessure-la-vraie-66774807.html

 

 

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21 décembre 2011 3 21 /12 /décembre /2011 12:23

Billet du «Point» : Eva Joly dénonce une «attaque raciste»

L'éditorialiste Patrick Besson a raillé dans «Le Point» l’accent de la candidate EE-LV à la présidentielle, Eva Joly, provoquant des réactions indignées.

Eva-Joly.jpg
Je m'inquiétais,dans un mail précédent, du choix d'une juge (et quelle juge!!) comme candidate d'EELV à la présidence. J'y développais l'idée que l'exigence de justice, s'accompagnant d'une pulsion punitive envers lescorrompus (ce que l'écrivain Muray appelait "envie de pénal") tel qu'il s'incarnait dans la figure d'Eva Joly, me faisait penser à un remake soft de la Vertu façon Robespierre et de son bras armé, la Terreur. Certains ont dû penser que j'exagérais encore, en voyant poindre le totalitarisme partout, y compris chez les gentils verts et Mélanchonistes, qui nous promettent que cette fois, c'est juré, promis, leurs antécédents libertairespour les premiers, trotskystes pour les seconds, nous prémunissent contre les tendances liberticides de leurs prédecesseurs léninistes et staliniens.

L'actualité récente, j'en ai bien peur, me donne un peu raison. Ce n'est passeulement la sémillante Eva qui prononce des sentences terribles du haut de son piedestal de "Kommandeuse" des vertueux à l'encontre de PatrickBesson, qui a osé commettre un billet se moquant de l'accent de la candidate écologiste, mais Cécile Dufflot, Mamère et tout l'appareil des verts qui décrètent que le billet de Patrick Besson (pas Eric) est raciste. Carrément !!! Comme si cela ne suffisait pas, SOS racisme, Mélanchon (qui a commis unlivre intitulé "Qu'ils s'en aillent tous"... tout un programme qui fleure bon son Poujadisme !!!) et le front de gauche emboitent le pas...

Mais chers accusateurs, si le billet en question est de nature raciste, que ne portez-vous plainte ? Eva - qui ne porte pas plainte non plus - devrait pourtant vous aider à le faire, elle qui connaît si bien la loi, qui a même été choisie pour "purifier" la vie politique de toute scorie "réactionnaire".

Ou bien votre réticence à avoir recours à la justice vient-elle du fait que l'on pourrait vous reprocher, lors du procès, une indignation sélective lorsque la caricature des accents, les défauts d'élocution ou physique de personnagesqui ne sont pas de votre camp, sont moqués en permanence ?

En effet, la vigilance républicaine des tenants de lanouvelle vertu (l'empire du bien disait Muray) à l'encontre de quiconque ose faire de l'humour envers les communautés ou ose se moquer des travers des hommes et femmes politiques s'applique-t-elle à tous également?

Il semblerait que non, car je n'ai pas souvenir de protestations émanant des verts ou de Mélanchon lorsque le président est traité de nain, lorsque l'acccent méridional de Gaudin est imité, ou lorsque Rachida Daty fait des lapsus libidineux révélateurs (fellation pour inflation..). On peut même ricaner sur le physique "de fouine" de Zemmour sans que personne chez les verts ou au Front de Gauche, à ma connaissance, ne s'émeuve publiquement de la tonalité antisémite de la comparaison. Normal, c'est un "réac". Il l'avait bien mérité n'est-ce pas ? N'avait-il pas été condamné pour "incitation à la haine raciale" (rien que ça !!) pour avoir fait remarquer que la plupart des dealers des cités étaient noirs ou arabes.....(Voir à ce sujet l'article mis en ligne sur ce blog).

 

De la même manière, toute blague faite au second  (voire au quinzième) degré par un homme politique au sujet des minorités "visibles", qu'elle émane d'un Ministre de l'intérieur ou d'un d'un homme de gauche (Walls) peut valoir à l'impétrant au mieux, le qualificatif de "raciste", au pire une condamnation pour incitation à la haine raciale, ceci, même lorsque ladite blague, dans l'esprit de celui qui la fait, vise à  déconstruire les stéréotypesraciaux ou communautaires . Que ceux qui n'ont jamais ri de la blague de Coluche feignant de s'émouvoir que "nos Arabes viennent manger lapain de nos Portugais" jettent la première pierre..

Notons d'ailleurs, pour faire bonne mesure et éviter les accusations de sympathies droitières qui ne manqueront pas de m'être adressées par ceux recevant cet article, que la droite, de son côté, ne se prive pas de traiter de "Germanophobe" quiconque ose faire un bon mot aux dépens d'Angela Merkel et de la rigueur germanique.

 

Je risque sans doute l'opprobre en prenant la défense de Patrick Besson et en réclamant le droit de déconner sans être immédiatement considéré comme un suppôt de l'extrême droite, mais tant pis, il se trouve que le billet de Besson (Patrick, pas Eric) me fait rire.

Afin de replacer ce texte dans son contexte historique et littéraire, il n'est pas inutile, d'ailleurs, de rappeler que Besson fait implicitement référence, en commettant cette petite parodie bien inoffensive, au Cousin Pons, roman de Balzac. L'écrivain fait parler systématiquement Shmücke, l'ami du personnage principal, en transcrivant  phonétiquement son accent alsacien. Il procède de cette manière, non pour le ridiculiser,mais au contraire par empathie et tendresse envers ce héros positif dans la galerie de portraits balzacienne :

Extrait du Cousin Pons de Balzac : « Che le sais...mais sonchez Que l'on en juge par cet extrait  dans lequel l'auteur fait parler systématiquement le compagnon du cousin avec un fort accent alsacien (que che zuis zeul sur la derre, sans ein ami. Fous qui afez bleuréBons, églairez-moi, che zuis tans eine nouitte brovonte, ed Bons m'a tit quej'édais enduré te goguins... »

 

On trouvera enfin, ci-dessous, un extrait du billet de patrick Besson, publié dans le Point.

Les lecteursde cet article compareront les deux textes et jugeront s'il y avait lieu de faire tout un fromage médiatique à ce sujet.

Je me demande en effet si SOS racisme, EELV et sa candidate, le Front de Gauche ne se ridiculisent et n'ont pas recours à des invectives  de type stalinoïde en proférant à tout bout de champ des accusations de racisme envers tous ceux qui, tout en n'étant pasde leur bord politique, n'en sont pas moins des démocrates, tout comme eux prétendent l'être.

Pour convaincre les esprits chagrins et vigilants comme moi envers les résurgences toujours possibles des deux grands totalitarismes du vingtième siècle,  que  les"antiracistes" post-modernes sont plus démocrates que ceux qu'ils accusent des pires vilénies crypto-facistes, il faudrait qu'ils cessent de faire de faux procès d'intention, rappelant (sur le mode burlesque cette fois ilest vrai, l'Histoire ne se répétant jamais selon les mêmes modalités..) les pires heures des procès de Moscou et de Prague...

Cette façon de procéder me rappelle également les modalités employés par les sbires de Big brother dans le roman d'Orwell, 1984.

Dans le livre, tout comme dans un un passé bien réel, on "vaporise" les opposants" en les éliminant et en les faisant disparaître des images et de tout discours. Mais avant cela, leur disparition physique et symbolique est précédée d'une campagne de diffamation, leur attribuant toutes les trahisons et turpitudes politiques possibles. Ce faisant, le seul fait de les qualifier de "fasciste", de "social traitre", les rend infréquentables, les exclut du champ des interlocuteurspossibles. Ils deviennent des "intouchables". Il ne reste plus ensuite qu'à les supprimer réellement.

L'accusation de "racisme" a aujourdhui la même fonction de mise à l'écart, toute proportion gardée, que celle "d'ennemi objectif de la clase ouvrière" ou "d'espion à la solde des puissances impérialistes"  jouait dans l'URSS de Staline.

En démocratie, c'est beaucoup plus compliqué, heureusement ! On n'élimine pas ceux qui se sont rendus coupables de non conformité à la "novlangue" post moderne, mais une fois que l'on a été traité de raciste ou que le soupçon de flirt avec l'extrême droite est répété à l'envi par "l'empire du bien", on devient pestiféré, le soupçon devient vérité "objective". Si l'on ose prendre la défense des contrevenants et prétendre qu'ils ne sont pas racistes, on devient aussi infréquentable qu'eux.

Le tour est joué. On préfère se taire dans la majorité des cas, laissant les "justes" désigner quels sont les bons et les méchants.

 

Extrait du billet de Patrick Besson, dans le Point . Le clin d'oeil à Balzac est évident, mais, de toute évidence, certains accusateurs n'en avaient pas été informés... :

Zalut la Vranze ! Auchourt'hui est un krand chour : fous m'afez éluebrézidente te la République vranzaise. Envin un acde intellichent te ce beublequi a vait dant de pêdises tans son hisdoire, sans barler éfitemment te doudesles vois où il a bollué l'admosphère montiale afec tes essais nugléaires, maisauzi les lokomodives à fapeur, les hauts vournaux, les incenties de vorêt, lesparbekues kanzérichênes tans les chartins te panlieue, chen basse et tesmeilleures, che feux tire tes bires, tes peilleures c'édait te l'humour, parzequ'il ne vaut bas groire que l'humour z'est rézerfé aux Vranzais te souche.Donc, à la zuite te l'accitent d'afion où a béri le candidat UMB, te l'accitentte foidure où a béri le candidat BS, te l'accident d'audocar où ont béri leszept candidats zentristes, de l'accitent d'ascenzeur où a béri la candidate duFN en fizidant une zidé tifficile tu nord te Baris et te l'attaque cartiaquequi a mis un derme aux chours du candidat Vront de cauche lors d'une réuniongandradictoire afec Kristine Poudin, che me redrouve zeule en dête du bremierdour puisque la zeule touchour fifante. Che sais, zertains esbrits gomme cebeuble déchénéré n'en mangue bas, hélas - les Scandinaces, c'est audre chose,c'est moi gui fous le tis - medront en afant le garactère imbrombtu te monarrifée au boufoir, n'embêche que zelle-ci est gonblaitement légale etgonstitutionnelle, chai vérifié tans le gode cifil. Che n'héziderai bas à vousmèdre en examen et égrouer doute intifitu qui s'élèfera gontre la falitité duscrudin hisdorique te mai 2012. Gue cela zoit pien glair endre nous, Mestameset Messieurs les diskutailleurs xénophobes et bollueurs tont le bays ne feutplus, ainsi qu'il l'a mondré lors te cette élection."

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4 décembre 2011 7 04 /12 /décembre /2011 16:51

hulot.jpgVu hier soir samedi 3/12, à la télé, sur la chaine parlementaire, une émission intéressante et qui va repasser cet après-midi dimanche 4/12 à 18h, ainsi que lundi 5/12 à 17h15, samedi 10/12 à 15h15 et dimanche 11/12 à 9h00  sur la même chaine parlementaire (LCP) pour ceux qui ont la TNT et sont intéressés.

Synopsis de l'émission ci-dessous tel qu'il est donné par la chaîne :

Synopsis : Nicolas Hulot, candidat malheureux aux primaires EELV qui ont vu la victoire d'Eva Joly, revient avec franchise sur cette expérience politique qui fut, de son propre aveu, douloureuse pour lui. Au fil de ce qui prend la forme d'un «testament d'une incursion en politique», l'ancien animateur de télévision s'interroge sur les raisons de son échec et livre son analyse, sans détour, du monde politique.

 

L'un des intérêts de l'émission - outre le fait qu'elle montre tout à la fois les erreurs commises par Hulot pour se faire accepter par la base écologiste, et dénonce  le sectarisme d'une partie des verts lors des primaires -, réside dans le fait que l'on y voit un responsable régional des verts interpeler Nicolas Hulot sur le nucléaire et sur son positionnement (" à gauche." ou au centre, ou à droite ?")

Je pense personellement que EELV a raté une occasion (historique ?) de s'ouvrir sur une frange de l'électorat gagnée en partie à la cause écologiste (en tout cas à certains points de l'analyse et des solutions préconisées par les verts..), mais réticente, précisément, envers l'idéologie post-gauchiste d'une partie de la base et de l'appareil. Cette idéologie, je crois, est perçue comme doctrinaire par un électorat non politisé, surtout lorsque l'on voit ledit l'appareil capable, récemment, de mettre de l'eau dans son vin afin d'avoir des sièges à l'assemblée. Pourquoi ce qui fut possible avec le PS ne le fut pas avec Hulot ?

Bien sûr, on me dira que c'était différent, que le choix d'un candidat n'est pas équivalent à la possibilité d'obtenir un groupe parlementaire à l'assemblée, qu'il n'y a pas accord sur tout avec le PS, qu'il ne s'agit pas d'un accord, etc..

Toute la langue de bois militante du monde ne parviendra pas à me convaincre qu'il n'y pas eu eu acceptation d'un compromis et les verts savent bien que Hollande est en retrait par rapport à ce que ce que disait Hulot,  c'est à dire que l'on pouvait discuter sur cette question, sans pour cela être un traitre à la cause, considéré comme un hérétique, mais qu'il se prononçait  pour une sortie du nucléaire après avoir pris conscience de ses dangers lors des événements de Fukushima. Hollande, lui, n'envisage pas cette sortie, mais simplement une diminution de la part du nucléaire dans la production d'énergie.

 

L'émission permet en tout cas d'y réfléchir et laisse la parole aux deux camps et à des thèses opposées,

Quant à la préférence pour mamie Joly, cette vengeresse masquée, ce Fouquier Thinville en jupon qui promet de laver plus blanc que blanc, je pense que la direction des verts a fait fausse route en mettant en avant la vertu et surtout en la faisant incarner par une juge candidate maladroite,  qui voudrait nous faire croire qu'en récupérant tout l'argent détourné par les corrompus, on pourrait résoudre les problèmes de la dette de l'état et nommer tous les fonctionnaires nécessaires au bon fonctionnement des services publics.  Lorsqu'une partie non négligeable des militants verts revendique ses antécedents, libertaires, gauchistes et révolutionnaires, je ne peux m'empêcher de penser, avec ce choix de candidate, à l'homme révolté de Camus,  et de voir se profiler, en arrière plan d'une lutte (légitime par ailleurs) contre la corruption, le masque grimaçant de la Terreur, ce "bras armé de la vertu" comme disait ce bon vieux Maximilien.

 

 

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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 12:28

    skylabVu, ce weekend, le dernier film de Julie Delpy. Moi qui ai facilement la nostalgie du temps passé en bandoulière, ce petit film, même s'il ne nous transporte pas dans les années 60, celles de mon adolescence et des bals de campagne que j'ai décrites dans mon roman, Le prince des parquets-salons, m'a fait passer un très bon moment. Je donne ici deux liens menant à des critiques qui, à mon avis, reflètent très bien le contenu et l'atmosphère du film sans qu'il soit besoin que je rajoute mon grain de sel.

 http://www.evene.fr/cinema/films/le-skylab-37763.php?critiques#critique-evene

 

http://www.lexpress.fr/culture/cinema/le-skylab_1036435.html

 

 Deux petits bémols cependant :

- Les scènes constituant des petits morceaux de bravoure (l'histoire racontée dans la voiture, les chansons entonnées à la fin du repas, la démonstration d'un aspirateur high tech pour l'époque, le frotteur de la boum, etc..) sont un, peu longues. On avait compris que la réalisatrice voulait nous plonger dans l'atmosphère de ces années-là, se repasser en boucle des moments de son enfance qui lui font chaud au coeur et à l'âme. Mais ces séquences pouvaient être écourtées, sans qu'il soit besoin d'entendre tous les couplets des chansons, toute la tirade du représentant de commerce et néanmoins beau-frère, ou l'intégralité du slow de la boum pour ados boutonneux..

- Les scènes d'engueulade pendant le repas illustrant les oppositions politiques et idéologiques entre nostalgiques de la colonisation et soixante-huitards d'une part, beau-frères machistes et féministe militante d'autre part, sont suffisamment explicites (voire parfois binaires et manichéennes) pour qu'elles n'aient pas besoin, en prime, de la séquence, très improbable, dans laquelle l'un des beaufs pénètre dans la chambre à coucher de l'un des couples endormis, agresse sa belle-soeur, puis, pleurnichant et larmoyant, confie au mari (très compréhensif envers l'agresseur de son épouse), combien il regrette le bon vieux temps de la coloniale où il était le "patron", pouvait se permettre d'entrer dans un village et d'avoir (c'est à dire de violer..) toutes les femmes qu'il voulait.

 

Mais ces longueurs et ces outrances n'empèchent pas de passer un très bon moment. Parmi les répliques qui sont autant de marqueurs d'époque (chansons, blagues, slogans publicitaires..), expressions, illustrant, comme les costumes (particulièrment savoureux) l'innocence et la folie insouciante des années soixante-dix, il y en a deux que  ma sensibilité de vieux con passéiste a particulièrement notées :

- D'une belle soeur à forte poitrine, pelotée complaisamment et fièrement par son mari devant tout le monde, on dit qu'elle a de "la conversation.." Et tout le monde rit de bon coeur, y compris la féministe.

- Lorsqu'il est question de laisser aller ou non, les pré-ados à la boum et surtout de leur permettre de rentrer seuls à minuit, l'actrice féministe  qui n'est autre, si j'ai bien compris que la mère de la réalisatrice, a, envers les congénères Bretons de son mari, des propos généralisateurs qu'elle trouverait racistes si elle les entendait proférés par ses beaufs à l'égard des arabes ou des noirs. Elle dit quelque chose comme cela je crois : "On va pas les laisser rentrer seuls avec tous ces Bretons bourrés, la nuit, le long de la route."  Autodérision de la réalisatrice envers elle-même a posteriori ou rappel d'un temps où, effectivement, la Bretagne avait la réputation - justifiée ou non - de détenir le record national lde consommation d'alcool ?  

 

Qu'en est-il aujourd'hui de cette insouciance, de cette autodérision et de cette innocence ? Est-elle perdue à jamais ? Pas si sûr si l'on en juge par les scènes contemporaines encadrant la narration, celles ou la réalisatrice, devenue adulte, se met en scène alors qu'elle rentre à Londres en Eurostar en famille. Le mari est Anglais (Grand Breton !!) et non plus simplement Breton. le monde est mondialisé... Est-on si loin que ça de la franchouillardise bon enfant qui domine lors de l'anniversaire de la grand-mère, l'année où le Skylab doit s'écraser sur la Bretagne et risque, selon la comédienne féministe et écologiste avant la lettre,  de contaminer radioctivement la France ? On ne s'engueule plus sur la politique, mais en demandant à des passagers de changer de place afin que la famille ne soit pas séparée, car on a envie de jouer aux cartes avec ses enfants. On s'en prendrait presque à regretter l'après-soixante-huit, ce bon vieux temps où l'on se traitait de réac, de facho, de stalinien et d'autres noms d'oiseaux, pour des causes qui -pensait-on - en valaient  (vraiment ?) la peine. A l'époque post-moderne où nous sommes rendus, la scène contemporaine dans l'Eurostar signifie-t-elle un repli sur les valeurs familiales et intimistes, tant décriées en soixante-huit et permettant cependant à tous les personnages du film de communier dans la chaleur de cette réunion de famillle, agitée parfois, mais revécue avec toute l'empathie du monde (trop d'indulgence diront certains ..), y compris  envers les personnages peu sympathiques comme les deux beau-frères pro OAS, dont l'un d'entre-eux - celui, un peu trop caricatural à mon goût, qui voudrait pouvoir faire la guerre à nouveau contre les " indigènes" -  devient fou lorsqu'on lui rappelle que sa fille s'est sauvée de la maison familiale avec un arabe.........

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12 septembre 2011 1 12 /09 /septembre /2011 14:34

bucher-des-vanites.jpgRevu avec un regard nouveau depuis l'affaire DSK, hier soir sur Arte, ce film de Brian de Palma, tiré d'un roman à succès de Tom Wolfe, publié en 1983. Titre eponyme : The bonfire of the vanities.

Le film lui-même est sorti en 1999. Au moment de sa sortie, le film fut un échec commercial important. Aujourd'hui, le scénario semble avoir été écrit après les événements que nous avons vécus récemment.

Le choix de programmer ce film maintenant, au moment où DSK, après la séquence américaine, va devoir affronter la justice française pour l'affaire Banon, n'est sans doute pas un hasard.

L'histoire de cet homme riche et puissant vaudrait sans doute à l'adaptation cinématographique, si elle sortait sur les écrans aujourd'hui, un succès immédiat. 

Ce richissime financier est accusé d'avoir pris la fuite après avoir renversé un adolescent noir dans le Bronx, une nuit où, en compagnie de sa maîtresse qui conduisait sa voiture, les deux amants avaient pris par erreur une bretelle de sortie conduisant dans un quartier où des gens de leur classe sociale ne s'aventurent jamais habituellement,

La descente aux enfers de cet homme  fait étrangement penser à ce qui est arrivé à l'ancien directeur du FMI.

Qu'on en juge par l'intrigue, le personnage principal et les protagonistes qui s'agitent autour de son cas pour le faire choir de son piédestal et se construire une notoriété à ses dépens :

- Le procureur de New york, un juif accusé de racisme par la communauté noire et qui doit prochainement affronter une élection non gagnée d'avance, tient absolument à prouver qu'il se montre impitoyable envers les riches blancs et qu'il défend la cause des humbles et des opprimés constituant la majorité de son électorat dans le district où l'accident s'est produit. ce district n'est autre que le Bronx, le même quartier où DSK devait être jugé si les autorités n'avaient pas abandonné leurs charges....

- Le pasteur du quartier où l'adolescent s'est fait renverser, autoproclamé meilleur défenseur de la communauté noire, comprend tout le parti qu'il peut tirer de cette situation pour se constuire une notoriété en instrumentalisant la rancoeur des pauvres, des minorités ethniques, contre les privilégiés qui sévissent à Manhattan. A cet égard les scènes de tribunal, pendant lesquelles l'assistance, raccolée par les associations pour faire pression sur le juge, rappellent étrangement celles où la haie de femmes de chambres conspuait DSK à son arrivée au tribunal, ceci au nom des humbles, des "non blancs"

 - Le révérend activiste fait également étrangement penser à l'avocat de Nafissatu Diallo, qui a choisi comme stratégie une ligne de défense  dénonçant une justice de classe et "raciale".

- La mère de l'adolescent, elle-même, n'est pas si éloignée de la femme de chambre prétendument violée par notre Frenchy queutard invétéré et néanmoins ancien présidentiable, puisqu'elle se laisse manipuler par le pasteur et les associations en espérant récolter une somme rondelette pour elle-même, son fils étant dans le coma et ne semblant pas pouvoir profiter un jour de cette manne financière.

- Que dire également de l'association des locataires de l'immeuble de luxe ou réside le présumé coupable, qui lui demande de quitter les lieux car il gène les résidents respectables qui ne veulent plus de lui. On se souvient de l'épisode où DSK s'est vu lui-même refuser par les locataires d'un immeuble où il voulait louer un apartement, le privilège de partager leur "humble résidence" et dut trouver à prix d'or un immeuble occupé uniquement par lui et sa femme.

- Autre scène qui fait immanquablement penser aux images de DSK menotté, celle de l'arrivée au tribunal. Son avocat l'avait rassuré en lui prédisant une simple formalité, mais dans la voiture de police, les officiers lui annoncent qu'ils doivent lui passer les "pinces", et une foule de journalistes prévenus sans doute par le procureur et attirés comme des mouches par le scandale et la chute d'un puissant l'attendent sur les marches du palais de justice pour le crucifier de leurs flashes  fouineurs.

- La femme du chauffard présumé ne ressemble certes pas à Anne Sainclair, car elle ne tarde pas à le quitter dès qu'elle apprend sa mise en examen, et alors même qu'elle n'a pas encore connaissance de sa liaison avec celle qui conduisait la voiture au moment de l'accident.

 

De Palma ne pouvait évidemment pas penser à DSK quand il a réalisé son film, ni l'auteur du livre envisager que les frasques d'un riche homme politique français illustreraient un jour à merveille le récit qu'il avait conçu pour dénoncer les travers et dysfonctionnements du sytème judiciaire américain. Mais on ne peut aujourd'hui que s'étonner, malgré la caricature  parfois outrancière de la fable, du caractère prémonitoire de l'oeuvre littéraire et de son adaptation cinématographique.

 

Ceux  auxquels le parallèle que je fais ici avec l'affaire DSK a donné envie de voir le film peuvent consulter les lignes ci-dessous :

 

D'où vient l'expression bucher des vanités ?   (extrait d'un article de wikipedia)

Le Bûcher des Vanités (en italien : Falò delle vanità) a lieu le 7 février 1497 quand les disciples du moine Jérôme Savonarole rassemblent des milliers d’objets pour les brûler, à Florence, le jour du Mardi Gras.

Les objets visés par cette destruction sont ceux qui poussent au péché, spécialement ceux qui touchent à la vanité, comme les miroirs, les cosmétiques, les robes richement travaillées, les bijoux, les instruments de musique. D’autres objets aboutissent sur le bûcher : livres immoraux, chansons non-religieuses, images licencieuses. Quelques chefs-d’œuvre de la peinture florentine, des nus d’inspiration mythologique de Botticelli sont portés par le peintre lui-même au bûcher.

De tels bûchers ne sont pas une invention de Savonarole, et accompagnaient fréquemment les sermons hors des églises de saint Bernardin de Sienne, dans la première moitié du XVe siècle.

 

 

DistributionElle est particulièrement efficace, avec Tom Hanks dans le rôle du présumé coupable, Mélanie Griffith, délicieusement perverse en maîtresse intéressée, qui témoigne contre son amant au procès. Morgan Freeman est excellent comme d'habitude dans le rôle du juge intègre qui, bien que noir, refuse de transformer le procès en instrument d'agitation sociale et de levier politique. Il y a aussi Bruce Willis, qui pour une fois, ne se commet pas dans un navet hollywoodien où les méchants tombent comme des mouches. Ici, il joue le rôle d'un journaliste qui dans un premier temps, comme la plupart des ses confrères et bien que persuadé de l'innocence de celui que tout le monde accuse, tait ce qu'il sait pour aller dans le sens de ce que son rédacteur en chef et le public du journal  souhaitent entendre, puis comme tout le monde ensuite, applaudit lorsque la victime expiatoire des media et bouc émissaire idéal cristallisant sur son nom toutes les frustrations des laissés  pour compte du rêve américain est innocentée. A la fin du film, on le voit recevoir le prix Pulitzer pour un livre dans lequel il surfe de manière opportuniste sur une opinion publique toujours changeante au gré des fluctuations de l'actualité. Tout le monde, y compris ceux qui voulaient à tout prix brûler le financier sur ce bûcher des vanités post-moderne, salue désormais le sytème et ses protagonistes institutionnels divers, qui ont  su reconnaître leurs erreurs, blanchir l'innocent.

La justice a triomphé comme on dit, mais le faux happy end laisse au spectateur  un goût amer.

D'autre procès en sorcellerie, dans lesquels des avocats et des partis instrumentalisant la haine raciale et celle de classe, feront la une de l'actualité. Les boucs émissaires que sont les riches et les banquiers, (qui se trouvent parfois être juifs également, comme le financier du film et DSK.........), seront à nouveau désignés comme responsables de tous les maux sociaux par les damnés de la terre et ceux des politiciens qui font croire à leurs sectateurs qu'il suffirait de punir les puissants et de récupérer l'argent confisqué par un grand complot de la finance cosmopolite pour aller vers un avenir radieux.

A chaque extrémisme son bouc émissaire. Pour l'extrême droite et la droite populiste, ce sont les émigrés qui sont responsables de tout. Pour l'extrême gauche, la gauche extrême, et parfois également pour une partie de la gauche qui se dit modérée, les nouveaux grands complots contre la république, la démocratie, la culture,  sont fomentés une fois de plus (l'histoire se répète...)  par les banquiers, les traders, et bien sûr leurs complices de la presse et des media aux ordres  du pouvoir.

CQFD, l''angle droit bout à 90° ...............

 

 

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27 janvier 2011 4 27 /01 /janvier /2011 09:30

 

les-chemins-de-la-liberte-53223.jpgVu hier soir, le dernier film de Peter Weir, le réalisateur australien, tiré de l'invraisemblable histoire d'une évasion du Goulag sibérien et du périple ayant conduit les fugitifs d'un camp situé en Yakoutie jusqu'au Sikkim, en Inde, en passant par la Mongolie, le désert de Gobi et l'Himalaya. Bien que l'essentiel de l'histoire se situe à l'esxtérieur du camp, le spectateur a le temps de prendre un peu connaissance de l'horreur du sytème concentrationnaire soviétique, où 50 millions d'individus ont péri, servant de force de travail esclave aux desseins du camarade Satline. Les séquences décrivant la vie à l'intérieur du camp montrent très bien ce que tous les témoignages (ceux entre autres de Evgenia Guinzbourg dans Le vertige, ceux également de Chalamov dans Le ciel de la Kolyma, ceux, évidemment de Soljenitsine) disent, à savoir que l'administration des camps se servait abondamment des détenus de droits communs et des pires criminels pour briser les prisonniers politiques. Les premiers étaient en effet considérés par le régime comme des victimes du capitalisme et à ce titre plus proches de la classe ouvrière que la "vermine" petite bourgeoise qu'il fallait à tout prix éliminer pour voir l'avènement de l'homme nouveau soviétique. Etrange similitude avec le génocide nazi, comme l'a très bien démontré Anna Arendt dans ses ouvrages sur le système totalitaire.

Le film, indépendamment de ses qualités et défauts est un témoignage indispensable sur cette autre face du système totalitaire, beaucoup moins connue que la solution finale allemande, notamment chez nous où sévit encore une sorte de négationisme rampant, où il suffit de comparer les deux régimes pour être suspecté d'être de droite, ou pire encore d'extrème droite. Décidément, la fameuse formule de Sartre, "l'anticommuniste est un chien" a la vie dure.... Chez nous en tout cas...

Il me faut bien rappeler que cet argument fut principalement utilisé par les régimes staliniens, non, principalement contre les ennemis de droite, mais pour isoler les anciens "amis de gauche" (Trotskystes, socialistes révolutionnaires, etc...) devenus "sociaux traitres" au fur et à mesure que le dictateur et le régime faisaient le vide autour d'eux et s'éloignaient de plus en plus du pêuple qu'ils étaient censés défendre et des idéaux révolutionnaires au nom desquels on déportait et massacrait des innocents. Tout ce processus a été fort bien documenté dans la littérature et notamment chez nous par Camus, dans l'Homme révolté, mais les peuples ayant la mémoire courte et pouvant toujours être séduits, avec la crise actuelle, par des discours et solutions extrémistes nous promettant de nouveaux "avenirs radieux" dans un monde débarassé du libéralisme, mais-cette-fois-c'est-juré-sans-les-dérives- du-passé, un tel film, même avec ses défauts "hollywoodiens", n'est pas inutile.

Pour ce qui est du film, on peut lui reprocher d'être un autre outil de propagande anticommuniste hollywoodien et de se complaire dans la contemplation de paysages splendides, au gré des contrées traversées. Certes les images sont magnifques, le tout est magnifiquement filmé, mais la nature n'est pas vue ici comme un décor  de western. Elle est au contraire mise en scène, malgré sa beauté, comme l'élément essentiel  (avec les hommes sinon "libres" du moins non internés, qui pourraient les dénoncer) de l'enfermement et de l'aliénation des êtres humains dans un environnement politique, social et naturel hostile. En même temps, c'est cette hostilité extrême du goulag, de la société, du régime et de la nature qui rend possible la fraternité qui lie les fugitifs et qui seule permettra aux rescapés de cette aventure de survivre et de lier entre eux des relations qui ne sont pas basés sur la force et la violence exercée envers les faibles.

C'est la quète de ces hommes, perdus dans ces déserts de glace et de sable qui rendent ces images nécessaires, indispensables à la force du message.

Le film et le flivre duquel il est adapté (The long walk) nous rappelle également un triste épisode de la 2ème guerre mondiale et du pacte germano soviétique lors duquel l'URSS et le Troisième Reich se partagèrent la Pologne, envahie en 39 par les soviétiques et les nazis avant qu'Hitler n'attaque son allié d'un jour. L'auteur du livre était un officier de l'armée polonaise ayant combattu vaillamment contre les envahisseurs nazis et du côté soviétique ensuite. Il ne fut pas massacré à Katyn pat Staline comme beaucoup d'autres, mais accusé d'espionnage par le NKVD, qui souhaitait se débarasser de tous les cadres et patriotes polonais pouvant constiuter une force de résistance au pouvoir soviétique après la guerre. Un des autres compagnons de route de l'officier polonais est l'un de ces idéalistes américains ayant rejoint le pays des oviets pour construire le communisme et déporté en Sibérie pendant la guerre, au seul motif qu'il devait être un espion, comme tous les étrangers, même communistes convaincus... 

Un autre fugitif est un droit commun, appartenant à ce lumpenproletariat dont Marx disait qu'il ne pouvait absolument pas constituer un allié de la classe ouvrière dans sa lutte pour son émancipation, mais au contraire l'un de ses pires ennemis dans ce moteur  de l'Histoire, qu'est pour le philosophe, la lutte des classes. Dans une très belle scène, alors que les autres fugitifs, qu'il a suivi jusque là, franchissent la frontière mongole, il préfère ne pas suivre ses compagnons et rebrousse chemin pour retourner dans la vaste prison qu'est devenue son pays et le système inhumain qu'il a engendré. Pour lui, qui n'a jamais connu la liberté, il ne peut imaginer un monde qui vaille de risquer sa vie pour atteindre une chose, une idée, qu'il ne peut même concevoir. Ce qu'il fuit en s'évadant, ce n'est pas comme les autres, l'esclavage ou la perte de la dignité humaine, c'est la dette de jeu contractée envers d'autres détenus de droit commun, qui l'élimineront pour être incapable de payer ce qu'il a perdu lors de partie de cartes où se gagnent ou se perdent des biens permettant de survivre et volés aux "politiques" : des morceaux de pain, des cigarettes, des vestes matelassées.....

Ci-dessous : un lien vers la bande annonce du film, ainsi qu'un autre lien vers vers les premiers chapitres (en anglais) du livre The long walk, adapté au cinéma par Peter Weir. Dans ces pages, l'officier polonais et auteur du récit, décrit son arrestation et son interrogatoire par le sbire chargé de lui soutirer des aveux qu'il n'obtiendra pas malgré la torture..

 

La bande annonce du film : 

 http://www.linternaute.com/cinema/film/1701630/les-chemins-de-la-liberte/bande-annonce/213307/

 

Lien vers les premiers chapitres du livre ayant inspiré le film :

http://www.amazon.com/Long-Walk-True-Story-Freedom/dp/1558216847#reader_1558216847

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27 janvier 2011 4 27 /01 /janvier /2011 08:58

basquiatimage_65383948.jpgJ'avais vu le film Basquiat the radiant child, avant d'aller voir l'expo qui lui est consacrée au musée d'art moderne de la ville de Paris.
Le film est très intéressant dans la mesure où, comme l'expo, il déconstruit le mythe de l'enfant des rues, issu du quart monde, graffeur (ou tagueur, je ne sais trop quelle est la différence..) récupéré par le monde de l'art et  par le snobisme bienveillant de la part des riches marchands et de l'intelligentisa.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Basquiat4-Slave.jpgIl était en fait issu de la classe moyenne : père comptable, mère qui l'emmenait au musée. Mais il est vrai qu'il fugua dès 15 ans et vécut en partie dans la rue, se mélant à la bohème newyorkaise des années 70. Le film montre très bien que le peintre avait une bonne culture picturale, que ses tableaux dialoguent avec l'histoire de l'art et des oeuvres de peintres classiques modernes et contemporains : Leonard de Vinci, Picasso, Warhol, Keith Haring, etc...

 

 

 

basquiat15_OK_Grillo_BA_128-ok.jpg

 

 

Le film est très intéressant aussi, dans la mesure où l'on voit un nombre important de ses tableaux. Les couleurs, telles qu'elles sont rendues par la pellicule (une fois n'est pas coutume), sont belles. En tant que Candide et néophyte de cet art (dit du graffiti alors qu'il est loin de n'être que cela..), c'est avant tout ces couleurs magnifiques que je reçois en pleine gueule lorsque je vois ces tableaux, avant les graffitis, avant les messages et les aphorismes écrits, les clins d'oeil à l'art conceptuel. Je ne sais s'il connaissait bien Gauguin et s'en inspirait, mais il me semble (en amateur assez inculte pour ce qui est de la peinture..) que ses couleurs dialoguent avec la technique de Gaughin dans ses tableaux Tahitiens.

. Basquiat_-c-Lizzie_Himmel.jpgLes meilleurs tableaux de Basquiat conférent aux graffitis et aux messages écrits, un statut de squelette, d'échaffaudage de lignes ou de cadres où viennent s'inscrire les couleurs de manière brute et primitive...Enfin et surtout, le film est un document intéressant sur le New York des années soixante-dix, miné par la criminalité et la drogue, où il était facile de se décréter artiste et de proclamer la fin de l'art et l'avénement de formes nouvelles : collage , en poésie (cf William Burroughs mentionné dans le film) et en peinture, celle de Basquiat utilisant amplement cette technique. Facile aussi, en ce temps là, plus facile qu'aujourd'hui en tout cas à en croire les personnes interviewées, d'avoir une cour d'admirateurs en choquant le bourgeois.

basquiat-ange.jpgCette bohème, à en croire certains témoins apparaissant dans le film, était un petit monde réduit à 500 personnes dans lequel une bohème aisée jouait à panser sa mauvaise conscience de riches en s'éclatant, en se défonçant à des drogues diverses et dangereuses et en s'encanaillant avec quelque marginaux, parfois géniaux, le plus souvent parasites, parfois un peu les deux, comme Basquiat à ses débuts..... avant de devenir riche lui aussi.....
 

 Après cette excellente intro que constituaient le film et le débat animé par une journaliste de la revue l'Oeil, l'expo tient ses promesses : beaucoup de tableaux, de toutes les périodes, suivant l'évolution de l'art de l'artiste. Panneaux explicatifs bien faits. 

Basqquiatimage_65384097.jpgPour vérifier si ma théorie sur l'influence de Gauguin dans l'emploi de la couleur chez Basquiat est plausible, pas trop farfelue, il eut fallu que je me paye un weekend à Londres, où une grande rétrospective Gauguin est organisée à la Modern Tate gallery... Mais, comme pour Monet, que j'ai raté, celà sera pour une autre fois, ou dans une autre vie...

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