Samedi 5 avril 2008
Un gros roman de Vassili Axionov, fils de Evguenia Guinzbourg, elle-même auteur du "Vertige" et du "Ciel de la Kolyma" , récits fameux de son arrestation et de sa déportation au goulag avec son mari (en 1937). Ses parents étaient pourtant des communistes convaincus, persuadés au début de leur calvaire que le parti ne pouvait se tromper, que s'ils avaient été condamnés, ils devaient avoir commis quelque péché capital contre l'édification du socialisme. Leur fils vécu avec eux à Magadan, en extrême orient, puis ils furent libérés en 1953, avec la "libéralisation" khroutchévienne.
Encore un de ces romans russes sur le Stalinisme à lire absolument si vous avez encore besoin de croire que  sans Staline et sa "déviation" totalitaire, le régime communiste eût pu déboucher sur une société juste.
Ce que montre précisément cet autre grand roman russe sur cette période, c'est que le système porte en lui, de manière inhérente, en raison même de la nature humaine, la fatalité de ce qu'il va devenir, comme l'attestent d'autres tentatives de construction de sociétés fondées sur cette idéologie (le Cambodge pour ne citer que cette expérience.)  Ce que montre (ou plutôt illustre brillamment le livre dans la fiction), c'est que ce  type de régime ne diffère que dans les objectifs annoncés de l'autre totalitarisme du vingtième siècle, qu'il  ne peut que donner le pouvoir (que ce soit dans les camps ou dans les hautes spères du régime), aux individus les plus corrompus, aux instincts les plus vils.
Par exemple, Beria,  le second  du petit père des peuples, devient sous la plume d'Axionov, un personnage à part entière du roman, qui fait enlever des jeunes filles dans Moscou pour qu'on les livre à ses désirs de vieillard libidineux. Ceci n'est nullement une liberté que prendrait le romancier avec l'Histoire , car il semble bien en effet que la réouverture récente des archives de l'URSS confirme  ce que d'autres auteurs et ce que la rue de Moscou avaient  déjà largement rendu public.
D'autres romans russes ont peint cette époque à leur manière, en s'essayant à marcher sur les traces du Guerre et Paix de Tolstoi. Outre les livres de Soljenitsyne bien sûr, l'autre grande saga à lire, plus centrée elle sur la bataile de Stalingrad, est "vie et destin" de Vassili Grossman, qui lui aussi établit dans la fiction le parallèle que devait faire au niveau philosophique Hannedt Arendt entre Nazisme et Communisme.
L'originalité de ce roman là tient à ce qu'il parvienne à nous faire vivre ces événements et ces destins tragiques, d'une manière ..... comment dire ...presque "légère", ceci sans édulcorer la réalité vécue par les personnages et les soviétiques à cette période. Même au bagne, une vie s'organise, des couples se retrouvent et s'aiment. Pendant la "Grande guerre patriotique" (entendez la deuxième guere mondiale) les soviétiques retrouvent une dignité et un courage dont ils se croyaient dépourvus, eux qui, en temps de paix, se sont laissés traîner dans les camps comme un troupeau d'esclaves, et qui se soumettront à nouveau, pour la plupart, la paix revenue. Le style, proche du réalisme fantastique de Boulgakov participe  ..comment dire encore .. de cette "légèreté dans l'horreur "  Comme dans le "Maître et Marguerite" ou le Roman Théâtral" de Boulgakov, les personnages historiques sont des protagonistes à part entière de la narration. On a déjà vu comment le terrible Beria participait à l'histoire. Mais Staline aussi devient un héros presque crédible de la fiction. Comme son acolyte Beria, il est rendu à la fois "humain" et accessible, mais aussi Ubu plus monstrueux encore, par le semblant d'empathie qu'Axionov joue parfois à nous faire  ressentir à l'égard des bourreaux, en  les caricaturant parfois sous la forme de bouffons pathétiques, vulnérables, faibles devant la maladie, la vieillesse ou l'impuissance, sujets au doute métaphysique parfois.... Mais que l'on ne s'y trompe pas. Comme celle de Kundera, cette "légèreté" axionovienne est elle aussi .... insoutenable. Dostoïevski, auquel il est fait abondamment référence, n'est jamais très loin....
A Moscou, après la guerre, les déportations continuent,. Les procès de médecins (juifs la plupart  !!) accusés de vouloir empoisonner les membres du bureau politique causent la perte d'un des héros, grand médecin,, qui refuse  de participer à  la curée contre ses collègues. Mais dans le Moscou (dans la capitale, pas dans la russie profonde !!) de l'après-guerre, une certaine prospérité  permet aux moscovites de mener une existence à peu près normale, pour peu que l'on échappe aux tentacules de la pieuvre protéiforme. Une jeunesse dorée fait la nouba, du sport, sort dans les boites à la mode, écoute du jazz, fricote avec les rejetons des "organes du parti".

La patte de l'auteur de cette fresque qui porte bien son nom de saga est faite d'un curieux mélange de farce burlesque, de tragédie grecque (ou dostoïevskienne comme on voudra...) et aussi, par moment, pour le "liant" romanesque, peut-être, d'une sorte de frivolité nomenklaturienne "à visage humain", de quadrille en crinolines  et au pas de l'oie apprécié dans les sphères du pouvoir. Mais plus intéressant encore que cela, l'horreur dominante est constamment tempérée par l'amour qui lie les membres de la famille Gradov, par  l'humour dont font preuve les membres de cette cellule inoxydable  de l'intelligentsia patriotique éclairée qui résiste à sa manière au tyran et à ses sbires ordinaires. Comme les héros "positifs" de Guerre et Paix , cette bourgeoisie progressiste et fondamentalement humaniste,  puise la force de résister au mal et à la table rase culturelle imposée par les bolchéviques à la fois dans ses racines profondément slaves et dans un souci constant de rester ouverte au monde extérieur.
Ceux qui ont étudié la langue de Pouchkine ont forcément entendu dire par leurs professeurs que les meilleurs écrivains russes sont ceux qui ont su réaliser une synthèse entre les courants slavophile et occidentaliste qui traversent et enrichissent l'oeuvre des plus grands, celle de Tolstoy, de Dostoïevski, de Pasternak, etc.... Je crois qu'Axionov s'inscrit dans cette lignée, lui le "traître cosmopolite" comme étaient nommés les accusés des procès de Moscou et de Prague, lui qui a émigré aux USA, mais qui continue de puiser son inspiration dans sa culture.....

Ce gros pavé de 1600 pages se lit presque comme un roman feuilleton (en raison peut-être des "crinolines" évoquées plus haut.) L'histoire tourne autour d'une famille de grands médecins, de militaires héros de la guerre dont l'un est rappelé du goulag pour sauver la mère patrie de l'envahisseur hitlérien, de poètes, de cadres sincères du parti, qui auront tous à souffrir dans leur chair du régime, mais qui sont en même temps, du fait de leur compétence dont a besoin le parti, préservé du pire. La maison familiale, datcha héritée de l'ancien régime et curieusement jamais confisquée, sorte de croisement entre les propriétés pour personnages de Tchékhov et de maison coloniale à la "Autant en emporte le vent", est l'ultime refuge de la cellule familiale disloquée par l'Histoire mais qui s'y retrouve par moments pour y trouver la force qui  permettra aux membres de cette "dynastie" de traverser les épreuves avec dignité.
Un livre optimiste finalement, contrairement à beaucoup de romans historiques russes traitant de cette époque sombre.
Les références littéraires et historiques sont nombreuses, mais, cerise sur le gâteau, la traduction de Lily Denis, dans l'édition Folio de poche, fourmille de notes documentées permettant au lecteur non spécialiste de posséder toutes les informations utiles pour la compréhension du contexte dans lequel s'inscrit l'histoire.

par jcfvc publié dans : Livres communauté : SOIF DE LIRE...
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Jeudi 24 janvier 2008
L.'action du dernier film du Taïwanais Ang Lee, se déroule dans le Shangaï des années de guerre, sous l'occupation japonaise. Un groupe d'étudiants  (pro Tchang Kaï Chek ou communiste cela n'est pas clair...) , qui montent et jouent des pièces patriotiques digne de ce que l'opéra de Pékin produira plus tard, décident d'aller plus loin dans leur engagement et d'éliminer un collabo chinois. Pour ce faire, l'une des actrices de la petite troupe devra séduire le traitre et l'attirer dans un traquenard. lustcaution.jpgComme elle est vierge, et pour ne pas paraître inexpérimentée auprès du collabo, il est décidé qu'elle ait une première expérience, non avec celui qu'elle eût aimé avoir comme initiateur, le beau et généreux leader de la petite équipe, mais avec  le seul parmi les garçons du commando ayant une expérience de la chose car fréquentant assidûment les bordels. 
L'un des atouts du film est la reconstitution magistrale du Shangäi de l'époque; des ses quartiers très occidentalisés où l'on voit la bourgeoisie chinoise côtoyer des européens dans les salons de thé. 
La première scène du film dans laquelle on assiste à une partie de Mah Jong entre dames de la haute bourgeoisie discutant des promotions éventuelles de leurs époux respectifs dans des cabinets ministériels du gouvernement fantoche pro japonais est un véritable morceau d'anthologie, la caméra sautant rapidement d'un gros plan à l'autre (frivolement comme les propos tenus dans un contexte historique où ils deviennent obscènes par leur décalage avec la réalité) tantôt sur les visages de ces dames élégantes et sur les dominos du jeu symbolisant sans doute des enjeux stratégiques ayant ,pour le spectateur chinois, une signification qui nous échappe.

On semble être très loin des deux cowboys de Brokeback mountain, et pourtant c'est toujours l'histoire d'un amour interdit, impossible (ou plutôt, ici, d'une passion érotique) entre deux êtres qui ne peuvent s'aimer, se méprisent et se haïssent même au départ, mais se désirent inténsément, et finissent par éprouver une certaine tendresse l'un pour l'autre, sentiment qui décidera du destin final des deux amants.

Attention ! Ames pudiques s'abstenir,... Cela fait très longtemps que je n'avais pas vu dans le cinéma tout venant (non spécialisé !), des scènes aussi chaudes. Cela surprend d'autant plus que l'on ne s'y attend pas, de la part d'Asiatiques que notre ethnocentrisme d'occidentaux (le mien en tout cas) aurait tendance à considérer comme moins libérés que nous. Certains ébats font penser à l'Empire des sens, un film japonais culte des années 70, limite porno, mais encensé par les critiques parigots maoïstes de l'époque et que beaucoup d'intellos, dont moi, ont pu voir sans être taxés de vicieux frustrés venus pour se rincer l'oeil...
 Au début, leurs relations sont du genre carrément SM, le collabo ayant visiblement besoin d'humilier sa partenaire, comme il le fait sans doute lorsqu'il torture les résistants dans la résidence devant laquelle l'attend sa maîtresse à plusieurs reprises 
La relation évolue progressivement, la jeune fille inexperte prenant l'ascendant parfois sur son partenaire, devenant en tout cas son égale dans la perversité et finissant par séduire l'amant , par lui faire baisser la garde et causer sa perte...... si dans un dernier rebondissement.... Mais là je m'arrête car je ne veux pas vous priver du plaisir de découvrir vous-même le dénouement final. J'en ai presque trop dit.....

Les deux acteurs sont formidables. Le collabo est joué par l'acteur fétiche de Wong Kar Wai, celui de "In the mood for love." La lenteur des plans et du montage, la caméra qui glisse nonchalamment sur les visages et les rues, le long des devantures de magasins chics,  n'est d'ailleurs pas sans rappeler la moite langueur qui faisait le charme de "In the mood for love". 

On serait tenté de reprocher au réalisateur une certaine complaisance esthétisante envers le collabo, qui est dépeint lui aussi, dans une certaine mesure comme un nihiliste désabusé et une victime des énénements, mais la fin montrera amplement, je crois, qu'il n'est qu'un tortionaire cruel, rendu "sympathique " très fugacement par Ang Lee, pour pièger le spectateur, pour mieux mettre à nu la cruauté de l'amant et nous mettre en garde contre l'empathie que nous aurions pu ressentir envers le personnage.
Mais ici, l'esthétisme, qui est indéniable, le réalisateur prenant visiblement plaisr à cette reconstitution historique, n'est ni gratuit, ni complaisant. Il souligne l'isolement des classes privilégiées dans la Chine en guerre, leur indifférence à l'égard du peuple et de la petite bourgeoisie patriote, ce qui explique en partie la victoire du communisme sur les républicains par la suite...... .
 On voit des limousines slalomer entre des cadavres dans des rues élégantes où une foule cosmopolite d'asiatiques occidentalisés et d'européens déambule, insensible au sort des malheureux que la faim ou la maladie a terrassés en plein coeur du quartier chic. Quelques incursions dans des districts populaires montrent d'ailleurs des brigades sanitaires ramassant les morts et les entassant dans des charrettes...

Bref, on aura compris que j'ai beaucoup aimé ce film, comme j'avais aimé Brokeback Mountain, ainsi que l'adaptation que Ang Lee avait faite du roman de Jane Austen "Raison et sentiments" (Sense & Sensibility),  là aussi une histoire d'amour difficile entre des personnages que tout semble opposer...
par jcfvc publié dans : cinéma
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Mardi 2 octobre 2007
Je n'avais pas encore vu ce film de Colline Serreau, qui passait hier soir très tard sur la 6ème chaîne.
C'est sans doute le meilleur des films de la réalisatrice que j'aie vus.
chaos.jpgLe destin de  cette  adolescente algérienne, intelligente et voulant faire des études, mais se terminant dans le drame en raison du poids des traditions de sa communauté,   est  la   parabole tragique, exemplaire et exacerbée de la condition feminine en général et met à nu l'oppression soft des autres femmes qu'elle rencontre. Vendue par son père à un homme bien plus âgé,  elle dot être mariée de force lors d'un voyage programmé au bled,. Elle s'échappe avant de monter sur le bateau et se trouve prise en main par un réseau de prostitution. Dès lors, toute son énergie et intelligence seront mises au service de son désir d'évasion et de vengeance envers les souteneurs.
La haine qu'elle voue à ceux qui l'ont réduite en esclavage, envers son père, ses frères, l'islam, le poids des traditions qui confinent les filles à un rôle d'esclaves domestiques aux service des hommes, lui permet aussi de faire prendre conscience aux femmes européennes qu'elle rencontre, qu' elles aussi sont victimes d'une oppression soft. Au nom de ces femmes, qui l'ont aidée et lui ont témoigné pour la première fois dans sa vie une empathie réelle, elle se venge à leur place du mari et des fils qu'elles ont engendrés, qui les traitent comme des boniches et ne leur montrent aucune tendresse.
Par delà la haine, que la prostituée exprime avec une violence inouie dans ses actes et ses paroles contre sa communauté et les structures mentales archaïques des mâles qui la composent, et qui sont à l'oeuvre également dans le monde occidental d'une manière plus déguisée mais non moins réelle, il y a aussi une prise de conscience, chez cette damnée de la terre par excellence,  de la solidarité qui unit toutes les femmes.
En séduisant le fils et le mari de la bourgeoise qui l'a aidée, elle aide sa bienfaitrice à prendre conscience qu'elle aussi doit se libérer des chaînes invisibles de la condition féminine.
Il est vrai que le film est parfois un peu outré et peu crédible, utopique comme le sont la plupart des films de la réalisatrice, mais comme dans toute oeuvre d'art, il faut accepter certaines conventions et voir l'essentiel, qui est ici dans le message de solidarité entre toutes les femmes et surtout dans la dénonciation féroce, sans complaisance - et pour une fois enfin, dénuée d'angélisme, de toute crainte du  politiquement incorrect et du négationisme larvé d'une partie la gauche progressiste envers le fondamentalisme culturel et sexuel de l'Islam quotidien prévalant dans nos cités - du machisme de la communauté musulmane et de son "totalitarisme ordinaire" très proche en définitive de l'idéologie des mafieux qui ont séquestré l'héroine. Ce rejet du fascisme vert domestique (pas seulement de l'intégrisme fondamentaliste...) est ici total. Il est exprimé avec une force et une lucidité impitoyables par le personnage principal dans la scène où la prostituée ayant échappé à ses tortionnaires tente au bas de l'HLM, de convaincre sa soeur de passer son bac, de quitter le cachot familial et de la suivre.
Plus impitoyable encore si cela se peut : A la fin du film, au moment où l'ancienne prostituée résussit à convaincre sa soeur de ne pas aller en Algérie pour être mariée par son père, ce dernier lui dit : "Je te donne ma malédiction"
La réplique est terrible, cinglante et définitive et résume le sort réservé aux femmes dans l'immense majorité des sociétés patriarchales archaïques :  "C'est bien la seule chose que tu m'aies donnée..." 

Ce rejet de l'oppression faite aux femmes dans les cités va de pair avec la dénonciation (plus implicite il est vrai...il n'y a pas parallellisme exact) du machisme plus "soft" mais bien réel de notre société, qui elle au moins est capable (et en celà demeure démocratique..) de se remettre en question et d'évoluer, ne serait-ce que très progressivement et superficiellement, comme le font la bourgeoise incarnée par Frot et dans une moindre mesure aussi son fils et son mari.
Concernant les hommes, il me semble - mais peut-être me trompé-je, lisant dans le film ce que la réalisatrice n'a pas voulu y mettre car voulant croire que nous ne sommes pas tous intrinsèquement mauvais - qu'ils peuvent être capables d'amour désintéressé et altruiste : le vieil homme léguant sa fortune à la prostituée, le mari et le fils de l'avocate qui, à mon avis, ne sont pas simplement flattés dans leur ego par l'intérêt simulé de la prostituée à leur encontre mais que l'on sent  (ou est-ce ma libido masculine qui fantasme ?)  comme touchés par la grâce de l'amour qu'ils éprouvent envers cette femme, amour sincère et qui résiste aux révélations de celle qui les a séduits pour se venger de tous les mâles.
Haine féroce donc de la société patriarchale, orientale et européenne, pessimisme quasi absolu quant à la possibilité de relations vraies entre hommes et femmes (si l'on ne voit pas, comme je veux le croire, la possibilité de rédemption de certains personnages masculins), mais aussi amour envers les femmes opprimées, solidarité instinctive, tripale... envers toutes les femmes. L'héroine ne se contente pas de régler ses comptes : avec le réseau de prostitution qui l'a exploitée, avec sa famille qu'elle inonde de cadeaux, de gadgets stupides, afin de les amadouer pour pouvoir rencontrer sa soeur et lui montrer que leur pulsion de consommation stupide leur fait vite oublier l'affront commis à l'encontre de leur honneur de mâles par l'insoumise et l'emporte sur les valeurs musulmanes qu'ils invoquent  pour soumettre leurs filles et soeurs. Elle tente en vain, dans la scène du HLM évoquée ci-dessus, de convaincre sa cadette de ne pas se laisser duper par le sentiment de devoir qui l'empêche encore de se sauver et de prendre en main son destin. Elle aide aussi sa compagne d'infortune prostituée à se libérer, mais également l'avocate qui s'est intéressée à son sort et la belle mère de celle ci, à prendre des distances envers les hommes de leur famille.
La scène finale, montrant les quatre femmes sur un banc, regard dirigé vers la mer (donc vers un avenir sans entraves, sans les clôtures ou barbelés séparant les êtres humains sur terre ?) veut-elle symboliser la communauté de destin profonde qui les unit au delà de leurs différences sociales et culturelles?
Je le crois.
par jcfvc publié dans : cinéma
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Mercredi 26 septembre 2007
Je participe à une communauté de blogs dans laquelle les participants se donnent des défis consistant à écrire des textes en s'imposant certaines contraintes : utiliser des listes de mots, commencer et finir par une phrase, écrire la suite d'une histoire, etc.... Le texte qui suit devait s'inspirer du Tableau de Magritte, "La condition humaine" reproduit ci-dessous

" Ce paysage m'obsède...... Il me nargue même, me renvoyant toujours le sempiternel miroir d'un territoire familier, indépassable, innamovible, un ailleurs qui est là, immobile, non transcendé, dans lequel je puis m'ébattre et conditionhumainemagritte.jpgm'esbaudir tout à mon aise, accessible à souhait et cependant terriblement domestique, m'enfermant dans les barbelés confortables du quotidien.
Il faudrait pouvoir, tout en jouissant de cette proximité rassurante, échapper aux miradors de l'enclos douillet , frelâter dans les steppes faméliques, parcourir les toundras lycheneuses ou les pampas aux confins ushuaïens, se joindre aux ballets des gazelles et de leurs prédateurs dans l'immensité des savanes, ponctuées parfois de la flèche de cathédrale incongrue que dresse l'acacia décharné vers l'horizon peuplé d'un mirage ondulant de dunes menaçantes.
Il faudrait enfin, tout en ayant la certitude que monsieur Seguin nous attend toujours dans la vallée, s'enivrer des herbes amères et enivrantes de la montagne, celles que la présence inquiétante du loup rend plus rares et savoureuses.
Ou bien il faudrait pouvoir découper le cadre de la fenêtre, une partie de ce cadre en tout cas, afin de substituer à ce décor, les perspectives aléatoires d'autres archipels inexplorés, inconnus...
Imaginaires aussi ces possibles virtuels, car il suffirait peut-être de peindre le jardin familier se découpant dans la fenêtre pour qu'il s'illumine de teintes outremarines, non plus vulgaire potager planté de nains de jardin, mais forêt primaire envahie d'herbes folles aux aspirations baobabiennes, de mantes gigantesques, de larves anacondiennes, d'oiseaux dinosauriens, non plus mare des canards, mais lagon aux coraux fluorescents, non plus clocher natal mais atlantide exhumée, ou jungle amazonienne, peuplées de naturels non encore consquistadorisés ou évangélisés ou d'intra ou extra terrestres créés ou non à notre image, nous envoyant des messages qu'ils ne nous suffiraient plus d'entendre comme bruit de fond, mais de comprendre et de décoder, dans une langue, non plus maternelle mais étrangère, dont l'étrangeté même et l'obligation de la traduire renouvellerait à chaque instant notre vision du monde et le sens de notre vie.

Pourquoi faudrait-il choisir entre l'air marin et la douceur angevine ?

Je veux croire aussi à la possibilité d'un air ...du large.. angevin et d'une douceur marine..."
par jcfvc publié dans : Ecriture ludique communauté : Ecriture Ludique
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Dimanche 9 septembre 2007
Voici un petit texte polémque sur le rugby, utilisant la liste de mots proposée sur ce thème, juste histoire de faire enrager les nanas qui se sont montrées beacoup plus prolixes que les mecs sur le sujet

le rugby
Petit – rugby – sang – table – fleur – chat – bougie – fortune – lit – amour

Allez donc savoir pourquoi....Avez-vous remarqué ? Ce sont les femmes qui écrivent le plus (en tout cas dans cette communauté) à propos du rugby, souvent pour regretter d'ailleurs, sans oser le dire vraiment, que leur petit ami délaisse un peu la paillasse conjugale, lors des ineffables coupes du monde ponctuant la vie (toujours heureuse et passionnées des couples dont il est question dans les textes que j'ai lus..), pour préférer , à l'amour consommé sur un vulgaire lit en mousse bulltex à double renforcement, à la lueur d'une bougie parfumée à l'encens babacool par l'impétrante en mal d'affection....... la chaleureuse virilité de la table basse de salon garnie d'apéricubes et de canettes bibinesques, .
Quoi de mieux en effet, pour se vider le cerveau, que de se gratter les c...... distraitement mais néanmoins consciencieusement avec les copains en éclusant une kro et en beuglant comme des veaux quand un beau bébé de 100 kilos pisse le sang pour avoir voulu plaquer en pleine course un autre abruti frisant lui aussi le quintal et ayant filé une mandale (ils apprellent ça un raffut..) au blaireau qui se la pètait José Bové de pelouse du stade de France, faucheur volontaire de kiwis ou autres wallabis transgéniques de l'hémisphère sud.
C'est quand même mieux (hein les gars ? ) que d'offrir des fleurs à sa copine. Non mais des fois...
Si elles ont besoin de câlins, et précisément les soirs de matches bien sûr., rien que pour nous emm..... , elles n'ont qu'a se rabattre sur le chat qu'on leur a acheté à dessein afin qu'il leur tîenne compagnie en ronronnant stupidement sous leurs caresses......
Voilà qui devrait faire la fortune des animaleries et vider les cages sordides des antennes locales de la SPA.
Et en plus, on fait une bonne action. Vive le sport à la télé !!
par jcfvc publié dans : Ecriture ludique communauté : Ecriture Ludique
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