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3 septembre 2007 1 03 /09 /septembre /2007 12:14
Vous trouverez des articles sur mes lectures de vacances sur mon blog : http://jcfvc.over-blog.com
Parmi les livres dont il est question à l'article éponyme (Mes lectures de vacances) :
-2 romans anglais Amsterdam de Ewan McEwan, et "Sourires de loup" (White teeth) d'un jeune romancière anglo jamaicaine, Zadie Smith
- 1 roman américain de Philip Roth : J'ai épousé un communiste
- 2 recueils de textes sur la Provence : "Provence' de Giono et "Ma provence d'heureuse rencontre" par Pierre Magnan
- 1 livre d'Henri Bosco, bien ancré sur la Provence luiaussi, "'et la rivière"
- 1 roman qui valu à son auteur d'être agresé par les gens du village dont il parlait dans le livre et qui donna lieu récemment à un procès au tribunal d'Aurillac : "Pays perdu" de Pierre Jourde
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2 septembre 2007 7 02 /09 /septembre /2007 09:13

Ci-dessous un article des ""cahiers pédagogiques" auquel je souscris presque entièrement bien que ne partageant pas toutes les options politiques du rédacteur.
L'auteur se trouve être Pierre Frackowiak, un de mes collègues IEN encore en poste, qui eut le courage de s'opposer au ministre De Robien lorsque celui-ci, soutenu par les pires lobbys réactionnaires et une partie des syndicats de gauche, voulut réintroduire la bonne vieille méthode syllabique de papa.
Lors d'un talk show télévisuel, il fut même mis en demeure par le ministre et l'infâme Brighelli (l'auteur du non moins infâme brulôt, "la fabrique du crétin), de dire à la France entière s'il comptait, dans sa circonscription, imposer aux instits (comme si un IEN pouvait "imposer" quoi que ce soit d'ailleurs..) les directives ministérielles sur le retour à une stricte méthode par déchiffrement oral des syllabes et des lettres.
Le ministre m'expliquera, entre autres, comment lire et oraliser correctement la phrase suivante, "Les poules du couvent couvent", en se contentant de mettre des sons sur les suites de lettres. ", ceci sans avoir recours au sens qui seul permet de prononcer le premier "couvent" /kuvan/ et le second /kuv/.
De la même manière, si le premier "les" se prononce /le/; pourquoi le second (celui de "poules") ne se prononce-t-il que /l/ ?
Voir à ce sujet les travaux de Nina Catach, seule description scientifique de ce qu'elle appelle "le système mixte d'écriture du français, qui montrent que notre langue se compose à 85% de phonogrammes (graphèmes qui codent des sons). Donc pas question, bien sûr, de ne pas apprendre la correspondance grapho-phonémique. Mais s'en tenir là, et ceci dès le début de l'apprentissage, serait une absurdité, car la langue franaçise se compose également de 12% de "morphogrammes", c'est à dire de suite de lettres codant du sens et non des sons, des graphèmes qui ne se prononcent pas mais font sens, comme les terminaisons du pluriel par exemple. Elle se compose également de lexicogrammes, qui eux codent également du sens (champ/chant)
 Et c'est précisément ces exceptions aux règles de correspondance graphie/son, qui déroutent l'apprenti lecteur et lui interdisent de passer à une lecture courante si l'on ne le familiarise pas très tôt sur le fait que tout ne peut être lu en associant consonne et voyelle, syllabe après syllabe. 
Et d'ailleurs, l'un des pbs majeurs rencontrés par l'enfant dès les débuts de l'apprentissage c'est comment découper l'écrit (par groupe de deux lettres ou de trois ? ou plus ?), car en effet "p-a" se prononce comme on sait, mais que dire de "p-a-i" ? Et de p-a-i-n" ? La plupart des élèves en difficulté connaissent très bien la "musique" des lettres, ont très bien compris le principe d'association des lettres et des sons, mais s'acharneront à découper par groupe de deux syllabe et liront "pain" /pa-hein/  
Autre exemple, si l'on a appris que la suite "e-r" se prononce /ère/ comme dans le mot "fer", comment prononcer le mot "terminer" où la même suite est rencontrée deux fois mais avec des prononciations différentes ?
Un dernier exemple ? (mais on pourrait en donner des milliers...).
Comment prononcer correctement la suite de mots : m-i-l-l-e dans les mots "mille" et "famille", si l'on s'en tient à une simple correspondance écrit/oral ?
Enfin et surtout, comment se passer, même dans le cadre d'une approche dite "analytique" - en réalité synthétique car partant de l'unité, (chaque lettre séparément), pour aller au tout, (la syllabe ou le mot ) - d'une dose (fût-elle infime) de globale pour des mots à très grande fréquence (dans, et, est, maman, femme, j'ai, maison, monsieur, femme, lait, etc...) indispensables aussitôt que l'on veut faire lire des phrases (et non des listes de mots décontextualisées) ne pouvant être oralisés correctement si l'on s'en tient à  une stratégie unique de déchiffrage de syllabes ou dont l'étude ne peut intervenir que beaucoup plus tard dans l'année dans le cadre d'une progression basée sur l'apprentissage des sons et des graphies codant ces phonèmes.

Et non, messieurs les conservateurs, de gauche comme de droite, ce n'est pas une insuffisance dans la capacité à déchiffrer qui interdit l'entrée dans une lecture courante, c'est au contraire la fossilisation dans une stratégie exclusivement syllabique qui ne permet pas l'accès à la compréhension des textes.
Nous avons , il est vrai, un taux d'illettrisme trop important, mais il est à peu près semblable dans tous les pays développés, comme si nos sociétés avaient atteint un seuil presque incompressible en deça duquel il est difficile de descendre. 
Les pays comme la Finlande ou la Suède, qui ont réussi à faire baisser ce taux de manière significative (il ne s'agit que de quelques points en pourcentage  de toutes façons, voir les évaluations internationales PISA !!!!!) ne l'ont pas fait par un retour à de vieilles lunes pédagogiques, ni par une diminution drastique des effectifs de classe ou la dotation en "moyens" supplémentaires d'ailleurs,  seuls remèdes contre l'échec scolaire envisagé par la majorité de nos syndicats. Ces pays scandinaves obtiennent ces résultats en consacrant à l'éducation une part du PIB moins importante que nous  ... Ils ont obtenu quelques succès en convaincant les maîtres de mieux gérer la diversité des élèves d'une même classe dans le cadre d'une pédagogie plus....  "différenciée" (je lâche ce gros mot qui fâche même les plus progressistes de nos enseignants), ou bien de manière pragmatique et sans faire comme chez nous du champ pédagogique une guerre de tranchées idéologique opposant progressistes anti-filières à réactionnaires "sélectifs", en n'hésitant pas, lorsque la différenciation montrait ses limites à faire progresser tout le monde au sein d'une même classe, à créer certaines filières ou groupes de niveaux à l'intérieur des établissements.
Je souhaite bien du plaisir à messieurs les brontausoriens, de quelque bord politique qu'ils soient, à quelque échelon hiérarchique de l'institution où ils sévissent, s'ils espèrent résoudre les pbs d'illetrisme par un traitement de choc à la nostalgie ou par un combat de bunker contre toute mesure visant. à éviter le nivellement par le bas et à faire en sorte que chacun progresse à son rythme, au sein d'une même classe ou dans des structures plus diversifiées et plus souples que le groupe classe.
Les tenants de la nostalgie ne manquent d'ailleurs pas de contradictions ou de perte de mémoire quant aux compétences supposées des anciens écoliers :
- A-t-on oublié que les instituteurs choisissaient les élèves qu'ils présentaient au certif et que le niveau de ceux qui ne le passaient pas (et qui constituaient une majorité !!) n'a jamais été évalué ? Si l'on s'amuse à relire certaines lettres des poilus de la grande guerre à leur fiancée ou à leur parents, il y a là un continent inexploré qui serait de nature à nous prémunir contre nos croyances naïves dans les vertus des anciennes méthodes.
- Ceux qui préconisent l'adoption d'une méthode de lecture strictement syllabique  sont souvent les mêmes à regretter l'orthographe "phonétique" des élèves en difficulté, sans voir que c'est précisément le passage rapide à une reconnaissance globale et automatique des mots et l'abandon précoce du déchiffrement qui est de nature à faire disparaître ce type de fautes. Les erreurs orthographiques de type phonétique (poulet au lieu de boulet) sont assez rares passé le CE1. Ce sont les autres qui posent le plus de problèmes, celles qui précisément ne sont pas causées par une approche globale. Il faudrait d'ailleurs plutôt parler de méthode mixte, car n'en déplaise à monsieur le ministre et aux sectateurs de la méthode Boscher, je n'ai jamais rencontré d'approche globale pure dans les classes, les instits n'ayant jamais renoncé (et heureusement !!! ) aux progressions phonémiques, ceci même lorsque des pressions hiérarchiques institutionnelles (la plupart du temps isolées et minoritaires) les incitaient plutôt à adopter des méthodes dites exclusivement "naturelles" ou "par les albums"
En attendant, je vous conseille vivement la lecturetdu texte dont il est question en cliquant sur le lien ci-dessous

http://educpol.over-blog.com/article-12102675-6.html

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2 septembre 2007 7 02 /09 /septembre /2007 08:33
J'ai envoyé hier ce texte pour le jeu décrit ci-dessous et je ne le vois nulle part apparaître dans les textes de la communauté. Quelqu'un pourrait-il me dire comment faire ?
Mots à employer : cabine / favoriser / massacre / langage / lumière / accueil / ami / phénomène / patience / exquis.

Ce fut un massacre exquis, perpétré en plein jour, en pleine lumière, presque sur la plage.
Il ne me fallut pas faire preuve d'une grande patience pour parvenir à ce résultat extravagant, car en effet je pus rapidement fomenter mon forfait sordide un endroit très fréquenté, et faire en sorte que ma première victime fût sacrifiée sans que les baigneurs enserviettés, enparasolés et enplagistés ne lèvent la paille à l'aide de laquelle ils sirotaient langoureusement et néanmoins laborieusement leur drink phosphorescent ou ne détournent leur regard enraybané de l'article sur les phénomènes paranormaux au menu de la troisième page du quotidien régional.
Je décidai de sacrifier mon meilleur ami, dont je savais qu'il revenait d'un rendez-vous galant avec ma fiancée.
C'est un peu de sa faute aussi. Son surgissement inopiné et stupide dans ce décor de pacotille ne pouvait que favoriser ma soudaine lubie car juste au moment où je réfléchissai à la manière de sacrifier ma première victime, il vint à ma rencontre en direction de la cabine d'habillage que j'avais louée pour l'occasion, illuminé par un rayon mordoré l'irradiant de sa blancheur laiteuse. Cela faillit faire capoter mes plans en émoussant ma détermination, mais en même temps, ce halo de laitance diaphane me le fit découvrir pour ce qu'il était en réalité : un ange déchu, sexué, sans couronne d'épine, qui ne méritait nullement la dégoulinante mansuétude prévalant dans le langage des journalistes locaux couvrant, entre autres faits divers sans intérêt, les morts fulgurantes par hydrocution frappant certains baigneurs imprudents en cette période de l'année.
Je lui réservai un accueil chaleureux pour le mettre en confiance, le fit entrer dans l'habitacle muni d'une petite ouverture en forme de coeur -petite fente dérisoire, ne pouvant m'apitoyer-, comme on en trouve généralement dans les vestiaires de certains piscines municipales.
Je l'étreins d'une accolade dont il ne devait pas ressortir vivant. Il suffoca tout bêtement sous la pression de ma haine fraternelle et prodiguée de manière presque aléatoire.
Après ces brillants débuts dansma carrière criminelle, il me fallait désormais songer à la fiancée.......
Mais ceci est une autre histoire...
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29 août 2007 3 29 /08 /août /2007 15:13

 N'en déplaise au blaireau de service Brighelli et à l'ancien Ministre de l'Education Nationale, Mr De Robien, et grâce aussi aux compétences hyènesques de son papy, l'immense jcf, qui persiste à préconiser, contre le retour annoncé de la bonne vieille méthode syllabique de papa,  le maintien de la méthode mixte d'apprentissage de la lecture, la ch'tite Sofia savait déjà lire à 8 mois et demie.
Vous ne me croyez pas ?
Et bien je le prouve. Il n'est qu'à visionner la vidéo jointe à cet article...
Alors ? Convaincus ?  Non mais des fois.....

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29 août 2007 3 29 /08 /août /2007 09:33

Je tente la création d'une "communauté" sur le net, c'est à dire d'un lieu où mes amis et plus largement tous ceux qui souhaitent échanger des commentaires sur les films qu'ils voient, sur les livres qu'ils lisent, sur la vie culturelle en général sont les bienvenus. Et pourquoi ne pas également commenter l'actualité et la politique, faire part de nos coups de coeur ou de gueule, à condition que le ton demeure courtois que l'on excommunie pas l'autre sous prétexte qu'il ne partage pas notre opinion.
Inscrivez-vous à cette communauté si le projet vous intéresse et pour vous faire une idée de ce qu'elle pourrait devenir, consultez mon blog http://jcfvc.over-blog.com
A bientôt peut-être

jcf

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27 août 2007 1 27 /08 /août /2007 10:40

Je n'avais jamais vu ce film, étant, au moment de sa sortie, en poste dansune île du pacifique-sud où les cinémas locaux ne le programmaient pas. En le voyant hier à la télé sur le cable, je m'interrogeais sur la complexité foisonnante de l'intrigue et pressentais que le scénario devait être tiré d'une oeuvre romanesque importante. Après une recherche sur le net, j'ai découvert que le film était tiré du roman d'un auteur canadien que je ne connaissais pas. Cet écrivain , Michael Ondaatje, est  d'origine Sri Lankaise (d'où, mais c'est bien sûr, le Sikh au turban....). Il étudia et vécu en Angleterre avant d'émigrer au Canada et de devenir citoyen canadien. Le livre obtint en 1996 l'équivalent du Goncourt, le Booker prize, attribué à un roman écrit en anglais, ceci quelle que soit la nationalité de son auteur. Ondaatje est également lauréat du Médicis pour "le fantôme d'Amil. Ci-dessous un lien vers une page web qui lui est consacrée :

http://www.thecanadianencyclopedia.com/index.cfm?PgNm=TCE&Params=F1ARTF0005927

Comme chez nous, mais plus que chez nous je crois, la littérature de langue anglaise s'enrichit des apports d'écrivains issus de ses anciennes colonies ou territoires. Rushdie avait obtenu également le Booker Prirze en 1978 avec ses enfants de minuit. Naipaul et Derek Walcot, des écrivains originaires des caraibes (le premier d'origine indienne lui aussi) ont été tous deux couronnés par le Nobel. Hanif Kureishi est l'auteur du très connu "Bouddah de banlieue" et d'un livre qui inspira Stephen Frears pour sa "Beautiful launderette", Ishiguro, d'origine japonaise, obtint également le Booker pour  "les vestiges du jour" qui fut porté à l'écran avec Anthony Hopkins et Emma Thompson dans les rôles principaux. Il faudrait aussi mentionner les sud Africains, les australiens, et le neo-Zélandais d'origine maori, Alan Duff, qui commit  "Once were warriors" (l'âme des guerriers) lui aussi porté à l'écran. Et je vous rappelle, la petite dernière dont je vous ai parlé dans un article précédent, la petite anglaise d'origine jamaicaine Zadie Smith,  qui donne la parole à des héros "issus de l'immigration" comme on dit chez nous.

Si vous vous intérressez à ce type de littérature (de langue anglaise aussi bien que française) , le lien ci-dessous vous en apprendra plus sur la question :

http://etonnantsvoyageurs.blogspirit.com/world_fiction/

Ce que j'ai lu sur le net au sujet du film en rapport avec le roman, aussi bien en français qu'en anglais, me donne envie de découvrir l'oeuvre écrite, la plupart des commentaires soulignant comme c'est très souvent le cas en la matière, la supériorité du livre pour ce qui est de la complexité des personnages, la critique sociale des rapports humains dans l'empire colonial britannique, qui est seulement évoquée lorsque le Sikh parle de son compagnon de guerre avec lequel il a partagé tant d'épreuves mais n'a jamais eu d'échanges intimes ou complices leur permettant de partager l'amour de la culture anglaise tant admirée pourtant par le Sikh, fût-ce sur le maniement d'une batte de cricket ou les diverses qualité de thé. Les critiques regrettent notamment que le sapeur Sikh soit devenu un protagosniste mineur alors qu'il est, dans le roman (et on peut s'en douter eu égard aux origines de l'auteur) le sésame permettant de comprendre les autres. Les commentaires déplorent également que la durée (pourtant conséquente du film) ne suffise pas à développer les intrigues secondaires justifiant l'apparition trop fugace de certains personnages qui ont plus de densité à l'écrit

Je ne peux dire ce qu'il en est de l'adaptation à l'écran par rapport à l'original, mais je reconnais avoir été pris par l'intrique parfois un peu (beaucoup ?) à l'eau de rose, surtout dans sa partie egypto-saharienne, par ces destins parallèles qui se croisent et se rencontrent dans des circonstances improbables, par cet hymne à la paix et cette condamnation de la guerre qui met fin à la collaboration de scientifques de pays différents recherchant des fresques dans le désert, par l'humanité du personnage de Juliette Binoche, échappant à la guerre et essayant d'oublier les êtres chers qu'elle vient de perdre, en soignant son patient mourant dans une demeure toscane abandonnée et en redécouvrant l'amour auprès d'un beau lieutenant hindou qui risque sa vie quotidiennement en désamorçant les mines ennemies. Ajoutons que pour une fois et c'est bien sympa, Kristine Scott Thomas fait une prestation très sexy et que l'acteur qui joue le rôle du comte hongrois (celui qui était le chef nazi diabolique du camp de la mort dans la liste de Schindler de Spielberg) a toujours un regard teutonique dévastateur, de beau ténébreux et mystérieux, qui devrait plaire aux dames...

Même si le désert n'est pas aussi bien filmé que dans Lawrende d'Arabie, et même si le réalisateur se la joue un peu "Out of Africa" dans les plans de survol des dunes en coucous bimoteurs, la  photographie est très belle. La scène de l'église est superbe. Juliette Binoche y découvre les fresques d'une église de Toscane à la lumière d'une torche, hissée à la hauteur de ces fresques et se balançant en une apesanteur aléatoire et poétique au milieu de ces tableaux menacés de la culture européenne, redécouverts, rendus à la lumière à la fin de la guerre par un hindou enturbanné amoureux et pétri de cette culture, et grâce à une corde que le futur amant Sikh de l'infirmière lui a attachée autour de la taille. Il me plait de comprendre cette scène comme symbolisant la fin prochaine, annoncée, de la barbarie et le retour aux lumières de la civilisation européenne qui a bien failli disparaître du fait de  la négation même, par la folie nazie, des valeurs humanistes de cette civilisation européenne. Et c'est un étranger  cultivé du sous continent indien (Ondaatje ? Sans doute ...) qui fait ici redécouvrir à la petite canadienne ces lambeaux fragiles de culture occidentale, lui redonnant  ainsi du même coup, espoir en l'avenir, envie de vivre et de se donner à un autre homme.

L'intrigue amoureuse entre le comte hongrois et la riche anglaise est un peu trop classique et hollywoodienne, et l'on pressent que celle qui nait entre l'infirmière et le Sikh doit avoir une place beaucoup plus importante dans le livre. On eût aimé qu'elle ne fût point reléguée à un rôle un peu subalterne à mon goût dans l'adaptation à l'écran.

Une raison de plus pour découvrir cet auteur et lire le bouquin.......

Raison de plus pour

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24 août 2007 5 24 /08 /août /2007 11:53

Mes lecteurs les plus fidèles se souviennent peut-être d'un article diffusé sur cé même blog au sujet d'une de mes lectures de l'été non encore terminée au moment où je l'avais mis en ligne, le premier roman à succès d'une jeune métisse jamaico-anglaise (voir l'image ci-dessous).

Et bien la suite et la fin confirment l'opinion que j'en avais à la lecture de la première moitié. Le roman est vraiment excellent. Il s'inscrit, par son humour dévastateur et son ancrage dans les réalités économiques, culturelles et social de la Grande Bretagne qu'il décrit, dans la tradition du grand  roman anglais, aux antipodes d'une littérature française trop souvent déconnectée du monde réel.

Sans dévoiler la fin de l'intrigue, disons, pour faire court et simpliste et si j'ai bien compris le message de cette fable baroque flamboyante :

- que la classe ouvrière britannique, en la personne de son héros Archibald Jones,  plus-typiquement-anglais-de-base-que-lui-tu--meurs, mais cependant non raciste de base car ayant épousé une jamaicaine et étant resté le meilleur ami de son compagnon d'infortune et de guerre (un Bengali bien intégré mais islamiste sur les bords), cette classe ouvrière donc, est confrontée à une situation inédite, celle d'une immigration de masse qui a transformé en profondeur le Royaume uni, dont les populations bigarrées apprennent  malgré tout à répondre avec humour aux défis de l'Histoire (avec un grand H)

.- que cette classe ouvrière, enfin, une partie de cette working class, profondément tolérante au fond -ce n'est pas moi qui le dit, mais la romancière métisse, qui dénonce aussi le racisme ordinaire d'une partie de la société - adhère obscurément, par simple bon sens, aux valeurs rationelles de l'occident, auxquelles elle ne comprend pas grand chose et ne pratique pas dans sa vie de tous les jours , valeurs qui ont permis à l'Europe de conquérir le monde et qui sont en train de déboucher sur une fuite en avant technologique d'apprentis sorciers risquant de détruire le monde.

- Sur ce dernier point, la dénonciation  de la rationalité occidentale qui présenteraitt un danger pour la survie de l'espèce et la suprématie occidentale, je ne suis d'ailleurs pas certain que la romancière adhère aux pulsions anti-scientifiques post-modernes et qu'elle ne se rallie pas en fin de compte derrière la bannière de la recherche scientifique, tant sa charge contre les sectes fondamentalistes islamistes, chrétiennes et anti vivisection - tous farouches adversaires de la société occidentale et convergeant, malgré le gouffre idélologique qui les séparent et pour des raisons diamétralment opposées, dans une haine aveugle contre : le père, le colonisateur, la chair et la révolution sexuelle........ -  est féroce. A vous de voir........

- Que la classe ouvrière anglaise donc, personnifiée par l'un des héros principaux, le petit cockney de base, par simple amitié pour les amis immigrés qu'elle côtoie dans les quartiers, et non par adhésion au fondamentalisme de certains membres des communautés musulmanes dont elle partage l'existence quotidienne, pressent confusément  une communauté d'intérets et de destin envers ces "étrangers", ceci malgré un fond d'intolérance ethnocentriste indélébile.

- Que cette classe ouvrière, ou plutôt ces "masses déracinées par le capitalisme", privées de leur solidarités traditionnelles comme le dirait Arendt bien mieux que moi, semblent prendre à un instant crucial de la narration, fait et cause contre la rationalité arrogante de l'intelligentsia qui leur promet un futur radieux grâce à la science et au progrès, mais en fin de compte ne parviennent pas à prendre une décision, s'en remettent au hasard, à leur maktoub cockney et se font finalement "baiser" par cette bourgeoisie qu'elles soutiennent malgré tout et en dernière instance contre leurs  "intérêts objectifs de classe" pour utiliser une vulgate marxiste assez impropre à rendre compte de la tonalité du livre, mais à laquelle je recours maladroitement, faute d'un meilleur instrument d'analyse...

Voilà, il me reste à vous rappeler que cet excellent roman a été traduit en français sous le titre "Sourire de loup", qu'il est publié en poche dans la collection Folio, et que je vous en recommande vivement la lecture si vous voulez mieux comprendre la société britannique actuelle au-delà des clichés sur le communautarisme à l'anglo-saxonne dont on nous rebat les oreilles ici pour lui opposer l'intégration à la française, vous savez, cette panacée républicaine qui a donné ce que l'on a vu l'hiver dernier dans les cités en flamme de l'hexagone. Ils ont dû bien rigoler les anglais et tous ceux qui en ont marre de recevoir des leçons de démocratie et de progrès social de la part des "frogs", des Frenchies arrogants.......

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22 août 2007 3 22 /08 /août /2007 11:39

J'ai revu Woodstock hier soir à la télé, sur Arte, ou plutôt j'ai zappé assez régulièrement sur le film à des moments où, connaissant bien le film pour l'avoir vu de nombreuses fois, je savais que je risquais d'entendre, au moment où je "rezappais "sur Arte,  une chanson ou un groupe que j'avais appréciés et que j'aime encore entendre : Parmi ces tubes, j'ai eu grand plaisir à réentendre les prestations de Santana, de Jimmy Hendrix dans son "star & spangled banner" (hymne national US)  imitant les bombardements sur le Vietnam, Richie Havens et sa guitare sèche dans le formidable "Freedom", Country Joe Mac Donald et son hymne anti guerre : "Give me an f, give me a u, give me  a c, give me a K => Fuck, et d'entonner : And it's one two three, what are we fighting for, don't ask me I don't give a damm, next stop is Vietnam, and it's five six seven, open up the pearly gates, well ain't no time to wonder why, we're all gonna die (Pour les non anglicistes : Et 1,2,3 pourquoi est-ce qu'on s'bat ? Me d'mande pas, j'en ai rien à fout', tout l'monde descend au prochain arrêt : Vietnam.. Et c'est 5,6,7 ouvrez lesportes du paradis, ouais, bon c'est pas l'moment de s'poser des questions, on va tous y passer...".

Le film est assez bien fait, pas manichéen ni dans un sens ni dans l'autre. Bien que visiblement empathique à l'égard de la foule et du mouvement, le micro est tendu à des fermiers du coin, qui vivent l'évènement comme un envahissement de hordes barbares, ayant saccagé leurs champs et ruiné la collecte de lait pour plusieurs semaines, bloqué routes, téléphone et communications par la route dans la zone qui a été déclarée sinistrée dans tout le district pour des raisons de sécurité et d'approvisonnement des participants, sans que ces humbles travailleurs de la terre dont se disent solidaires les jeunes présents au festival et qui seraient sans doute sincèrement désolés d'apprendre les effets pervers de leur rassemblement festif,  puissent espérer être indemnisés par les organisateurs ou les autorités. D'autres membres de la communauté (y compris le chef de la police locale) communient de manière improbable dans un bel oeucuménisme oncle-samien avec ces "kids", qui selon eux se comportent bien, ne sont pas violents et sont de bons  citoyens américains".  De leurs côté, les "gamins" en question découvrent que les forces de l'ordre ne sont pas tous des SS comme on chantait ici dans les manifs, que le grand happening aurait pu se transformer en catastrophe sanitaire et humanitaire sans l'aide de la police. En même temps un montage efficace, nous prémunit contre une interprétation univoque et simpliste de la ronde des hélicoptères de l'armée siifflés par la foule qui les voit majoritairement comme des insectes bigbrothériens chargés de surveiller la révolution en marche. D'autres plans, et le commentaire, nous informent qu'ils sont surtout là pour évacuer malades et victimes des drogues frelâtés vendues par de "gentils" dealers pas si gentils que ça et pour transporter près de la scène les idoles des jeunes adulés par le public et venus distraire l'immense marée humaine ayant bloqué tous les accès routiers au site. Ce n'est pas un adulte responsable et cravaté qui le dit, c'est Arlo Guthrie (le chanteur), qui se prend pour bison fûté et l'annonce fièrement  au micro : "New- York interstate thruway's closed man" (l'autoroute principale traversant l'état de New York est fermée..)

Certains participants sont d'ailleurs conscients que tout n'est pas aussi manichéen qu'il y parait, que la police et l'armée ont eu, en l'occurence, un rôle "globalement positif." comme dirait notre Georges Marchais national en parlant du bilan de l'URSS. Même Arlo Guthrie dont il vient dêtre question (le fils de Woodie, celui qui fut le chantre des chômeurs de la grande dépression des années trente). pourtant peu suspect de sympathie à l'égard de ceux que les jeunes appellent des "pigs", Arlo Guthrie donc,  venu chanter son fameux "Comin' into Los Angeles, bringin' in a couple of keys, don't search my bag if you please, Mr custom man.." chanson dans laquelle il fait l'apologie de la défonce en avion et de l'introduction de drogue aux USA, visiblement complètement stone aussi ce jour là, avoue à la foule, avant sa prestation et de manière amusée, qu'il vient de pactiser avec les forces de répression ayant assuré sa sécurité : "Waoh man, I was just rappin' to the fuzz" (Putain mec, je viens de jacter avec les poulagas  ...)

A plusieurs reprises d'ailleurs les dits poulagas se font applaudir lorsque les organisateurs chevelus et en principe anti-établissement viennent les remercier au micro de leur contribution. On est donc loin d'un combat du bien contre le mal et du radicalisme politique français de mai 68

Sur le plan technique, on peut regretter le tic un peu trop systématique consistant à multiplier les séquences où de doubles fenêtres ou multi fenêtres nous donnent à voir plusieurs vues à la fois.

Etant devenu un vieux con, je ne peux m'empêcher d'être énervé, a posteriori, par la complaisance dégoulinante du commentaire et des gens interrogés à l'égard de la droque (Sur les groupes et musiciens ayant participé, plus de la moitié sont morts d'overdoses. Ceux qui ne le sont pas s'en sont sortis après des années de galère...)

On peut aussi se gausser, et je n'ai pas manqué pas de le faire en revoyant ces images, de l'angélisme parfois benêt des commentaires, de l'idéologie optimiste des participants et de l'équipe de réalisation, et même de certains flics ou responsables locaux auxquels qui en remettent une tartine dans la grand messe et la guimauve consensuelles trahissant les limites politiques du film et du mouvement hippie en général. Les jeunes, ceux auxquels on tend le micro en tout cas, croient naïvement qu'ils sont en train de créer une société plus humaine et fraternelle en train d'émerger, où de gentils organsisateurs et vacanciers passeront leur temps dans des festivals rock, à prendre leur pied, à écouter de la musique en fumant des joints, en batifolant et copulant nus dans les près. Certains parents, convertis  "compagnons de route" du flower power en marche vers un anenir radieux, font l'apologie de cette bellle jeunesse et de ces quelques jours où il n'y aurait eu, selon eux et le slogan répété jusqu'à satiété par la société du spectacle par la suite, que  "de la joie et de la musique".

Tu parles... Certes le film, je l'ai dit, n'est pas tout a fait naïf et ne tombe pas dans le panneau de angélisme mediatique construit sur le tas par l'idéologie dominante, qui commençe sous nos yeux à rôder son futur discours pour récupérer l'évènement avant même qu'il soit terminé:

- On montre des hippies bien commerçants qui ne perdent pas le nord et en bons Américains, n'ont pas oublié en venant les fondamentaux de la société de consommation honnie, de l'économie de marché et les lois de l'offre et de la demande, et se font des couilles en or en vendant à des prix sans doute très intéresants pour leur porte-monaie des cartouches de cigarettes qu'ils ont eu la bonne idée d'emmener avec eux, (ceci sans doute pas dans un élan totalement altruiste et à la seule fin d'approvisionner les camarades hippies en manque de nicotine).

- On apprend qu'il y a eu quelques overdoses mortelles et des gens piétinés. Les organisateurs préviennent au micro qu'un acide dangereux circule, mais, en bon libertaires qu'ils sont, ne condamnent pas les dealers et bottent en touche en laissant aux intéressés leur "libre arbitre" de futur junkies.

- Le film se clôt par une vision d'apocalypse du terrain dévasté (peut-être le champ du fermier qui se plaignait des dégats causés sur son exploitaiton par cette marée humaine incontrôlée) et parsemé d'ordures que les gentils participants ont abandonnées. Un volontaire bien esseulé , visiblement pas un éboueur professionel, tente de déblayer maladroitement quelques couvertures et détritus, de crainte que ces images de décharge municipale ne soient utilisées pour dénigrer le mouvement. Une personne interrogée déclare, en guise d'excuse  "Là où il y a des hommes, il y a des ordures". Les écologiqtes d'aujourd'hui apprécieront... Mais il est vrai que le mouvement vert n'existait pas encore...

Mais ce qui énerve le plus le vieux con aigri et incrédule, empêcheur-de-jouir-et-de-s'éclater-en-rond que je suis devenu, c'est la récupération du mouvement par la société du spectacle , qui quarante ans après et même sur Arte ayant diffusé le film dans le cadre d'une semaine thématique, ne retient principalement de cette période que les manifestations superficielles liées à la mode, à la musique, à la libération sexuelle... qui arrivées à Paris et adoptées par de jeunes post-yéyés, étaient vidées de leur message contestataire par la grande machine à broyer les utopies dans sa moulinette mediatico-publicitaire  regurgitant tout cela en un discours soft et aseptisé, une bouillie consensuelle, compréhensible par tous et acceptable pour le plus grand nombre. Les paroles des chansons n'étaient de toutes façons pas comprises par la majorité de ceux qui, en France les fredonnaient. Elles devenaient  rapidement de simples tubes de boites de nuit pour petits bourgeois branchés en rebellion contre leurs parents. Il n'est qu'à voir, par exemple, ce que les media ont retenu de certaines chanson d'un des Beatles, John Lennon, qui n'était pas à Woodstock, mais qui n'aurait pas  détoné dans le contexte : On n'a retenu de "Imagine", qu'on appel à la paix et à l'amour, alors que ce "tube" planétaire invitait aussi, au-delà d'un idéalisme utopique à deux balles, à la contruction d'une société où la propriété privée, où les religions..... auraient disparu '"Imagine no possessions...ans no religion too". Que dire également de son "Working class hero", qui fut presque totalement occulté par les radios, même quelques années après, et dont les paroles sont d'une violence inouie envers le capitalisme et l'abrutissement des masses par les media...Si vous n'êtes pas convaincus, réécoutez la chanson, vous verrez......Mais finalement peut-être me trompé-je... Lennon n'aurait sans doute pas eu sa place dans cette grand messe somme toute assez .... patriotique, avec drapeaux américains brandis fièrement par beaucoup de jeunes "contestaires" ne remettant pas fondamentalement en cause les fondements économiques et sociaux politiques yankees, mais seulement ses errements supposés par rapport aux rèves des pères fondateurs.

Enfin, last but not least, cette plongée rétrospective dans une époque que j'ai vécue alockrs que je n'étais déjà plus un adolescent boutonneux et que j'avais vécu quelques expériences qui me prémunissaient contre une confiance absolue en la bonté naturelle de l'Homme et ses potentialités altruistes dans une société devenue enfin égalitaire, m'inspire les réflexions suivantes, bien pessimistes il est vrai, mais c'est comme ça .......même si je dois être considéré comme un "nouveau réac" et plomber l'ambiance chez les camarades qui veulent encore croire aux utopies égalitaristes :

- Le mouvement hippie était généreux certes. Toutefois je ne pense pas, comme le voudraient généralement les émissions et la littérature consacrées à cette période et les sectateurs du mouvement,  qu'il ait transformé en profondeur les habitus sociaux. à l'échelle de la société ou du monde. 

- Pour le meilleur, il a pu aider des individus et de petites communautés restreintes, et ceci pour un temps éphémère, à se libérer des chaines psychologiques et idéologiques qui obsucrcissaient leur paysage mental. Il a pu même transformer parfois durablement et en profondeur la vie et la weltanschauung d'individus et de petites communautés militantes ayant choisi un retour à la terre et le refus de la société de consommation.

- Pour le pire, il a malheureusement aussi pesé sur la destinée de ceux qui sont devenus terroristes ou sont morts de la consommation de drogues censées libérer leur cerveau et permettre la révolution.

- Mais il n'a pas débouché sur la révolution sociale, morale et surtout globale attendue.

Les orgasmes collectifs, les moments de l'histoire où tout semble possible, ou le monde semble basculer dans une vague de générosité annonçant un avenir radieux et une impossibilité de revenir à la grisaille égoiste ayant prévalu jusqu'alors (nuit d'aboliton des privilèges, mai 68, révolution orange à l'Ukrainienne plus récemment..- complétez vous-mêmes.......) comme les histoires d'amours, et ainsi que le dit la chanson, "finissent mal ......en général. " Ou plutôt, ils se terminent, ne durent pas, ne peuvent être que des moments fulgurants mais subliminaux, (peut-être nécessaires... encore que...certains pays n'en n'ont pas connus et ne s'en portent pas plus mal)  bien vite engloutis dans la durée du temps de l'histoire, emportés par les nécessités quotidenne de la vie : Il faut se nourrir, élever ses enfants, tenter de négocier son parcours sur terre de manière pas trop douloureuse.....

- Une note optimiste enfin, mais non angélique : il faut bien reconnaître à cet orgasme collectif là - le mouvement hippie, comme mai 68 et les autres "révolutions"  des classes moyennes  dans des pays à institutions démocratiques solidement installées - Je ne parle pas de celles initiées par les "masses" décrites par Hannah Arendt,  qui ont porté les deux grands totalitarismes du vingtième siècle au pouvoir - qu'il ne s'est pas terminé, comme d'autres,  dans l'horreur, comme dans des pays où les "grands soirs fraternels" ont eu des conséquences....pas vraiment ......subliminales... : URSS, Chine, Cambodge, Corée du Nord, Iran où les moudjahiddines du peuple et autres jeunes gens généreux. qui voulaient simpllement et d'abord en terminer avec la dictature du Shah en soutenant, dans un premier temps croyaient-ils, le mouvement radical qui semblait le plus capable d'atteindre leur objectif prioritaire......  en ont pris pour un sacré bail... surtout les femmes..........

 

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20 août 2007 1 20 /08 /août /2007 10:24

Ah oui, j'oubliais.... Avant les vacances, j'avais lu ."Pays perdu", de Pierre Jourde, vous savez, le bouquin sur un village du Puy de Dôme, qui avait provoqué l'ire des habitants s'étant reconnus dans les portraits féroces de villageois alcoolisés sculptés par l'auteur à coup de serpe vitriolée et ayant attaqué l'écrivain et sa famille alors qu'il venait passer des vacances dans le village, dans sa maison familiale.

Ce fait divers consternant avait d'ailleurs fait l'objet de commentaires dans la presse nationale et locale lors du procès des agresseurs au tribunal d'Aurillac

Le livre est vraiment très bien écrit. Il est vrai que l'écrivain ne ménage pas ses modèles, ne voyant chez les êtres qu'il évoque, que les mutilations causées par les outils de travail, la boisson, les animaux. Mais en même temps, comment ne pas voir, au-delà de ces portraits cruels de personnages dévastés par la vie, l'humanité, certes frêle et chancelante, qui émane de ces portraits. J'y vois pour ma part sourdre, au coeur même de l'écriture impitoyable, une profonde empathie envers ce pays (le plateau du Cezalier),  abandonné en marge de l'autoroute pas si lointaine, envers les gens qui persistent à vivre et à exister aux marges d'un monde en pleine mutation.

Il est curieux que ce livre rejoigne, dans ses thèmes et son écriture, sa vision d'un monde rural en train de disparaître (ayant déjà largement disparu dans les trente glorieuses), les trois autres écrivains du centre de la France, dont j'avais déjà parlé dans un précédent article mis en ligne sur ce blog (Millet, Michon et Bergougnoux).

Cela me parait confirmer qu'une littérature puisant son inspiration dans le terroir du massif central (ou d'autres terroirs d'ailleurs) - qui n'est pas "régionaliste" et qui est bien plus intéressante que celle de l'école dite "de Brive" - est possible, existe bel et bien.

Tant mieux si de nouveaux Giono peuvent renouveler le genre et sortir un peu la littérature française de l'ornière introspective parisienne dans laquelle elle a parfois tendance à s'enliser.

La France existe aussi au-delà du périphérique, et la littérature doit en rendre compte,  à sa manière.

PS Pierre Jourde a également commis un violent pamphlet contre le monde littéraire parisien, qui selon lui, autour du grand gourou Sollers et de la rédactrice en chef du Monde des livres, encense des auteurs qu'il juge médiocres. Il déplore le manque de polémiques dans le monde littéraire, le "tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil". Parmi les "scribouilleurs" éreintés dans cet ouvrage : Sollers, Begbeider, Angot, etc..... >Il dit aussi du mal de Houellebecq, mais lui reconnait un certain talent. Même chose pour Catherine Millet. Suite à ce brulôt ("la littérature sans estomac") Jourde a d'ailleurs dû comparaître devant la justice pour diffamation à l'égard de la rédactrice du monde des livres (Josiane Savignon).

Ci-joint un lien vers une page web consacrée à la littérature sans estomac :

http://artslivres.com/ShowArticle.php?Id=1061

Un autre lien vers une page où Pierre Jourde répond à ses détracteurs concernant la littérature sans estomac : http://echo.levillage.org/356/6772.cbb

Notons cependant qu'il ne fait pas que critiquer. Il dit également du bien de certains écrivains, dont certains m'étaient  inconnus : Valère Novarina (une de ses pièces fut jouée à Avignon cette année, une autre à la comédie française), Eric Chevillard, Jean-Pierre Richard, .Echenoz,  Pierre Michon (celui-là j'en ai déjà parlé sur ce blog), Claude Louis-Combet, Richard Millet (celui-là aussi j'en ai parlé), Marc Petit, Georges-Olivier Châteauraynaud."

Décidément , Pierre Jourde ne se fait pas que des amis. Cela a tendance à me le rendre plutôt sympathique. Mais au-delà du fait divers, il faut lire pays perdu, pôur l'écriture et si l'on est sensible à une littérature à la quête de l'universel dans un certain terroir, même si le trait est outré : Ci-joint un lien vers un extrait du livre, pour vous rendre compte :

 http://perso.orange.fr/calounet/extraits/paysperdu_jourde.htm

 

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19 août 2007 7 19 /08 /août /2007 14:23

Mes lectures de vacances

Etant affligé d'une hernie et ne pouvant marcher, j'ai eu largement le temps de m'adonner à l'un de mes vices cet été, et voilà le fruit des réflexions :

Amsterdam : Un roman anglais (lu en vo) de Ian Mac Ewan, un écrivain britannique déjà reconnu outre Manche. Ce livre a obtenu le Booker prize, le goncourt pour la littérature de langue anglaise

Deux hommes, deux amis de longue date, l'un journaliste, l'autre compositeur se brouillent lorsque le journaliste, devenu rédacteur en chef, veut révéler un secret à scandale concernant la vie privée d'un de ses ennemis politiques, conservateur ripoux en passe de devenir premier ministre. Son ami musicien, bien que partageant des sympathies de gauche conseille à son ami, au nom du respect de la vie privée, et des valeurs démocratiques qu'ils partagent, de ne pas révéler  le scandale, fût-ce pour éviter au pays la vague de réformes de droite qui sont à attendre si ce politicien venait à prendre le pouvoir. Le patron de presse a des motifs moins nobles pour vouloir sâlir la réputation du ministre. Il compte ainsi asseoir sa position de rédacteur en chef (qui n'est pas totalement acquise) en boostant les ventes du journal.

Son ami musicien, de son côté, doit terminer une symphonie de commande sur laquelle il compte pour devenir une sorte de compositeur officiel du régime. Il est le témoin d'une agression lors d'une de ses promenades dans la région des lacs, mais n'intervient pas, de crainte que l'inspiration survenue lors de sa promenade ne soit perturbée en venant au secours de la victime.

Le journaliste échouera dans sa tentative de déstabilisation du futur premier ministre et le musicien sera dénoncé à la police par son ami voulant se venger du manque de soutien du compositeur pendant les épreuves qu'il a dû traverser lorsque lla stratégie qu'il avait imaginée se retourne contre lui.

Les deux hommes se réconcilieront finalement après que leurs objectifs respectifs aient échoués.

A travers la destinée de ces deux hommes, Mac Ewan dresse un tableau très pessimiste de la vie culturelle et politique du Royaume uni. Il connaît très bien la musique, posséde une grande culture et , tout en  analysant avec une extrême précision les problèmes auxquels est confronté le musicien en train de composer sa symphonie, il nous convie à une réflexion sur l'acte créatif en général, les choix que tout artiste doit faire pour concilier cohérence globale de l'oeuvre et détours narratifs ou détails accessoires .

A lire si vous voulez faire la connaissance d'un écrivain britannique contemporain important.

De lui, j'avais lu précédemment "The cement garden", récit d'enfants dont la mère meurt et qui décident de l'enterrer dans leur jardin sans révéler son décès aux voisins et aux proches. Livre dérangeant, très différent d'Amsterdam, mais dans lequel on trouvait déjà l'écriture brillante et très particulière de Mc Ewan, dont je ne puis dire si elle est rendue avec brio par la traduction, ayant lu ce livre en VO.

"J'ai épousé un communiste", de Philip Roth. L'auteur, également et entre autres, de "la tache humaine", roman adapté à l'écran il y a deux ans, avec Anthony Hopkins dans le rôle du héros principal :

Histoire d'un communiste américain, racontée par son frère - ancien professeur charismatique -  au narrateur, qui grâce à ce prof, s'éveilla à la littérature, à la réflexion, et devint l'ami de ce marxiste atypique, autodidacte, peu cultivé, devenu célèbre en travaillant à la radio, ayant épousé une actrice célèbre et mené une vie peu en rapport avec ses convictions politiques, ayant finalement été brisé par sa relation avec sa femme, qui le dénoncera aux autorités pendant la période du Mac Arthysme.

Ce livre est le portrait féroce de l'Amérique, des années 20 au début de l'après-guerre. Il dénonce tout à la fois la cruauté du système capitaliste sauvage des années trente,  la dictature de la culture de masse américaine des années 50, et  la dictature du prolétariat telle qu'elle triompha en URSS et que voulaient linstaurer les communistes américains ultra sectaires et minoritaires de l'époque, sans tenir compte du pays réel, de l'évolution des pays dans lesquels sévissait le "rêve" communiste et du monde tel qu'il était en train de se transformer.

Philip Roth est un écrivain de gauche qui garde son esprit critique. Il se méfie surtout de la force généralisatrice de l'utopie et de l'idéologie, à laquelle il oppose l'énergie "particularisante" de l'art et de la littérature, qui est le meilleur antidote contre la bête immonde totalitaire, de quelque bord qu'elle surgisse.

Là encore, je ne puis dire si la traduction rend justice au style, ayant lu ce roman, comme tous les ouvrages d'auteurs anglo saxons, en VO.

White teeth (Sourires de loup en Français), publié en livre de poche Folio) Auteur : Zadie Smith

Cette jeune auteure d'origine jamaicaine et anglaise obtint un succès immédiat pour ce premier roman, écrit à 25 ans seulement. Les droits du livres furent même achetés avant même qu'il soit terminé, à un éditeur ayant lu les cent premières pages seulement lors de la foire du livre à Francfort.t

C'est un roman foisonnant, à l'écriture baroque et flamboyante, s'inscrivant dans la tradition du grand roman anglais, de Fielding aux "Enfants de minuit" de Salman Rushdie, en passant par Dickens, rendant compte de la cociété anglaise en mutation, de ses crises, de la diversité des ses communautés et de son caraxtère multi-ethnique et multi culturel. Un livre cependant très profondément  "british" par son  humour décapant. et dévastateur, se moquant tout à la fois de la classe moyenne cultivée, des petits blancs racistes de la classe ouvrière, des "racailles" de banlieue totalement ignorantes de leur culture d'origine mais revendiquant cependant des racines qui leur sont totalement étrangères et inconnues.  La langue est celle de la rue, totalement baroque et flamboyante elle aussi, un anglais en pleine mutation, sabir de cockney de la classe ouvrière, d'anglais standard de la télé et de la pub et de "pidgin" post-moderne. (petit nègre des banlieues, des minorités jamaicaines et indo pakistanaises) Je serais d'ailleurs curieux de lire ce roman également dans la traduction française pour voir comment cette énergie linguistique, ce mélange des genres et de styles a été adapté par le traducteur.

Les héros en sont un cockney de base inculte et un indien originaire du Bengale, possédant un vernis de culture, attaché à ses racines, voulant pour ses deux fils une éducation de bons musulmans, qui ne pouvant payer deux billets d'avions, envoie, contre l'avis de sa femme, et de son entourage,  l'un de ses deux rejetons au Bengale afin de le protéger contre la corruption et les vices occidentaux,. Les deux compères ont fait la 2ème guerre mondiale ensemble, gonflent tout le monde et leur famille en particulier en rabâchant leurs souvenirs militaires pas très glorieux, et pour ce qui concerne le bengali, les exploits (très improbables et contestés) d'un ancêtre qui aurait le premier mené une rebellion contre l'envahisseur anglais. Il sont tous les deux épousé sur le tard des femmes beaucoup plus jeunes et leur ont fait des enfants qui sont à l'image des adolescents actuels issus des minorités : Le fils resté en angleterre du Pakistanais est un petit délinquant, leader charismatique d'une petite bande qui sera sensible aux fatwas prononcées par les barbus fondamentalistes de Bradford et ira brûler le livre d'un écrivain ayant "blasphémé" contre l'islam, et qui en profitera pour piller quelques magasins et agresser quelques passants "infidèles". Le frère de cette petite frappe néanmoins sympathique, celui qui fut exilé d'autorité par le père vers l'Inde, fait des études de droit. C'est l'intello, la fierté de son père, qui en fait ne sait pas très bien ce qu'il devient là-bas et dont on peut douter, eu égard à sa rationalité et à son désir de modernisation de la société indienne, qu'il devienne ce que son père a imaginé pour lui en l'exilant dans le sous-continent. Je ne puis vous dire ce qu'il devient, étant en train de teminer le bouquin et désireux de toutes façons de ne pas dévoiler la suite afin de vous donner l'envie de découvrir lle destin des personnages par vous-mêmes. Autres personnages savoureux de cette fable sociale, inscrite totalement dans l'histoire et la société actuelle du Royaume Uni, contrairement à une certaine littérature française trop souvent déconnectée du réel, digne du Tom Jones de Fielding ou de Dickens :

- La mère des deux enfants de l'Indien, mariée à cet homme plus vieux qu'elle et ramenée par lui en angleterre, est tout à fait intégrée, apprécie la modernité et le confort de l'occident, est hostile aux véléités fondamentalistes de son époux et cependant attachée à ce que ses enfants ne perdent pas leurs racines.

- Sa nièce, lesbienne totalement impie, menant une vie "honteuse" pour sa tante, qui  ne l'excommunie toutefois pas et lui demande souvent son avis pour l'éducation de ses propres enfants et dans la façon de gérer son couple.

- La fille du cokney, de mère jamaicaine, amoureuse du fils délinquant du Bengali et désireuse de s'intégrer, fréquentant assidument la maison d'un couple d'intellectuels d'origine juive mais identifiés comme étant anglais pur sang

Les deux géniteurs de cette descendance bigarrée sont les meilleurs amis du monde, fréquentent le même pub tenu par un pakistanais à l'idéologie plus british-de-base-que-lui-tu-meurs, se bourrent la gueule régulièrement dans ce boui boui en ressassant leurs souvenirs de guerre et en débitant des brèves de comptoir savoureuses avec les autres clients, le pakistanais, faisant rigoler tout le monde avec son ancètre soi-disant anticolonialiste et sa prétension à se purifier et à se comporter dans un avenir incertain comme un bon musulman.

J'en suis à peu près là dans ma lecture et j'ai hâte de découvrir la fin de cette histoire, tant ce roman est passionant. Je pense en avoir suffisamment dit pour vous donner envie de le lire.

Bonne chance et n'hésitez pas à me faire part de vos commentaires si vous vous embarquez dans ce pavé qui se lit très bien....

Un lien vers une page sur le livre => http://www.sitartmag.com/zadiesmith.htm

D'autes lectures d'été (en Français):

- "Provence" de Giono, un recueil de textes écrit par l'écrivain et nous livrant une provence profonde, loins des guides touristiques et des pagnoleries folkoriques.

Les paysages parcourus sont décrits avec la force lyrique de Giono. Si on aime l'auteur, on aimera ces itinéraires parcourus avec lenteur et empathie.

-

 

 

 

 

- "Ma provence d'heureuse rencontre" de Pierre Magnan,

Un écrivain provençal, disciple et ami de Giono, qui écrit des polars se déroulant dans la région de Forcalquier. Le livre que j'ai lu est lui aussi un recueil de textes sur la Provence, célèbrant une provence inconnue et selon l'auteur "authentique". Belles pages, très bien écrites, donnant envie de lire l'un de ses polars.

 

 

 

- L'enfant et la rivière, de Jean Bosco :

Un conte provençal. Un enfant attiré par la rivière qui longe la propriété de ses parents y fait la rencontre d'un autre enfant, un orphelin poursuivi par des gens du voyage. Ils dérivent le long du courant pendant plusieurs jours, font des rencontres mystérieuses, sont retrouvés, se lient d'amitié. Bosco connait bien le le milieu aquatique qu'il décrit, la faune et la flore d'une rivière de Provence/ Une sorte de Tom Sawyer à la française au message moins universel cependant que le roman américain. Un joli livre, plutôt à claser dans un rayon de bibliothèque consacfré à la littérature de jeunesse mais pouvant être dégusté avec plaisir par des adultes, s'ils aiment la Provence. Il n'y a quand même pas le souffle épique que l'on trouve chez Giono..... 

 

- "Zones" de Jean Rollin, journaliste et écrivain : Recueils de textes sur des lieux parcourus par le narrateur (l'auteur ?) dans un Paris et une banlieue découverts lors d'une errance au hasard des lignes de métro choisies de manière aléatoire et des nuits passées volontairement dans des hôtels bon marché et de bars de la périphérie parisienne. Le narrateur s'intéresse surtout aux quartiers en mutation, terrains vagues, cités en cours de démolition, vie et êtres à la dérive rencontrés autour de et sous les échangeurs autoroutiers et des noman's land.peuplés d'un quart-monde abandonn" par la modernité aux franges de la capitale

Le narrateur s'installe à des comptoirs de troquets lugubres, des bars PMU, des buffets de gare, écoute les conversations, commente les échanges surpris entre clients interlopes ou employés plus cravatés mais cependant avinés. Le plus souvent, ce sont les lieux communs concernant la politique, les célébrités, le sport, les "faits de société" tout ce que l'on entend dans la rue, dans les média, dans les spots publiciaitres, sans y prêtrer attention tant ils polluent idéologiquement de manière insidieuse notre façon de penser et d'être présent au monde, sans que en ayons toujours conscience.

Un anti -guide touristique de l'Ile de France, dérangeant, donnant cependant l'envie d'errer soi-même à la dérive dans ces "zones" et de prêter attention à la "poésie" sisnistre de ce monde à la fois proche et lointain, exotique, même pour les petits bourgeois issus de couches populairesque nous sommes devenus.

Sorte de documentaire écrit, avec une voix off décalée par rapport à ce qui est donné à voir, miroir insolite de l'urbanité blafarde de nos cités, de la dérive sociétale contemporaine. Une chronique désespérée et désespérante de l'absurdité au quotidien, de la solitude des êtres dans les grandes mégalopoles modernes.

A ne surtout pas lire si vous souffrez d'une dépression !!!!!!!

Mais intéressant quand même, tant pour l'écriture que pour le projet littéraire.

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