L.'action du dernier film du Taïwanais Ang Lee, se déroule dans le Shangaï des années de guerre, sous l'occupation japonaise. Un groupe d'étudiants  (pro Tchang Kaï Chek ou communiste cela n'est pas clair...) , qui montent et jouent des pièces patriotiques digne de ce que l'opéra de Pékin produira plus tard, décident d'aller plus loin dans leur engagement et d'éliminer un collabo chinois. Pour ce faire, l'une des actrices de la petite troupe devra séduire le traitre et l'attirer dans un traquenard. lustcaution.jpgComme elle est vierge, et pour ne pas paraître inexpérimentée auprès du collabo, il est décidé qu'elle ait une première expérience, non avec celui qu'elle eût aimé avoir comme initiateur, le beau et généreux leader de la petite équipe, mais avec  le seul parmi les garçons du commando ayant une expérience de la chose car fréquentant assidûment les bordels. 
L'un des atouts du film est la reconstitution magistrale du Shangäi de l'époque; des ses quartiers très occidentalisés où l'on voit la bourgeoisie chinoise côtoyer des européens dans les salons de thé. 
La première scène du film dans laquelle on assiste à une partie de Mah Jong entre dames de la haute bourgeoisie discutant des promotions éventuelles de leurs époux respectifs dans des cabinets ministériels du gouvernement fantoche pro japonais est un véritable morceau d'anthologie, la caméra sautant rapidement d'un gros plan à l'autre (frivolement comme les propos tenus dans un contexte historique où ils deviennent obscènes par leur décalage avec la réalité) tantôt sur les visages de ces dames élégantes et sur les dominos du jeu symbolisant sans doute des enjeux stratégiques ayant ,pour le spectateur chinois, une signification qui nous échappe.

On semble être très loin des deux cowboys de Brokeback mountain, et pourtant c'est toujours l'histoire d'un amour interdit, impossible (ou plutôt, ici, d'une passion érotique) entre deux êtres qui ne peuvent s'aimer, se méprisent et se haïssent même au départ, mais se désirent inténsément, et finissent par éprouver une certaine tendresse l'un pour l'autre, sentiment qui décidera du destin final des deux amants.

Attention ! Ames pudiques s'abstenir,... Cela fait très longtemps que je n'avais pas vu dans le cinéma tout venant (non spécialisé !), des scènes aussi chaudes. Cela surprend d'autant plus que l'on ne s'y attend pas, de la part d'Asiatiques que notre ethnocentrisme d'occidentaux (le mien en tout cas) aurait tendance à considérer comme moins libérés que nous. Certains ébats font penser à l'Empire des sens, un film japonais culte des années 70, limite porno, mais encensé par les critiques parigots maoïstes de l'époque et que beaucoup d'intellos, dont moi, ont pu voir sans être taxés de vicieux frustrés venus pour se rincer l'oeil...
 Au début, leurs relations sont du genre carrément SM, le collabo ayant visiblement besoin d'humilier sa partenaire, comme il le fait sans doute lorsqu'il torture les résistants dans la résidence devant laquelle l'attend sa maîtresse à plusieurs reprises 
La relation évolue progressivement, la jeune fille inexperte prenant l'ascendant parfois sur son partenaire, devenant en tout cas son égale dans la perversité et finissant par séduire l'amant , par lui faire baisser la garde et causer sa perte...... si dans un dernier rebondissement.... Mais là je m'arrête car je ne veux pas vous priver du plaisir de découvrir vous-même le dénouement final. J'en ai presque trop dit.....

Les deux acteurs sont formidables. Le collabo est joué par l'acteur fétiche de Wong Kar Wai, celui de "In the mood for love." La lenteur des plans et du montage, la caméra qui glisse nonchalamment sur les visages et les rues, le long des devantures de magasins chics,  n'est d'ailleurs pas sans rappeler la moite langueur qui faisait le charme de "In the mood for love". 

On serait tenté de reprocher au réalisateur une certaine complaisance esthétisante envers le collabo, qui est dépeint lui aussi, dans une certaine mesure comme un nihiliste désabusé et une victime des énénements, mais la fin montrera amplement, je crois, qu'il n'est qu'un tortionaire cruel, rendu "sympathique " très fugacement par Ang Lee, pour pièger le spectateur, pour mieux mettre à nu la cruauté de l'amant et nous mettre en garde contre l'empathie que nous aurions pu ressentir envers le personnage.
Mais ici, l'esthétisme, qui est indéniable, le réalisateur prenant visiblement plaisr à cette reconstitution historique, n'est ni gratuit, ni complaisant. Il souligne l'isolement des classes privilégiées dans la Chine en guerre, leur indifférence à l'égard du peuple et de la petite bourgeoisie patriote, ce qui explique en partie la victoire du communisme sur les républicains par la suite...... .
 On voit des limousines slalomer entre des cadavres dans des rues élégantes où une foule cosmopolite d'asiatiques occidentalisés et d'européens déambule, insensible au sort des malheureux que la faim ou la maladie a terrassés en plein coeur du quartier chic. Quelques incursions dans des districts populaires montrent d'ailleurs des brigades sanitaires ramassant les morts et les entassant dans des charrettes...

Bref, on aura compris que j'ai beaucoup aimé ce film, comme j'avais aimé Brokeback Mountain, ainsi que l'adaptation que Ang Lee avait faite du roman de Jane Austen "Raison et sentiments" (Sense & Sensibility),  là aussi une histoire d'amour difficile entre des personnages que tout semble opposer...
Je n'avais pas encore vu ce film de Colline Serreau, qui passait hier soir très tard sur la 6ème chaîne.
C'est sans doute le meilleur des films de la réalisatrice que j'aie vus.
chaos.jpgLe destin de  cette  adolescente algérienne, intelligente et voulant faire des études, mais se terminant dans le drame en raison du poids des traditions de sa communauté,   est  la   parabole tragique, exemplaire et exacerbée de la condition feminine en général et met à nu l'oppression soft des autres femmes qu'elle rencontre. Vendue par son père à un homme bien plus âgé,  elle dot être mariée de force lors d'un voyage programmé au bled,. Elle s'échappe avant de monter sur le bateau et se trouve prise en main par un réseau de prostitution. Dès lors, toute son énergie et intelligence seront mises au service de son désir d'évasion et de vengeance envers les souteneurs.
La haine qu'elle voue à ceux qui l'ont réduite en esclavage, envers son père, ses frères, l'islam, le poids des traditions qui confinent les filles à un rôle d'esclaves domestiques aux service des hommes, lui permet aussi de faire prendre conscience aux femmes européennes qu'elle rencontre, qu' elles aussi sont victimes d'une oppression soft. Au nom de ces femmes, qui l'ont aidée et lui ont témoigné pour la première fois dans sa vie une empathie réelle, elle se venge à leur place du mari et des fils qu'elles ont engendrés, qui les traitent comme des boniches et ne leur montrent aucune tendresse.
Par delà la haine, que la prostituée exprime avec une violence inouie dans ses actes et ses paroles contre sa communauté et les structures mentales archaïques des mâles qui la composent, et qui sont à l'oeuvre également dans le monde occidental d'une manière plus déguisée mais non moins réelle, il y a aussi une prise de conscience, chez cette damnée de la terre par excellence,  de la solidarité qui unit toutes les femmes.
En séduisant le fils et le mari de la bourgeoise qui l'a aidée, elle aide sa bienfaitrice à prendre conscience qu'elle aussi doit se libérer des chaînes invisibles de la condition féminine.
Il est vrai que le film est parfois un peu outré et peu crédible, utopique comme le sont la plupart des films de la réalisatrice, mais comme dans toute oeuvre d'art, il faut accepter certaines conventions et voir l'essentiel, qui est ici dans le message de solidarité entre toutes les femmes et surtout dans la dénonciation féroce, sans complaisance - et pour une fois enfin, dénuée d'angélisme, de toute crainte du  politiquement incorrect et du négationisme larvé d'une partie la gauche progressiste envers le fondamentalisme culturel et sexuel de l'Islam quotidien prévalant dans nos cités - du machisme de la communauté musulmane et de son "totalitarisme ordinaire" très proche en définitive de l'idéologie des mafieux qui ont séquestré l'héroine. Ce rejet du fascisme vert domestique (pas seulement de l'intégrisme fondamentaliste...) est ici total. Il est exprimé avec une force et une lucidité impitoyables par le personnage principal dans la scène où la prostituée ayant échappé à ses tortionnaires tente au bas de l'HLM, de convaincre sa soeur de passer son bac, de quitter le cachot familial et de la suivre.
Plus impitoyable encore si cela se peut : A la fin du film, au moment où l'ancienne prostituée résussit à convaincre sa soeur de ne pas aller en Algérie pour être mariée par son père, ce dernier lui dit : "Je te donne ma malédiction"
La réplique est terrible, cinglante et définitive et résume le sort réservé aux femmes dans l'immense majorité des sociétés patriarchales archaïques :  "C'est bien la seule chose que tu m'aies donnée..." 

Ce rejet de l'oppression faite aux femmes dans les cités va de pair avec la dénonciation (plus implicite il est vrai...il n'y a pas parallellisme exact) du machisme plus "soft" mais bien réel de notre société, qui elle au moins est capable (et en celà demeure démocratique..) de se remettre en question et d'évoluer, ne serait-ce que très progressivement et superficiellement, comme le font la bourgeoise incarnée par Frot et dans une moindre mesure aussi son fils et son mari.
Concernant les hommes, il me semble - mais peut-être me trompé-je, lisant dans le film ce que la réalisatrice n'a pas voulu y mettre car voulant croire que nous ne sommes pas tous intrinsèquement mauvais - qu'ils peuvent être capables d'amour désintéressé et altruiste : le vieil homme léguant sa fortune à la prostituée, le mari et le fils de l'avocate qui, à mon avis, ne sont pas simplement flattés dans leur ego par l'intérêt simulé de la prostituée à leur encontre mais que l'on sent  (ou est-ce ma libido masculine qui fantasme ?)  comme touchés par la grâce de l'amour qu'ils éprouvent envers cette femme, amour sincère et qui résiste aux révélations de celle qui les a séduits pour se venger de tous les mâles.
Haine féroce donc de la société patriarchale, orientale et européenne, pessimisme quasi absolu quant à la possibilité de relations vraies entre hommes et femmes (si l'on ne voit pas, comme je veux le croire, la possibilité de rédemption de certains personnages masculins), mais aussi amour envers les femmes opprimées, solidarité instinctive, tripale... envers toutes les femmes. L'héroine ne se contente pas de régler ses comptes : avec le réseau de prostitution qui l'a exploitée, avec sa famille qu'elle inonde de cadeaux, de gadgets stupides, afin de les amadouer pour pouvoir rencontrer sa soeur et lui montrer que leur pulsion de consommation stupide leur fait vite oublier l'affront commis à l'encontre de leur honneur de mâles par l'insoumise et l'emporte sur les valeurs musulmanes qu'ils invoquent  pour soumettre leurs filles et soeurs. Elle tente en vain, dans la scène du HLM évoquée ci-dessus, de convaincre sa cadette de ne pas se laisser duper par le sentiment de devoir qui l'empêche encore de se sauver et de prendre en main son destin. Elle aide aussi sa compagne d'infortune prostituée à se libérer, mais également l'avocate qui s'est intéressée à son sort et la belle mère de celle ci, à prendre des distances envers les hommes de leur famille.
La scène finale, montrant les quatre femmes sur un banc, regard dirigé vers la mer (donc vers un avenir sans entraves, sans les clôtures ou barbelés séparant les êtres humains sur terre ?) veut-elle symboliser la communauté de destin profonde qui les unit au delà de leurs différences sociales et culturelles?
Je le crois.

Je n'avais jamais vu ce film, étant, au moment de sa sortie, en poste dansune île du pacifique-sud où les cinémas locaux ne le programmaient pas. En le voyant hier à la télé sur le cable, je m'interrogeais sur la complexité foisonnante de l'intrigue et pressentais que le scénario devait être tiré d'une oeuvre romanesque importante. Après une recherche sur le net, j'ai découvert que le film était tiré du roman d'un auteur canadien que je ne connaissais pas. Cet écrivain , Michael Ondaatje, est  d'origine Sri Lankaise (d'où, mais c'est bien sûr, le Sikh au turban....). Il étudia et vécu en Angleterre avant d'émigrer au Canada et de devenir citoyen canadien. Le livre obtint en 1996 l'équivalent du Goncourt, le Booker prize, attribué à un roman écrit en anglais, ceci quelle que soit la nationalité de son auteur. Ondaatje est également lauréat du Médicis pour "le fantôme d'Amil. Ci-dessous un lien vers une page web qui lui est consacrée :

http://www.thecanadianencyclopedia.com/index.cfm?PgNm=TCE&Params=F1ARTF0005927

Comme chez nous, mais plus que chez nous je crois, la littérature de langue anglaise s'enrichit des apports d'écrivains issus de ses anciennes colonies ou territoires. Rushdie avait obtenu également le Booker Prirze en 1978 avec ses enfants de minuit. Naipaul et Derek Walcot, des écrivains originaires des caraibes (le premier d'origine indienne lui aussi) ont été tous deux couronnés par le Nobel. Hanif Kureishi est l'auteur du très connu "Bouddah de banlieue" et d'un livre qui inspira Stephen Frears pour sa "Beautiful launderette", Ishiguro, d'origine japonaise, obtint également le Booker pour  "les vestiges du jour" qui fut porté à l'écran avec Anthony Hopkins et Emma Thompson dans les rôles principaux. Il faudrait aussi mentionner les sud Africains, les australiens, et le neo-Zélandais d'origine maori, Alan Duff, qui commit  "Once were warriors" (l'âme des guerriers) lui aussi porté à l'écran. Et je vous rappelle, la petite dernière dont je vous ai parlé dans un article précédent, la petite anglaise d'origine jamaicaine Zadie Smith,  qui donne la parole à des héros "issus de l'immigration" comme on dit chez nous.

Si vous vous intérressez à ce type de littérature (de langue anglaise aussi bien que française) , le lien ci-dessous vous en apprendra plus sur la question :

http://etonnantsvoyageurs.blogspirit.com/world_fiction/

Ce que j'ai lu sur le net au sujet du film en rapport avec le roman, aussi bien en français qu'en anglais, me donne envie de découvrir l'oeuvre écrite, la plupart des commentaires soulignant comme c'est très souvent le cas en la matière, la supériorité du livre pour ce qui est de la complexité des personnages, la critique sociale des rapports humains dans l'empire colonial britannique, qui est seulement évoquée lorsque le Sikh parle de son compagnon de guerre avec lequel il a partagé tant d'épreuves mais n'a jamais eu d'échanges intimes ou complices leur permettant de partager l'amour de la culture anglaise tant admirée pourtant par le Sikh, fût-ce sur le maniement d'une batte de cricket ou les diverses qualité de thé. Les critiques regrettent notamment que le sapeur Sikh soit devenu un protagosniste mineur alors qu'il est, dans le roman (et on peut s'en douter eu égard aux origines de l'auteur) le sésame permettant de comprendre les autres. Les commentaires déplorent également que la durée (pourtant conséquente du film) ne suffise pas à développer les intrigues secondaires justifiant l'apparition trop fugace de certains personnages qui ont plus de densité à l'écrit

Je ne peux dire ce qu'il en est de l'adaptation à l'écran par rapport à l'original, mais je reconnais avoir été pris par l'intrique parfois un peu (beaucoup ?) à l'eau de rose, surtout dans sa partie egypto-saharienne, par ces destins parallèles qui se croisent et se rencontrent dans des circonstances improbables, par cet hymne à la paix et cette condamnation de la guerre qui met fin à la collaboration de scientifques de pays différents recherchant des fresques dans le désert, par l'humanité du personnage de Juliette Binoche, échappant à la guerre et essayant d'oublier les êtres chers qu'elle vient de perdre, en soignant son patient mourant dans une demeure toscane abandonnée et en redécouvrant l'amour auprès d'un beau lieutenant hindou qui risque sa vie quotidiennement en désamorçant les mines ennemies. Ajoutons que pour une fois et c'est bien sympa, Kristine Scott Thomas fait une prestation très sexy et que l'acteur qui joue le rôle du comte hongrois (celui qui était le chef nazi diabolique du camp de la mort dans la liste de Schindler de Spielberg) a toujours un regard teutonique dévastateur, de beau ténébreux et mystérieux, qui devrait plaire aux dames...

Même si le désert n'est pas aussi bien filmé que dans Lawrende d'Arabie, et même si le réalisateur se la joue un peu "Out of Africa" dans les plans de survol des dunes en coucous bimoteurs, la  photographie est très belle. La scène de l'église est superbe. Juliette Binoche y découvre les fresques d'une église de Toscane à la lumière d'une torche, hissée à la hauteur de ces fresques et se balançant en une apesanteur aléatoire et poétique au milieu de ces tableaux menacés de la culture européenne, redécouverts, rendus à la lumière à la fin de la guerre par un hindou enturbanné amoureux et pétri de cette culture, et grâce à une corde que le futur amant Sikh de l'infirmière lui a attachée autour de la taille. Il me plait de comprendre cette scène comme symbolisant la fin prochaine, annoncée, de la barbarie et le retour aux lumières de la civilisation européenne qui a bien failli disparaître du fait de  la négation même, par la folie nazie, des valeurs humanistes de cette civilisation européenne. Et c'est un étranger  cultivé du sous continent indien (Ondaatje ? Sans doute ...) qui fait ici redécouvrir à la petite canadienne ces lambeaux fragiles de culture occidentale, lui redonnant  ainsi du même coup, espoir en l'avenir, envie de vivre et de se donner à un autre homme.

L'intrigue amoureuse entre le comte hongrois et la riche anglaise est un peu trop classique et hollywoodienne, et l'on pressent que celle qui nait entre l'infirmière et le Sikh doit avoir une place beaucoup plus importante dans le livre. On eût aimé qu'elle ne fût point reléguée à un rôle un peu subalterne à mon goût dans l'adaptation à l'écran.

Une raison de plus pour découvrir cet auteur et lire le bouquin.......

Raison de plus pour

J'ai revu Woodstock hier soir à la télé, sur Arte, ou plutôt j'ai zappé assez régulièrement sur le film à des moments où, connaissant bien le film pour l'avoir vu de nombreuses fois, je savais que je risquais d'entendre, au moment où je "rezappais "sur Arte,  une chanson ou un groupe que j'avais appréciés et que j'aime encore entendre : Parmi ces tubes, j'ai eu grand plaisir à réentendre les prestations de Santana, de Jimmy Hendrix dans son "star & spangled banner" (hymne national US)  imitant les bombardements sur le Vietnam, Richie Havens et sa guitare sèche dans le formidable "Freedom", Country Joe Mac Donald et son hymne anti guerre : "Give me an f, give me a u, give me  a c, give me a K => Fuck, et d'entonner : And it's one two three, what are we fighting for, don't ask me I don't give a damm, next stop is Vietnam, and it's five six seven, open up the pearly gates, well ain't no time to wonder why, we're all gonna die (Pour les non anglicistes : Et 1,2,3 pourquoi est-ce qu'on s'bat ? Me d'mande pas, j'en ai rien à fout', tout l'monde descend au prochain arrêt : Vietnam.. Et c'est 5,6,7 ouvrez lesportes du paradis, ouais, bon c'est pas l'moment de s'poser des questions, on va tous y passer...".

Le film est assez bien fait, pas manichéen ni dans un sens ni dans l'autre. Bien que visiblement empathique à l'égard de la foule et du mouvement, le micro est tendu à des fermiers du coin, qui vivent l'évènement comme un envahissement de hordes barbares, ayant saccagé leurs champs et ruiné la collecte de lait pour plusieurs semaines, bloqué routes, téléphone et communications par la route dans la zone qui a été déclarée sinistrée dans tout le district pour des raisons de sécurité et d'approvisonnement des participants, sans que ces humbles travailleurs de la terre dont se disent solidaires les jeunes présents au festival et qui seraient sans doute sincèrement désolés d'apprendre les effets pervers de leur rassemblement festif,  puissent espérer être indemnisés par les organisateurs ou les autorités. D'autres membres de la communauté (y compris le chef de la police locale) communient de manière improbable dans un bel oeucuménisme oncle-samien avec ces "kids", qui selon eux se comportent bien, ne sont pas violents et sont de bons  citoyens américains".  De leurs côté, les "gamins" en question découvrent que les forces de l'ordre ne sont pas tous des SS comme on chantait ici dans les manifs, que le grand happening aurait pu se transformer en catastrophe sanitaire et humanitaire sans l'aide de la police. En même temps un montage efficace, nous prémunit contre une interprétation univoque et simpliste de la ronde des hélicoptères de l'armée siifflés par la foule qui les voit majoritairement comme des insectes bigbrothériens chargés de surveiller la révolution en marche. D'autres plans, et le commentaire, nous informent qu'ils sont surtout là pour évacuer malades et victimes des drogues frelâtés vendues par de "gentils" dealers pas si gentils que ça et pour transporter près de la scène les idoles des jeunes adulés par le public et venus distraire l'immense marée humaine ayant bloqué tous les accès routiers au site. Ce n'est pas un adulte responsable et cravaté qui le dit, c'est Arlo Guthrie (le chanteur), qui se prend pour bison fûté et l'annonce fièrement  au micro : "New- York interstate thruway's closed man" (l'autoroute principale traversant l'état de New York est fermée..)

Certains participants sont d'ailleurs conscients que tout n'est pas aussi manichéen qu'il y parait, que la police et l'armée ont eu, en l'occurence, un rôle "globalement positif." comme dirait notre Georges Marchais national en parlant du bilan de l'URSS. Même Arlo Guthrie dont il vient dêtre question (le fils de Woodie, celui qui fut le chantre des chômeurs de la grande dépression des années trente). pourtant peu suspect de sympathie à l'égard de ceux que les jeunes appellent des "pigs", Arlo Guthrie donc,  venu chanter son fameux "Comin' into Los Angeles, bringin' in a couple of keys, don't search my bag if you please, Mr custom man.." chanson dans laquelle il fait l'apologie de la défonce en avion et de l'introduction de drogue aux USA, visiblement complètement stone aussi ce jour là, avoue à la foule, avant sa prestation et de manière amusée, qu'il vient de pactiser avec les forces de répression ayant assuré sa sécurité : "Waoh man, I was just rappin' to the fuzz" (Putain mec, je viens de jacter avec les poulagas  ...)

A plusieurs reprises d'ailleurs les dits poulagas se font applaudir lorsque les organisateurs chevelus et en principe anti-établissement viennent les remercier au micro de leur contribution. On est donc loin d'un combat du bien contre le mal et du radicalisme politique français de mai 68

Sur le plan technique, on peut regretter le tic un peu trop systématique consistant à multiplier les séquences où de doubles fenêtres ou multi fenêtres nous donnent à voir plusieurs vues à la fois.

Etant devenu un vieux con, je ne peux m'empêcher d'être énervé, a posteriori, par la complaisance dégoulinante du commentaire et des gens interrogés à l'égard de la droque (Sur les groupes et musiciens ayant participé, plus de la moitié sont morts d'overdoses. Ceux qui ne le sont pas s'en sont sortis après des années de galère...)

On peut aussi se gausser, et je n'ai pas manqué pas de le faire en revoyant ces images, de l'angélisme parfois benêt des commentaires, de l'idéologie optimiste des participants et de l'équipe de réalisation, et même de certains flics ou responsables locaux auxquels qui en remettent une tartine dans la grand messe et la guimauve consensuelles trahissant les limites politiques du film et du mouvement hippie en général. Les jeunes, ceux auxquels on tend le micro en tout cas, croient naïvement qu'ils sont en train de créer une société plus humaine et fraternelle en train d'émerger, où de gentils organsisateurs et vacanciers passeront leur temps dans des festivals rock, à prendre leur pied, à écouter de la musique en fumant des joints, en batifolant et copulant nus dans les près. Certains parents, convertis  "compagnons de route" du flower power en marche vers un anenir radieux, font l'apologie de cette bellle jeunesse et de ces quelques jours où il n'y aurait eu, selon eux et le slogan répété jusqu'à satiété par la société du spectacle par la suite, que  "de la joie et de la musique".

Tu parles... Certes le film, je l'ai dit, n'est pas tout a fait naïf et ne tombe pas dans le panneau de angélisme mediatique construit sur le tas par l'idéologie dominante, qui commençe sous nos yeux à rôder son futur discours pour récupérer l'évènement avant même qu'il soit terminé:

- On montre des hippies bien commerçants qui ne perdent pas le nord et en bons Américains, n'ont pas oublié en venant les fondamentaux de la société de consommation honnie, de l'économie de marché et les lois de l'offre et de la demande, et se font des couilles en or en vendant à des prix sans doute très intéresants pour leur porte-monaie des cartouches de cigarettes qu'ils ont eu la bonne idée d'emmener avec eux, (ceci sans doute pas dans un élan totalement altruiste et à la seule fin d'approvisionner les camarades hippies en manque de nicotine).

- On apprend qu'il y a eu quelques overdoses mortelles et des gens piétinés. Les organisateurs préviennent au micro qu'un acide dangereux circule, mais, en bon libertaires qu'ils sont, ne condamnent pas les dealers et bottent en touche en laissant aux intéressés leur "libre arbitre" de futur junkies.

- Le film se clôt par une vision d'apocalypse du terrain dévasté (peut-être le champ du fermier qui se plaignait des dégats causés sur son exploitaiton par cette marée humaine incontrôlée) et parsemé d'ordures que les gentils participants ont abandonnées. Un volontaire bien esseulé , visiblement pas un éboueur professionel, tente de déblayer maladroitement quelques couvertures et détritus, de crainte que ces images de décharge municipale ne soient utilisées pour dénigrer le mouvement. Une personne interrogée déclare, en guise d'excuse  "Là où il y a des hommes, il y a des ordures". Les écologiqtes d'aujourd'hui apprécieront... Mais il est vrai que le mouvement vert n'existait pas encore...

Mais ce qui énerve le plus le vieux con aigri et incrédule, empêcheur-de-jouir-et-de-s'éclater-en-rond que je suis devenu, c'est la récupération du mouvement par la société du spectacle , qui quarante ans après et même sur Arte ayant diffusé le film dans le cadre d'une semaine thématique, ne retient principalement de cette période que les manifestations superficielles liées à la mode, à la musique, à la libération sexuelle... qui arrivées à Paris et adoptées par de jeunes post-yéyés, étaient vidées de leur message contestataire par la grande machine à broyer les utopies dans sa moulinette mediatico-publicitaire  regurgitant tout cela en un discours soft et aseptisé, une bouillie consensuelle, compréhensible par tous et acceptable pour le plus grand nombre. Les paroles des chansons n'étaient de toutes façons pas comprises par la majorité de ceux qui, en France les fredonnaient. Elles devenaient  rapidement de simples tubes de boites de nuit pour petits bourgeois branchés en rebellion contre leurs parents. Il n'est qu'à voir, par exemple, ce que les media ont retenu de certaines chanson d'un des Beatles, John Lennon, qui n'était pas à Woodstock, mais qui n'aurait pas  détoné dans le contexte : On n'a retenu de "Imagine", qu'on appel à la paix et à l'amour, alors que ce "tube" planétaire invitait aussi, au-delà d'un idéalisme utopique à deux balles, à la contruction d'une société où la propriété privée, où les religions..... auraient disparu '"Imagine no possessions...ans no religion too". Que dire également de son "Working class hero", qui fut presque totalement occulté par les radios, même quelques années après, et dont les paroles sont d'une violence inouie envers le capitalisme et l'abrutissement des masses par les media...Si vous n'êtes pas convaincus, réécoutez la chanson, vous verrez......Mais finalement peut-être me trompé-je... Lennon n'aurait sans doute pas eu sa place dans cette grand messe somme toute assez .... patriotique, avec drapeaux américains brandis fièrement par beaucoup de jeunes "contestaires" ne remettant pas fondamentalement en cause les fondements économiques et sociaux politiques yankees, mais seulement ses errements supposés par rapport aux rèves des pères fondateurs.

Enfin, last but not least, cette plongée rétrospective dans une époque que j'ai vécue alockrs que je n'étais déjà plus un adolescent boutonneux et que j'avais vécu quelques expériences qui me prémunissaient contre une confiance absolue en la bonté naturelle de l'Homme et ses potentialités altruistes dans une société devenue enfin égalitaire, m'inspire les réflexions suivantes, bien pessimistes il est vrai, mais c'est comme ça .......même si je dois être considéré comme un "nouveau réac" et plomber l'ambiance chez les camarades qui veulent encore croire aux utopies égalitaristes :

- Le mouvement hippie était généreux certes. Toutefois je ne pense pas, comme le voudraient généralement les émissions et la littérature consacrées à cette période et les sectateurs du mouvement,  qu'il ait transformé en profondeur les habitus sociaux. à l'échelle de la société ou du monde. 

- Pour le meilleur, il a pu aider des individus et de petites communautés restreintes, et ceci pour un temps éphémère, à se libérer des chaines psychologiques et idéologiques qui obsucrcissaient leur paysage mental. Il a pu même transformer parfois durablement et en profondeur la vie et la weltanschauung d'individus et de petites communautés militantes ayant choisi un retour à la terre et le refus de la société de consommation.

- Pour le pire, il a malheureusement aussi pesé sur la destinée de ceux qui sont devenus terroristes ou sont morts de la consommation de drogues censées libérer leur cerveau et permettre la révolution.

- Mais il n'a pas débouché sur la révolution sociale, morale et surtout globale attendue.

Les orgasmes collectifs, les moments de l'histoire où tout semble possible, ou le monde semble basculer dans une vague de générosité annonçant un avenir radieux et une impossibilité de revenir à la grisaille égoiste ayant prévalu jusqu'alors (nuit d'aboliton des privilèges, mai 68, révolution orange à l'Ukrainienne plus récemment..- complétez vous-mêmes.......) comme les histoires d'amours, et ainsi que le dit la chanson, "finissent mal ......en général. " Ou plutôt, ils se terminent, ne durent pas, ne peuvent être que des moments fulgurants mais subliminaux, (peut-être nécessaires... encore que...certains pays n'en n'ont pas connus et ne s'en portent pas plus mal)  bien vite engloutis dans la durée du temps de l'histoire, emportés par les nécessités quotidenne de la vie : Il faut se nourrir, élever ses enfants, tenter de négocier son parcours sur terre de manière pas trop douloureuse.....

- Une note optimiste enfin, mais non angélique : il faut bien reconnaître à cet orgasme collectif là - le mouvement hippie, comme mai 68 et les autres "révolutions"  des classes moyennes  dans des pays à institutions démocratiques solidement installées - Je ne parle pas de celles initiées par les "masses" décrites par Hannah Arendt,  qui ont porté les deux grands totalitarismes du vingtième siècle au pouvoir - qu'il ne s'est pas terminé, comme d'autres,  dans l'horreur, comme dans des pays où les "grands soirs fraternels" ont eu des conséquences....pas vraiment ......subliminales... : URSS, Chine, Cambodge, Corée du Nord, Iran où les moudjahiddines du peuple et autres jeunes gens généreux. qui voulaient simpllement et d'abord en terminer avec la dictature du Shah en soutenant, dans un premier temps croyaient-ils, le mouvement radical qui semblait le plus capable d'atteindre leur objectif prioritaire......  en ont pris pour un sacré bail... surtout les femmes..........

 

La vie des autres est avant tout un  film  sur le totalitarisme, plus particulièrement sur la forme de totalitarisme post stalinien qui a continué à fonctionner en allemagne de l'Est jusqu'à  la chute du mur, alors même que le "grand pays frère", l'URSS, était passé à la prestroïka et à la glasnost, et que l'on ne persécutait et surveillait plus vraiment les opposants à Moscou.
Pour bien comprendre le système qui est décrit admirablement dans le film, il est nécessaire de rappeler quelques thèses et concepts crées et soutenus par Hannah Arendt, une philosphe juive allemande exilée aux USA, dans sont ouvrage, "Le système totalitaire".
Le réalisateur du film, qui est allemand, ne peut pas méconnaître l'ouvrage de Arendt et sans en être absoument sûr, je suis prêt  faire le pari qu'il n'a pas pu ne pas penser à l'ouvrage de Hannah Arendt et notamment au concept de "désolation" qu'elle présente comme une expérience humaine fondamentale, constitutive du totalitarisme, et qui trouve là une illustration particulièrement brillante dans la fiction telle qu'elle est filmée.

Dans son ouvrage, Arendt avance une thèse originale, réfutée bien sûr par le camp communiste , mais également par les démocraties, selon laquelle le totalitarisme constitue une rupture radicale avec tous les régimes possibles ou ayant existé, et en particulier ceux qui peuvent en être rapprochés, qu’ils soient despotiques, tyranniques ou dictatoriaux.
Elle trace un parallèle entre le nazisme et le communisme, faisant de ces deux régimes des systèmes étrangement semblables au-delà de leurs différences, dépassant qualitativement dans l'horreur les tyrannies, despotismes et dictatures du passé.
Pour elle le fascisme italien, par exemple, le régime chinois (mais elle n'avait pas connu encore  la révolution culturelle) n'étaient pas de nature totalitaire au sens où elle l'entendait...
Même le régime stalinien, pendant la guerre, aurait cessé provisoirement d'être "totalitaire" au sens arendtien, pour reprendre de plus belle une fois le danger extérieur éliminé.
D'ailleurs, pour elle, contrairement à toutes les thèses néo-staliniennes selon lesquelles ces régimes (la révolution française y compris, voir l'historien Soboul) se durcissent pour des raisons exogènes, sous la pression du danger d'invasion du territoire national, la terreur absolue et les massacres de masse, caractéristiques des deux totalitarismes, ne peut se déployer pleinement que lorsque toute opposition intérieure et tout danger extérieur sont éliminés....

Selon elle, sur le plan psychologique et personnel, l'essence du totalitarisme se caractérise par un certain type d'expérience humaine fondamentale, qui lui est constitutive,  la désolation.
La désolation est bien plus que l'isolement, le repli sur la vie privée consécutif à la destruction de la sphère publique, dû à l'interdiction des syndicats, des partis politiques et lieux de débats démocratiques dans un régime dictatorial "simple".
Elle est la privation de  l’expérience du moi lui-même dès lors que la vie privée également se trouve détruite.
Ce sentiment d'aliénation absolue dès lors que l'on peut craindre une dénonciation par ses amis, collègues et être chers, ce sentiment d'être seul au monde, abandonné,  tel que certains individus seulement  peuvent l'éprouver, dans la disparition soudaine de toute leur  famille et de leurs proches, ou sous l'effet d'une extrême hostilité de la société envers soi, qui n'est vécu habituellement que par une minorité d'êtres , devient l'expérience fondamentale de tous sous le totalitarisme.
Dans la RDA, il n'y a plus d'extermination de masse des opposants, de camps de la mort, de déportation massive comme sous Staline ou Hitler.
La terreur absolue du Stalisnisme et du nazisme a disparu, mais demeure cette expérience ultime de désolation, qui nous autorise à dire que le régime reste fondamentalement totalitaire au sens aredntien du terme, ceci malgré une certaine "normalisation".  Les héros vivent au plus profond ce sentiment d'être abandonné par tous, de ne plus pouvoir tisser aucune solidarité, même au sein des couples. Chacun sait trop bien qu'il peut être un jour amené à collaborer, à devenir un "informateur" de la police secrète.
Curieusement, dans le film, c'est l'agent diabolique de la stasi, chargé de surveiller un dramaturge pourtant bien "dans la ligne" et sa maîtresse, une actrice elle aussi très othodoxe politiquement, qui ressent le plus ce sentiment de "désolation" dont je parle plus haut. 
On le perçoit très bien lorsque, rentrant seul dans son immeuble pour la nomenklatura privilégiée, il fait venir une prostituée spécialisée dans les rendez-vous avec les cadres. Cette dernière, ayant accompli le minimum syndical refuse de lui accorder quelques secondes de tendresse et s'en va rejoindre ses autres clients.
Pendant les jours qui précèdent et ceux qui suivent cet incident déclencheur; le tournant du film en fait, les deux amants sous écoute montrent à celui qui les surveille et tient leur destinée entre ses mains, qu'ils sont mieux lotis que lui, moins aliénés, par le sentiment qui les lie.
En effet, bien que l'actrice soit obligée de devenir la maîtresse d'un ministre et lui promette de dénoncer son amant  pour éviter de perdre son statut d'actrice officielle de l'état, bien que son amant sache qu'il est trompé t se méfie de sa partenaire, les deux suspects éprouvent l'un pour l'autre un réelle sentiment de tendresse que leur bourreau est bien obligé de constater. se met à les envier, lui qui ne vivra sans doute jamais une telle relation, qui lui permettrait d'échapper, fût-ce de manière très fugitive à l'étau d'airain du régime.
C'est alors que vaincu par la grâce de cette relation échappant à l'étreinte totalitaire, il décide de falsifier ses rapports, de taire les sympahties que les deux suspects partagent avec des opposants inquiétés, et qu'il décide de les protéger en mentant à ses supérieurs à leur sujet.
Je n'en dis pas plus car je ne veux pas vous priver du plaisir de découvrir vous-même le dénouement de cette intrigue très bien ficelée.

La machine infernale se grippe donc, se détraque de l'intérieur, elle est  terrassée par sa propre inhumanité et son incapacité à apporter aux citoyens, même à ceux qu'elle privilégie, aussi bien les biens matériels auxquels ils aspirent que ce besoin fondamental de solidarité et d'échanges authentiques dans une cité composées de citoyens libres et égaux, ce qui est le fondement de la condition humaine selon Arendt.

Après le très beau "Good bye Lenine, qui n'était pas dépourvu d'une certaine nostalgie pour la
RDA, un deuxième réalisateur allemand signe là son premier long métrage, qui nous peint une allemagne de l'est beaucoup plus noire et féroce..

Si vous voulez en savoir plus sur les écrits de Arendt sur le totalitarisme, consultez le lien suivant, qui vous conduira vers un article succinct mais très bien fait.

=> http://www.inrp.fr/archives/mem_hist/lecture/arendt.pdf

Une critique du film sur Le Monde => http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3476,36-861418,0.html

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