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10 mars 2010 3 10 /03 /mars /2010 10:31

mercredi 10 mars 2010

soweto.jpg
L'autre jour, France 2 avait programmé un excellent reportage sur l'Afrique du Sud, dans le cadre de la future coupe du monde de football.
Cette émission m'a confirmé que le film et le livre Disgrâce de Goetze, prix Nobel de littérature,  dont je parlais dans mon précédent article sur ce blog, sont certainement plus proches de la réalité que le film de Clint Easwood : Invictus.
J'ai été abasourdi d'entendre des noirs pauvres regretter l'apartheid au motif qu'il était plus facile de trouver du travail avant.......
Je ne révais pas, ce n'était pas les blancs déclassés que l'on voit dans le documentaire mendier dans la rue qui disaient cela, mais des noirs de Soweto n'ayant pas profité du nouveau régime et envieux de la réussite de ceux de leur communauté ayant réussi à monter dans l'ascenseur social .......
Certes, la plupart des noirs interrogés ne regrettaient pas le passé, mais beaucoup disaient que la fin du régime raciste n'avait pas changé grand chose à leur situation économique et sociale.

J'ai toujours du mal à entendre des gens regretter les dictatures les plus sanglantes.
Il y a malheureusement des nostalgiques des pouvoirs forts partout, des "ostalgiques" de la RDA en Allemagne, des archeo communistes en Russie, et bien sûr des jeunes gens rêvant d'un quatrième Reich.
Et chaque fois, pour ceux qui craignent la précarité plus que toute autre chose, c'est l'aspiration à un travail stable, à un statut ressemblant à celui des fonctionnaires, qui semble être plus important que la liberté obtenue après la chute de la dictature.
Effectivement, la démocratie (qui va avec l'économie de marché, bien que cette dernière puisse très bien s'accommoder de la dictature...) comporte cet inconvénient majeur, par rapport aux régimes communistes du passé, de ne pouvoir assurer un salaire aux travailleurs, de ne pas leur promettre qu'il pourront continuer à produire des marchandises dont personne ne veut, car trop chères ou technologiquement obsolètes.
Il y a aussi, chez nous, une partie de la classe ouvière et des chômeurs qui seraient prêts à troquer la liberté (dont ils ne font pas toujours un excellent usage..) contre un pouvoir fort leur assurant un travail à vie et leur promettant de punir ceux qui les avaient licenciés ou avaient participé à leur exploitation ou à leur licenciement : les patrons, les cadres, les politiques (qui sont tous pourris évidemment...) et bien sûr toute la cohorte de "collabos" ayant (si j'en crois ce que j'entends de plus en plus dans la rue, aux comptoirs et parfois sur les plateaux de télévision dans la bouche d'intellectuels..) vendu leur âme aux actionnaires, à la mondialisation, au libéralisme, ce nouveau nom nom par lequel on désigne désormais le capitalisme......

Prenons garde qu'à la faveur de la crise, les nouvaux prophètes (de tous bords..) n'instrumentalisent la colère des laissés pour compte de l'économie de marché pour parvenir à leurs fins...

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