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14 mars 2010 7 14 /03 /mars /2010 17:31

J'en ai un peu assez de l'utilisation faite des propos volés aux politiciens dans des vidéos filmées avec des téléphones portables et diffusées sur le net comme si les paroles de l'intéressé étaient à prendre au premier degré.
Ces lynchages médiatiques s'en prennent à tout le monde, de Heurtefeux à Manuel Walls, en passant par Frèche. Les gens les moins soupçonnables de pensées impures ne sont pas à l'abri d'une excommunication précédée d'un procès en sorcellerie où les principales (et parfois uniques) pièces à conviction sont quelques phrases ou mots maladroits, détachés le plus souvent de leur contexte, ayant échappé à la  vigilance de l'accusé, qui croyait pouvoir se relâcher un instant en ne voyant plus la forêt de caméras traquant ses moindres sourires ou grimaces pour les jeter en pâture à tous ceux qui sont plus friands des petites faiblesses des grands de ce monde que du contenu véritable de leur pensée .....
 
De plus, si la gouaille populaire ne peut plus s'exprimer à travers les quelques embardées des représentants du peuple s'exprimant parfois comme leurs électeurs, si cette gouaille est censurée par la chappe de plomb de la bienpensance, si les discours publics sont régis par une "novlangue" telle que celle décrite dans le 1984 d'Orwell, une "novlangue" bureaucratique aseptisée, certifiée conforme par l'idéologie dominante et le politiquement correct, alors il y a fort à parier que le petit peuple, se sentant dépossédé de ses modes d'expressions spontanés par "ceux de la haute", s'exprime dans les urnes de façon négative et contraire aux meilleures intentions des censeurs.
Je pense personnellement que les dérapages éventuels de cette gouaille  et du bon sens populaire sont moins dangereux pour la démocratie que la surveillance tatillonne des discours qui s'exerce aujourd'hui encore plus qu'avant à travers des nouveaux moyens de communication, qui deviennent les auxiliaires zélés de la nouvelle police de la pensée. Comme dans 1984, Big brother nous surveille désormais jusque dans notre chambre à coucher. Personne n'échappe à ses écrans de contrôle, qui ne sont pas seulement dans les caméras placées dans certaines villes, mais dans le téléphone portable de monsieur tout le monde.
Cette gouaille des comptoirs est au contraire, toujours à mon avis, le prix à payer d'une démocratie dynamique, comme le sont les blagues de mauvais goût que commettent parfois des comiques. Je ne parle pas ici de Dieudonné, qui lui n'a pas commis un simple dérapage et persiste et signe dans l'antisémitisme avec constance et obstination. 
De plus, cette gouaille salutaire s'exprimant dans les brèves de comptoir et les blagues d'un goût que les "prout prout ma chère" de tous poils, rêvant à un peuple bien élevé qui n'existe que dans leurs fantasmes, considèrent comme douteux, je la considère comme  le meilleur antidote contre la langue de bois déconnectée du réel et des problèmes que vivent concrètement les gens. Certains sociologues très sérieux, ayant analysé les blagues circulant dans les pays communistes, en ont conclut que ces histoires décrivaient la situation des gens (et celle du pays !!) bien mieux que la presse officielle. Beaucoup de ces historiens s'étant penchés sur l'histoire des pays communistes, ont pensé et écrit que ces blagues et la gouaille qui va avec, sont le seul exutoire permettant aux citoyens de pays totalitaires de survivre ou de ne pas sombrer dans la folie.
Je persiste à penser que nous ne sommes pas un pays totalitaire, n'en déplaise à certains qui veulent se faire peur et s'en persuader, mais je constate que nous nous plaignons sans cesse de cette langue de bois soporifique à souhait, tout en la provoquant en faisant sans cesse des procès d'intention aux gens qui sont amenés à s'exprimer publiquement, en raison de leurs responsabilités. Il faut savoir ce que l'on veut !!!!
 

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