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27 août 2007 1 27 /08 /août /2007 10:40

Je n'avais jamais vu ce film, étant, au moment de sa sortie, en poste dansune île du pacifique-sud où les cinémas locaux ne le programmaient pas. En le voyant hier à la télé sur le cable, je m'interrogeais sur la complexité foisonnante de l'intrigue et pressentais que le scénario devait être tiré d'une oeuvre romanesque importante. Après une recherche sur le net, j'ai découvert que le film était tiré du roman d'un auteur canadien que je ne connaissais pas. Cet écrivain , Michael Ondaatje, est  d'origine Sri Lankaise (d'où, mais c'est bien sûr, le Sikh au turban....). Il étudia et vécu en Angleterre avant d'émigrer au Canada et de devenir citoyen canadien. Le livre obtint en 1996 l'équivalent du Goncourt, le Booker prize, attribué à un roman écrit en anglais, ceci quelle que soit la nationalité de son auteur. Ondaatje est également lauréat du Médicis pour "le fantôme d'Amil. Ci-dessous un lien vers une page web qui lui est consacrée :

http://www.thecanadianencyclopedia.com/index.cfm?PgNm=TCE&Params=F1ARTF0005927

Comme chez nous, mais plus que chez nous je crois, la littérature de langue anglaise s'enrichit des apports d'écrivains issus de ses anciennes colonies ou territoires. Rushdie avait obtenu également le Booker Prirze en 1978 avec ses enfants de minuit. Naipaul et Derek Walcot, des écrivains originaires des caraibes (le premier d'origine indienne lui aussi) ont été tous deux couronnés par le Nobel. Hanif Kureishi est l'auteur du très connu "Bouddah de banlieue" et d'un livre qui inspira Stephen Frears pour sa "Beautiful launderette", Ishiguro, d'origine japonaise, obtint également le Booker pour  "les vestiges du jour" qui fut porté à l'écran avec Anthony Hopkins et Emma Thompson dans les rôles principaux. Il faudrait aussi mentionner les sud Africains, les australiens, et le neo-Zélandais d'origine maori, Alan Duff, qui commit  "Once were warriors" (l'âme des guerriers) lui aussi porté à l'écran. Et je vous rappelle, la petite dernière dont je vous ai parlé dans un article précédent, la petite anglaise d'origine jamaicaine Zadie Smith,  qui donne la parole à des héros "issus de l'immigration" comme on dit chez nous.

Si vous vous intérressez à ce type de littérature (de langue anglaise aussi bien que française) , le lien ci-dessous vous en apprendra plus sur la question :

http://etonnantsvoyageurs.blogspirit.com/world_fiction/

Ce que j'ai lu sur le net au sujet du film en rapport avec le roman, aussi bien en français qu'en anglais, me donne envie de découvrir l'oeuvre écrite, la plupart des commentaires soulignant comme c'est très souvent le cas en la matière, la supériorité du livre pour ce qui est de la complexité des personnages, la critique sociale des rapports humains dans l'empire colonial britannique, qui est seulement évoquée lorsque le Sikh parle de son compagnon de guerre avec lequel il a partagé tant d'épreuves mais n'a jamais eu d'échanges intimes ou complices leur permettant de partager l'amour de la culture anglaise tant admirée pourtant par le Sikh, fût-ce sur le maniement d'une batte de cricket ou les diverses qualité de thé. Les critiques regrettent notamment que le sapeur Sikh soit devenu un protagosniste mineur alors qu'il est, dans le roman (et on peut s'en douter eu égard aux origines de l'auteur) le sésame permettant de comprendre les autres. Les commentaires déplorent également que la durée (pourtant conséquente du film) ne suffise pas à développer les intrigues secondaires justifiant l'apparition trop fugace de certains personnages qui ont plus de densité à l'écrit

Je ne peux dire ce qu'il en est de l'adaptation à l'écran par rapport à l'original, mais je reconnais avoir été pris par l'intrique parfois un peu (beaucoup ?) à l'eau de rose, surtout dans sa partie egypto-saharienne, par ces destins parallèles qui se croisent et se rencontrent dans des circonstances improbables, par cet hymne à la paix et cette condamnation de la guerre qui met fin à la collaboration de scientifques de pays différents recherchant des fresques dans le désert, par l'humanité du personnage de Juliette Binoche, échappant à la guerre et essayant d'oublier les êtres chers qu'elle vient de perdre, en soignant son patient mourant dans une demeure toscane abandonnée et en redécouvrant l'amour auprès d'un beau lieutenant hindou qui risque sa vie quotidiennement en désamorçant les mines ennemies. Ajoutons que pour une fois et c'est bien sympa, Kristine Scott Thomas fait une prestation très sexy et que l'acteur qui joue le rôle du comte hongrois (celui qui était le chef nazi diabolique du camp de la mort dans la liste de Schindler de Spielberg) a toujours un regard teutonique dévastateur, de beau ténébreux et mystérieux, qui devrait plaire aux dames...

Même si le désert n'est pas aussi bien filmé que dans Lawrende d'Arabie, et même si le réalisateur se la joue un peu "Out of Africa" dans les plans de survol des dunes en coucous bimoteurs, la  photographie est très belle. La scène de l'église est superbe. Juliette Binoche y découvre les fresques d'une église de Toscane à la lumière d'une torche, hissée à la hauteur de ces fresques et se balançant en une apesanteur aléatoire et poétique au milieu de ces tableaux menacés de la culture européenne, redécouverts, rendus à la lumière à la fin de la guerre par un hindou enturbanné amoureux et pétri de cette culture, et grâce à une corde que le futur amant Sikh de l'infirmière lui a attachée autour de la taille. Il me plait de comprendre cette scène comme symbolisant la fin prochaine, annoncée, de la barbarie et le retour aux lumières de la civilisation européenne qui a bien failli disparaître du fait de  la négation même, par la folie nazie, des valeurs humanistes de cette civilisation européenne. Et c'est un étranger  cultivé du sous continent indien (Ondaatje ? Sans doute ...) qui fait ici redécouvrir à la petite canadienne ces lambeaux fragiles de culture occidentale, lui redonnant  ainsi du même coup, espoir en l'avenir, envie de vivre et de se donner à un autre homme.

L'intrigue amoureuse entre le comte hongrois et la riche anglaise est un peu trop classique et hollywoodienne, et l'on pressent que celle qui nait entre l'infirmière et le Sikh doit avoir une place beaucoup plus importante dans le livre. On eût aimé qu'elle ne fût point reléguée à un rôle un peu subalterne à mon goût dans l'adaptation à l'écran.

Une raison de plus pour découvrir cet auteur et lire le bouquin.......

Raison de plus pour

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