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10 janvier 2007 3 10 /01 /janvier /2007 11:04
Voici ci-dessous un texte que j'avais écrit il y a quelques années sur la question, en réaction à une discussion que j'avais eue avec un ami,  qui date évidemment un peu, mais qui résume assez bien encore  ma position actuelle sur la situation au moyen orient..

"Ce conflit n'est pas un affrontement entre le bien et le mal. Sharon ne représente certainement pas le bien. Mais on ne me fera pas croire que les palestiniens (en tout cas ceux qui sont derrière le djihad islamique, le hamas et ceux qui apartiennent aux martyres d'el aqsa, organisation liée au Fatah, proche du camp d'Arafat) veulent construire une société démocratique en paix avec l'état d'Israel..
Si les Israéliens avaient en face d'eux d'autres adversaires, Sharon ne serait même pas au pouvoir et la paix serait sans doute signée depuis longtemps.
On commet la même erreur que les américains en Afghanistan, si l'on soutient sans aucun esprit critique les occupés (par les soviétiques à l'époque) sans se préoccuper de savoir ce qu'il feront de leur indépendance.
On ne peut pas faire comme s'il s'agissait d'un simple conflit entre des envahisseurs et des occupés, car la situation n'est pas la même que celle de la France en 1945.
Tous les jours, des Israéliens défilent pour protester contre l'occupation des territoires et la construction du mur.
Où étaient leurs équivalents palestiniens, protestant contre le refus d'Arafat de signer les accords d'oslo ou contre le fait qu'Arafat baisait, il y a peu, le front du vieux sheikh fondamentaliste Yacine liquidé par Tsahal (le même qui déclarait que la Palestine allait de Jérusalem à la mer et qui était le chef d'une organisation voulant instaurer une république islamique).
Je fais remarquer que cette icône palestinienne de la libération nationale n'a pas grand chose à voir avec un Jean Moulin, un De Gaulle ou les fusillés de l'affiche rouge.
Ce qu'Arafat et la plupart des palestiniens (y compris Leila Shahid) considéraient et considèrent encore comme un grand héro ("shahid" = martyr en arabe .....) et un résistant, était le leader d'une organisation qui se débarasserait très vite des progressistes palestiniens bien minoritaires (y-en a -t-il et combien ? On les entend peu ...) pour installer très rapidement un régime comparable à celui de talibans ou de l'Iran.
Que penser également du fait qu'Arafat déclarait devant toutes les cameras occidentales : "Un jour, je le sais, le drapeau palestinien flottera sur Jérusalem..." Notez bien qu'il ne dit pas "sur Jérusalem - Est" mais bien sur Jérusalem " tout court ........
Tout cela n'excuse pas, bien sûr, la politique israélienne actuelle, mais cela devrait faire réfléchir ceux qui, chez nous, absolvent les palestiniens extrémistes (et ils me semblent être plus nombreux que ceux qui ont des sympathies pour les Israéliens extrémistes) au seul motif que la Palestine est occupée par une puissance "étrangère".
On a déjà commis cette erreur au vietnam, au Cambodge, en Afghanistan et j'en passe. Combien de fois faudra-t-il encore assister à des carnages comme ceux du Cambodge pour comprendre que notre soutien aux mouvements de libération devraient être tempéré par une réflexion sur leur projet de société à venir ?
On me dit parfois que le danger prioritaire serait le sentiment anti-arabe, et non le regain d'anti sémitisme que nous avons connu ces derniers temps et qui provient en partie des cités. Je je ne conteste que ce sentiment anti-arabe existe, mais je n'établis pas de hiérarchie entre ces deux dangers.
Pour juger du problème de l'antisémitisme renaissant je pense habiter une région représentative, en France, des tensions inter-communautaires, en tout cas par le nombre d'habitants, lieux de culte juifs et musulmans :
- Courcouronnes s'enorgueillit en effet d'abriter une cathédrale, plusieurs synagogues, un temple boudhiste, un temple hindouiste et le plus important centre islamique de France après la mosquée de Paris.
- De plus pour avoir été responsable d'une circonscription de l'enseignement primaire qui comportait une école juive sous contrat d'association avec l'état, je puis dire que les incidents raciaux à la sortie de l'école et de la petite synagogue attenante étaient assez fréquents, ceci bien avant l'intifada, et ils se sont bien sûr multipliés de manière exponentielle depuis.
- Ma femme de ménage portugaise habite dans une cité d'Evry où toutes les semaines, les services municipaux doivent effacer des graffitis à la gloire de Ben Laden et d'El Qaeda.
- Le maire- socialiste- (Manuel Valls) d'Evry a dû récemment intervenir contre un épicier musulman qui refusait, alors qu'il avait la franchise de Franprix, de servir dans son magasin pourtant fréquenté par une majorité de noirs africains non musulmans, des produits non Hallal, dont les tranches de jambon et autres produits alcolisés.
- Une fille de voisin a du changer de lycée car, après être sortie avec un jeune rebeu et l'avoir quitté, les copains de son ancien petit ami la harcelait et la tratait de pute pour ne pas porter le hijab (elle qui a un père américain et n'est pas musulmane.)
- Dans mon ancien lycée (Corbeil-Essonnes) les collègues (et ma femme, qui travaille dans un lycée professionnel !) me confirment ce que l'on dit dans les journaux et la presse au sujet de la difficulté à enseigner certains sujets, témoignent que les filles musulmanes et autres se font traiter de putes par les jeunes de la cité des Tarterets (en face du lycée) si elles ne s'habillent pas "décemment" selon leurs critères.
- Enfin, last but not least, on ne peut ignorer ce qui est arrivé l'an dernier lors de la reconstitution à Aubervilliers de l'immolation par le feu de la petite Sohane par un petit caïd avec lequel elle ne voulait pas sortir. Sa soeur est co fondatrice du mouvement "ni putes ni soumises.." Et bien sait-on que pendant la reconstitution, le meurtier a été encouragé des fenêtres par un nombre significatif de gens, salué même par des ...youyous féminins et des "Bon courage Momo ..."
Je regrette, il y a bien sûr des juifs intégristes en France, et je les condamne tout autant que les islamistes, mais il faut bien reconnaître qu'ils ne sont pas aussi nombreux que les autres et que par conséquent, ceci de manière mathématique, ils n'ont pas le même impact sur ma vie quotidienne et celles de mes voisins que leurs compères islamistes (je tiens à faire remarquer que je ne dis pas musulman ...)
Mon poste d'observation des phénomènes sociaux étant sans doute assez représentatif de ce qui se passe en France actuellement, je me permets de dire que l'angélisme d'une certaine gauche a sans doute elle aussi contribué à la catastrophe du 21 avril, même si ce n'est pas la seule raison, je te l'accorde.....
De plus, lorsque des des étudiants juifs progressistes veulent participer à la manif contre la guerre en IRAK avec tout le monde comme ils en ont bien le droit, ils se font traiter de sales juifs et de sales sionistes, tant les deux mots sont devenus presque synonymes pour beaucoup de jeunes des cités.
Que dire également des intellectuels juifs désignés par Tareq Ramadan et dans une certaine gauche, comme des complices objectifs d'un "complot américano-sioniste.
Ramadan fait bien sûr mine d'ignorer que ceux qu'il désigne comme des suppôts inconditionnels de la politique réactionnaire de Sharon étaient présents il y a quelques mois à Genève pour la proposition d'un plan de paix alternatif soutenu par la gauche israélienne et certains palestiniens (trop peu nombreux à mon goût, en tout cas bien moins nombreux que leurs homologues israéliens.)
Ce plan prévoyait entre autres le retrait inconditonnel des territoires palestiniens et le démantèlement du mur de séparation. Mais peut-être cela 'est-il pas suffisant pour cesser d'être désigné comme "sioniste."
D'ailleurs ce terme commode derrière lequel se dissimlule le pus souvent l'antisémitisme nouveau, dont on fait maintenant une injure, désigne simplement au départ le désir de fonder un état où les juifs pourraient avoir une souveraineté et ne plus être minoritaires dans le pays des autres.
Pour ses fondateurs il était même question d'un état socialiste , d'où les Kiboutzines du début...). . Peut-être faudrait-il aussi, comme le voudrait beaucoup de musulmans, condamner Israel comme un pays fasciste, menant une politique d'extermination systématique contre les arabes, accepter le retour des réfugiés palestiniens, ce qui équivaudrait à condamner l'état d'israel à sa disparition à terme.
Avouez que l'on ne , trouvera pas beaucoup de juifs pour aller jusque là ...... et il est vrai que Finkielkraut, comme bien d'autres juifs moins conservateurs que lui ne le font pas .......... sans être pourtant des "sionistes" (j'emploie ce terme par commodité, mais avec les précautions données ci-dessus).
Voici pour terminer des textes de Alain Finkielkraut sur le conflit Israélo-palestinien : Extrait de "L'imparfait du présent Réagissant à une pétition disant entre autres " Combien d'années .... faudra-t-il pour que ceux qui parlent et agissent au nom des droits de l'home analysent le conflit ...... comme un fait colonial ?" et " Nous soutenons la lutte du peuple palestinien jusqu'à tous ses droits soient respectés."
AF réagit comme suit en rappelant quelques vérités historiques un peu oubliés par ceux qui rendent Israël seul responsable de la situation actuelle des palestiniens
On peut bien sûr être en désaccord avec certaines des choses dites plus haut ou ci-dessous par finkekraut, mais les arguments avancés valent le coup que l'on ne les balayent pas d'un revers de la main comme émanant d'un suppôt de l'axe américano-sioniste....non ?
Ou bien me trompé-je ?:
"Respectés par qui (les accords de paix) ? Par Israël bien sûr. Personne pas même les intéressés ne rappellent jamais que la Jordanie était partie intégrante de la Palestine avant d'être confiée à la dynastie hachémite, ni que ce royaume s'est approprié jusqu'à la guerre des 6 jours et sans autre forme de procès le territoire alloué aux Palestiniens par le partage de 47, ni enfin que ces derniers constituent toujours la majorité de la population jordanienne.
Au vu de cette amnésie généralisée, on est fondé à dire que leur identité nationale et leur popularité mondiale se nourrissent exclusivement du face à face avec l'Etat juif.
Mais peu importe en vérité : j'apporterais moi aussi un soutien total à la lutte du peuple palestinien si celle-ci avait l'indépendance pour finalité et pour conséquence le démantèlement des colonies juives installées sur son territoire : qu'y a-t-il de plus choquant, de plus absurde (et de moins sioniste) que ces ghettos armés ?
Seulement voilà : en refusant de signer la paix qui faisait droit à leur désir d'état, les Palestiniens (ou, au moins, leurs représentants) ont clairement signifié qu'ils revendiquaient autre chose.
Quoi ? 
Le droit au retour. Comme les juifs dans leur patrie libérée ? Vous n'y êtes pas : en Israël. Ils voulaient sortir du face à face non par la séparation mais par l'étreinte. Combien d'années, combien de décennies faudra-t-il à nos progressistes pour prendre acte de la singularité du conflit israélo-palestinien ?
Car enfin, les peuples colonisés n'ont jamais remis en cause la légitimité des métropoles ni a fortiori programmé la lente absorption de celles-ci dans une entité où ils finiraient par être majoritaires. Ils luttaient pour leur état, non, pour s'installer dans les frontières de l'Etat dont ils subissait le joug.
 Ils ne revendiquaient pas la double appartenance. Ils ne voulaient pas à la fois partir et rentrer, rompre et revenir. Ils ne jouaient pas sur les deux tableaux du divorce et de l'habitation commune. Le modèle de la sortie d'Egypte leur interdisait d'ériger la puissance coloniale en terre promise . Sauf à choisir une tout autre logique que celle de la reconnaissance ou de la décolonisation, le désir d'avoir un chez-soi implique la renonciation (mutuelle) au droit d'être chez soi chez l'autre. Mais précisément .......... toute la question est de' savoir si les juifs sont chez eux en Israël. On croyait cette question résolue avec les accords d'Oslo. On se trompait.
 La page du refus n'est pas tournée et le Liban prévient : il veillera scrupuleusement à l'exercice du droit au retour en exigeant, dès sa promulgation, le départ des Palestiniens qui vivent sur son sol. Si le Liban est imité, ce sont des centaines de milliers de Palestiniens qui seront chassés demain par des pays frères par solidarité avec leur juste cause ...... "

" Mais rien n'entame nos progressistes, rien ne les fait douter. Pour réparer ses crimes et d'abord celui d'être né, Israël ne doit pas seulement se retirer des territoires conquis en 1967, il lui faut partager sa souveraineté sur ceux de 1948... "

Un autre article. De Finkielkraut également :
 "Le Monde diplomatique annonce le réveil de la gauche israélienne. La gauche, c'est à dire, en l'occurrence, la critique du langage de la force et la vertu de modération contre toutes les variantes - nationaliste, religieuse, sécuritaire - de l'extrémisme. Mais ni vu ni connu, le mot change de sens quand on change de camp : la gauche palestinienne a tout l'éclat de l'intransigeance, et la radicalité accapare la fonction critique, sous les vivats du progressisme. Aussi est-il dans l'ordre que cette gauche avalise le rejet du compromis (c'est à dire d'un Etat palestinien avec Jérusalem-Est pour capitale) au nom d'un droit au retour qui, à terme, ferait des juifs d'Israël une minorité ethnique à la merci des arabes. On attend donc des uns qu'ils combattent l'hubris et des autres qu'ils y cèdent. Le mêle vocable valorise, du côté israélien, le respect dégrisé des limites, et du côté palestinien, l'ivresse de la démesure. Cette homonymie nourrit la tragédie."

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