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6 avril 2009 1 06 /04 /avril /2009 13:58
Je viens de lire un article du site Rue 89, qui à mon avis, est complètement à côté de la plaque concernant le film.
http://www.rue89.com/2009/04/02/la-journee-de-la-jupe-la-triple-imposture
Analyse typiquement idéologique, refusant de voir certaines réalités, qui dérangent la réprésentation que l'auteur voudrait imposer du monde et de la société actuelle.
Par exemple et entre autres bétises, accuser le réalisateur de ne montrer que des noirs et des arabes pour décrire la montée du machisme est ridicule. Le réalisateur a au contraire pris soin de choisir un blanc et un noir comme protagonistes repoussoirs de l'histoire. Autre exemple de déni du réel : Dire que les blancs sont ultra majoritaires dans un collège de banlieue est tout simplement mensonger. . Si le  rédacteur de l'article n'a pas mis les pieds hors du périf depuis longtemps et ne connait que les établissements des beaux quartiers parisiens, je lui propose de venir faire un tour chez moi et de faire la sortie des collèges de Courcouronnes. Décidément, le "critique" et moi n'avons pas vu le même film, mais il faut prendre connaissance de l'article pour mesurer l'étendue d'un certain aveuglement, mis en mots dans une langue de bois que ne désavouerait pas un comissaire politique soviétique.
Parmi les reproches imbéciles que l'auteur de l'article du site Rue 89 adresse au film et à son réalisateur, il y en a deux qui méritent vraiment le détour.
Le premier de ces reproches est une réaction épidermique et corporatiste qui surgit immanquablement quand un "qu'est-pas-ou-qu'a-pas-été-de-la-grande-maison" s'avise de parler de l'école. Les enseignants se sentent tout de suite agressés, dépréciés, critiqués, même lorsque l'oeuvre ne met pas en cause leurs mérites. Et l'auteur-blogger-enseignant de l'article tombe dans ce travers bien sûr. Il se sent obligé de défendre ses collègues, qui ne sont nullement attaqués par le film. En fait, c'est, l'auteur de l'article qui  insulte et méprise ses collègues, en refusant, dans son angélisme indécrottable de faire reposer la responsabilité de l'impossibilité à transmettre des savoirs sur certains des élèves de la classe. Selon lui, ces élèves ne peuvent être des bourreaux mais seulement des victimes du système. C'est lui, le grand défenseur des collègues contre le méchant réalisateur censé être anti-prof, qui reproche à madame Bergerac, en dernière instance et pour expliquer les problèmes qu'elle rencontre, son "manque de pédagogie". Ben voyons !!!
Curieusement, l'auteur de l'article oscille entre deux reproches contradictoires. D'un côté, il suspecte les tenants de la culture "classique" de se cacher derrière elle pour véhiculer des idées d'extrême droite, et donc le réalisateur de se faire le porte parole des brontosaures comme Brighelli qui fustigent un "pédagogisme" IUFMien qui aurait renoncé à enseigner les belles lettres à l'école.  D'un autre côté, il reproche au film de prétendre que cette culture classique ne serait plus enseignée. Le film ne dit rien de tout cela bien entendu. Il met en scène, au contraire, une prof qui, bien que maghrébine d'origine et ne l'ayant pas dit à ses élèves par démagogie et facilité  (ce qui lui faciliterait pourtant la tâche auprès des petits fachos communautaristes auxquelles elle est confrontée)  continue contre vents et marées à vouloir enseigner la matière qu'elle a étudiée et pour laquelle elle a été formée. Non cher monsieur critique blogger,  le film ne dit nullement que les enseignants démissionnent, il met en scène, au contraire, une prof désespérée qui essaie de parler de Molière l'arme au poing (ce qu'elle ne peut plus faire d'habitude) et dont le pétage de plomb totalement improbable doit avoir donné envie à certains collègues exerçant dans les cités d'avoir un jour les couilles ou la folie d'en faire autant.
Et ce n'est pas parce que Brighelli dit du bien du film que le propos du réalisateur est réactionnaire. L'auteur de l'article, à en juger par sa dialectique a bien dû voter contre l'Europe au dernier réferendum, tout comme Jean-Marie Le pen. Cela ne fait pas de lui, pour autant, un sympathisant de l'extrême droite.
C'est le propre de toute oeuvre originale, de toute pensée libre, non inféodée à une idéologie big brotherienne dominante, d'être à la fois violemment attaquée, par la droite comme par la gauche et d'être aussi parfois encensée par les extrêmes de tous bords. La journée de la jupe n'échapppe pas à la règle.
 
Venons-en maintenant à la démonstration laborieuse et totalement délirante de notre critique blogger sur la revendication de la prof. Selon notre censeur d'oeuvres non conformes à son idéologie, les femmes ont lutté dans le passé pour avoir le droit de porter un pantalon. La demande des filles des cités (et de la prof) de pouvoir porter une jupe sans se faire traiter de putes, serait donc suspecte aux yeux de notre grand défenseur du droit des femmes. C'est un peu la même logique qui lui fait dire que si on enseigne Molière, alors que les nostalgiques de l'école d'antan ne jurent que par les classiques, on serait un réactionnaire. CQFD, l'angle droit bout à 90°. Pour le coup ce ne sont pas les immmams des cités qui reprocheront au "critique" de Rue 89, son zèle à défendre la pudeur des jeunes filles musulmanes, menacées par la dépravation occidentale...
 
Tout cela est ridicule. Je laisse la parole à l'un de mes amis, qui ,dans un mail qu'il m'a adressé, a excellement défini la qualité essentielle du film, ce qui fait qu'il est supérieur à Entre les murs, qui reste englué, lui, dans les mailles d'un angélisme qui se bat la coulpe et ne cesse de banaliser l'inexcusable. Et c'est cela, d'ailleurs, la critique implicite et radicale de l'angélisme de certains, qui doit terriblement agacer l'auteur de l'article.  Voilà ce que disait .cet ami :  "Il est certain que le film (contrairement à "entre les murs") ne joue pas sur "les circonstances atténuantes et fait un sort radical à l'angélisme"
Je ne pourrais pas le formuler mieux.
 

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