hulot.jpgVu hier soir samedi 3/12, à la télé, sur la chaine parlementaire, une émission intéressante et qui va repasser cet après-midi dimanche 4/12 à 18h, ainsi que lundi 5/12 à 17h15, samedi 10/12 à 15h15 et dimanche 11/12 à 9h00  sur la même chaine parlementaire (LCP) pour ceux qui ont la TNT et sont intéressés.

Synopsis de l'émission ci-dessous tel qu'il est donné par la chaîne :

Synopsis : Nicolas Hulot, candidat malheureux aux primaires EELV qui ont vu la victoire d'Eva Joly, revient avec franchise sur cette expérience politique qui fut, de son propre aveu, douloureuse pour lui. Au fil de ce qui prend la forme d'un «testament d'une incursion en politique», l'ancien animateur de télévision s'interroge sur les raisons de son échec et livre son analyse, sans détour, du monde politique.

 

L'un des intérêts de l'émission - outre le fait qu'elle montre tout à la fois les erreurs commises par Hulot pour se faire accepter par la base écologiste, et dénonce  le sectarisme d'une partie des verts lors des primaires -, réside dans le fait que l'on y voit un responsable régional des verts interpeler Nicolas Hulot sur le nucléaire et sur son positionnement (" à gauche." ou au centre, ou à droite ?")

Je pense personellement que EELV a raté une occasion (historique ?) de s'ouvrir sur une frange de l'électorat gagnée en partie à la cause écologiste (en tout cas à certains points de l'analyse et des solutions préconisées par les verts..), mais réticente, précisément, envers l'idéologie post-gauchiste d'une partie de la base et de l'appareil. Cette idéologie, je crois, est perçue comme doctrinaire par un électorat non politisé, surtout lorsque l'on voit ledit l'appareil capable, récemment, de mettre de l'eau dans son vin afin d'avoir des sièges à l'assemblée. Pourquoi ce qui fut possible avec le PS ne le fut pas avec Hulot ?

Bien sûr, on me dira que c'était différent, que le choix d'un candidat n'est pas équivalent à la possibilité d'obtenir un groupe parlementaire à l'assemblée, qu'il n'y a pas accord sur tout avec le PS, qu'il ne s'agit pas d'un accord, etc..

Toute la langue de bois militante du monde ne parviendra pas à me convaincre qu'il n'y pas eu eu acceptation d'un compromis et les verts savent bien que Hollande est en retrait par rapport à ce que ce que disait Hulot,  c'est à dire que l'on pouvait discuter sur cette question, sans pour cela être un traitre à la cause, considéré comme un hérétique, mais qu'il se prononçait  pour une sortie du nucléaire après avoir pris conscience de ses dangers lors des événements de Fukushima. Hollande, lui, n'envisage pas cette sortie, mais simplement une diminution de la part du nucléaire dans la production d'énergie.

 

L'émission permet en tout cas d'y réfléchir et laisse la parole aux deux camps et à des thèses opposées,

Quant à la préférence pour mamie Joly, cette vengeresse masquée, ce Fouquier Thinville en jupon qui promet de laver plus blanc que blanc, je pense que la direction des verts a fait fausse route en mettant en avant la vertu et surtout en la faisant incarner par une juge candidate maladroite,  qui voudrait nous faire croire qu'en récupérant tout l'argent détourné par les corrompus, on pourrait résoudre les problèmes de la dette de l'état et nommer tous les fonctionnaires nécessaires au bon fonctionnement des services publics.  Lorsqu'une partie non négligeable des militants verts revendique ses antécedents, libertaires, gauchistes et révolutionnaires, je ne peux m'empêcher de penser, avec ce choix de candidate, à l'homme révolté de Camus,  et de voir se profiler, en arrière plan d'une lutte (légitime par ailleurs) contre la corruption, le masque grimaçant de la Terreur, ce "bras armé de la vertu" comme disait ce bon vieux Maximilien.

 

 

    skylabVu, ce weekend, le dernier film de Julie Delpy. Moi qui ai facilement la nostalgie du temps passé en bandoulière, ce petit film, même s'il ne nous transporte pas dans les années 60, celles de mon adolescence et des bals de campagne que j'ai décrites dans mon roman, Le prince des parquets-salons, m'a fait passer un très bon moment. Je donne ici deux liens menant à des critiques qui, à mon avis, reflètent très bien le contenu et l'atmosphère du film sans qu'il soit besoin que je rajoute mon grain de sel.

 http://www.evene.fr/cinema/films/le-skylab-37763.php?critiques#critique-evene

 

http://www.lexpress.fr/culture/cinema/le-skylab_1036435.html

 

 Deux petits bémols cependant :

- Les scènes constituant des petits morceaux de bravoure (l'histoire racontée dans la voiture, les chansons entonnées à la fin du repas, la démonstration d'un aspirateur high tech pour l'époque, le frotteur de la boum, etc..) sont un, peu longues. On avait compris que la réalisatrice voulait nous plonger dans l'atmosphère de ces années-là, se repasser en boucle des moments de son enfance qui lui font chaud au coeur et à l'âme. Mais ces séquences pouvaient être écourtées, sans qu'il soit besoin d'entendre tous les couplets des chansons, toute la tirade du représentant de commerce et néanmoins beau-frère, ou l'intégralité du slow de la boum pour ados boutonneux..

- Les scènes d'engueulade pendant le repas illustrant les oppositions politiques et idéologiques entre nostalgiques de la colonisation et soixante-huitards d'une part, beau-frères machistes et féministe militante d'autre part, sont suffisamment explicites (voire parfois binaires et manichéennes) pour qu'elles n'aient pas besoin, en prime, de la séquence, très improbable, dans laquelle l'un des beaufs pénètre dans la chambre à coucher de l'un des couples endormis, agresse sa belle-soeur, puis, pleurnichant et larmoyant, confie au mari (très compréhensif envers l'agresseur de son épouse), combien il regrette le bon vieux temps de la coloniale où il était le "patron", pouvait se permettre d'entrer dans un village et d'avoir (c'est à dire de violer..) toutes les femmes qu'il voulait.

 

Mais ces longueurs et ces outrances n'empèchent pas de passer un très bon moment. Parmi les répliques qui sont autant de marqueurs d'époque (chansons, blagues, slogans publicitaires..), expressions, illustrant, comme les costumes (particulièrment savoureux) l'innocence et la folie insouciante des années soixante-dix, il y en a deux que  ma sensibilité de vieux con passéiste a particulièrement notées :

- D'une belle soeur à forte poitrine, pelotée complaisamment et fièrement par son mari devant tout le monde, on dit qu'elle a de "la conversation.." Et tout le monde rit de bon coeur, y compris la féministe.

- Lorsqu'il est question de laisser aller ou non, les pré-ados à la boum et surtout de leur permettre de rentrer seuls à minuit, l'actrice féministe  qui n'est autre, si j'ai bien compris que la mère de la réalisatrice, a, envers les congénères Bretons de son mari, des propos généralisateurs qu'elle trouverait racistes si elle les entendait proférés par ses beaufs à l'égard des arabes ou des noirs. Elle dit quelque chose comme cela je crois : "On va pas les laisser rentrer seuls avec tous ces Bretons bourrés, la nuit, le long de la route."  Autodérision de la réalisatrice envers elle-même a posteriori ou rappel d'un temps où, effectivement, la Bretagne avait la réputation - justifiée ou non - de détenir le record national lde consommation d'alcool ?  

 

Qu'en est-il aujourd'hui de cette insouciance, de cette autodérision et de cette innocence ? Est-elle perdue à jamais ? Pas si sûr si l'on en juge par les scènes contemporaines encadrant la narration, celles ou la réalisatrice, devenue adulte, se met en scène alors qu'elle rentre à Londres en Eurostar en famille. Le mari est Anglais (Grand Breton !!) et non plus simplement Breton. le monde est mondialisé... Est-on si loin que ça de la franchouillardise bon enfant qui domine lors de l'anniversaire de la grand-mère, l'année où le Skylab doit s'écraser sur la Bretagne et risque, selon la comédienne féministe et écologiste avant la lettre,  de contaminer radioctivement la France ? On ne s'engueule plus sur la politique, mais en demandant à des passagers de changer de place afin que la famille ne soit pas séparée, car on a envie de jouer aux cartes avec ses enfants. On s'en prendrait presque à regretter l'après-soixante-huit, ce bon vieux temps où l'on se traitait de réac, de facho, de stalinien et d'autres noms d'oiseaux, pour des causes qui -pensait-on - en valaient  (vraiment ?) la peine. A l'époque post-moderne où nous sommes rendus, la scène contemporaine dans l'Eurostar signifie-t-elle un repli sur les valeurs familiales et intimistes, tant décriées en soixante-huit et permettant cependant à tous les personnages du film de communier dans la chaleur de cette réunion de famillle, agitée parfois, mais revécue avec toute l'empathie du monde (trop d'indulgence diront certains ..), y compris  envers les personnages peu sympathiques comme les deux beau-frères pro OAS, dont l'un d'entre-eux - celui, un peu trop caricatural à mon goût, qui voudrait pouvoir faire la guerre à nouveau contre les " indigènes" -  devient fou lorsqu'on lui rappelle que sa fille s'est sauvée de la maison familiale avec un arabe.........

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