Dimanche 2 septembre 2007
J'ai envoyé hier ce texte pour le jeu décrit ci-dessous et je ne le vois nulle part apparaître dans les textes de la communauté. Quelqu'un pourrait-il me dire comment faire ?
Mots à employer : cabine / favoriser / massacre / langage / lumière / accueil / ami / phénomène / patience / exquis.

Ce fut un massacre exquis, perpétré en plein jour, en pleine lumière, presque sur la plage.
Il ne me fallut pas faire preuve d'une grande patience pour parvenir à ce résultat extravagant, car en effet je pus rapidement fomenter mon forfait sordide un endroit très fréquenté, et faire en sorte que ma première victime fût sacrifiée sans que les baigneurs enserviettés, enparasolés et enplagistés ne lèvent la paille à l'aide de laquelle ils sirotaient langoureusement et néanmoins laborieusement leur drink phosphorescent ou ne détournent leur regard enraybané de l'article sur les phénomènes paranormaux au menu de la troisième page du quotidien régional.
Je décidai de sacrifier mon meilleur ami, dont je savais qu'il revenait d'un rendez-vous galant avec ma fiancée.
C'est un peu de sa faute aussi. Son surgissement inopiné et stupide dans ce décor de pacotille ne pouvait que favoriser ma soudaine lubie car juste au moment où je réfléchissai à la manière de sacrifier ma première victime, il vint à ma rencontre en direction de la cabine d'habillage que j'avais louée pour l'occasion, illuminé par un rayon mordoré l'irradiant de sa blancheur laiteuse. Cela faillit faire capoter mes plans en émoussant ma détermination, mais en même temps, ce halo de laitance diaphane me le fit découvrir pour ce qu'il était en réalité : un ange déchu, sexué, sans couronne d'épine, qui ne méritait nullement la dégoulinante mansuétude prévalant dans le langage des journalistes locaux couvrant, entre autres faits divers sans intérêt, les morts fulgurantes par hydrocution frappant certains baigneurs imprudents en cette période de l'année.
Je lui réservai un accueil chaleureux pour le mettre en confiance, le fit entrer dans l'habitacle muni d'une petite ouverture en forme de coeur -petite fente dérisoire, ne pouvant m'apitoyer-, comme on en trouve généralement dans les vestiaires de certains piscines municipales.
Je l'étreins d'une accolade dont il ne devait pas ressortir vivant. Il suffoca tout bêtement sous la pression de ma haine fraternelle et prodiguée de manière presque aléatoire.
Après ces brillants débuts dansma carrière criminelle, il me fallait désormais songer à la fiancée.......
Mais ceci est une autre histoire...
par jcfvc publié dans : Ecriture ludique communauté : Ecriture Ludique
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Mercredi 29 août 2007

 N'en déplaise au blaireau de service Brighelli et à l'ancien Ministre de l'Education Nationale, Mr De Robien, et grâce aussi aux compétences hyènesques de son papy, l'immense jcf, qui persiste à préconiser, contre le retour annoncé de la bonne vieille méthode syllabique de papa,  le maintien de la méthode mixte d'apprentissage de la lecture, la ch'tite Sofia savait déjà lire à 8 mois et demie.
Vous ne me croyez pas ?
Et bien je le prouve. Il n'est qu'à visionner la vidéo jointe à cet article...
Alors ? Convaincus ?  Non mais des fois.....

par jcfvc publié dans : jcf Perso
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Mercredi 29 août 2007

Je tente la création d'une "communauté" sur le net, c'est à dire d'un lieu où mes amis et plus largement tous ceux qui souhaitent échanger des commentaires sur les films qu'ils voient, sur les livres qu'ils lisent, sur la vie culturelle en général sont les bienvenus. Et pourquoi ne pas également commenter l'actualité et la politique, faire part de nos coups de coeur ou de gueule, à condition que le ton demeure courtois que l'on excommunie pas l'autre sous prétexte qu'il ne partage pas notre opinion.
Inscrivez-vous à cette communauté si le projet vous intéresse et pour vous faire une idée de ce qu'elle pourrait devenir, consultez mon blog http://jcfvc.over-blog.com
A bientôt peut-être

jcf

par jcfvc communauté : jcf's boys & girls
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Lundi 27 août 2007

Je n'avais jamais vu ce film, étant, au moment de sa sortie, en poste dansune île du pacifique-sud où les cinémas locaux ne le programmaient pas. En le voyant hier à la télé sur le cable, je m'interrogeais sur la complexité foisonnante de l'intrigue et pressentais que le scénario devait être tiré d'une oeuvre romanesque importante. Après une recherche sur le net, j'ai découvert que le film était tiré du roman d'un auteur canadien que je ne connaissais pas. Cet écrivain , Michael Ondaatje, est  d'origine Sri Lankaise (d'où, mais c'est bien sûr, le Sikh au turban....). Il étudia et vécu en Angleterre avant d'émigrer au Canada et de devenir citoyen canadien. Le livre obtint en 1996 l'équivalent du Goncourt, le Booker prize, attribué à un roman écrit en anglais, ceci quelle que soit la nationalité de son auteur. Ondaatje est également lauréat du Médicis pour "le fantôme d'Amil. Ci-dessous un lien vers une page web qui lui est consacrée :

http://www.thecanadianencyclopedia.com/index.cfm?PgNm=TCE&Params=F1ARTF0005927

Comme chez nous, mais plus que chez nous je crois, la littérature de langue anglaise s'enrichit des apports d'écrivains issus de ses anciennes colonies ou territoires. Rushdie avait obtenu également le Booker Prirze en 1978 avec ses enfants de minuit. Naipaul et Derek Walcot, des écrivains originaires des caraibes (le premier d'origine indienne lui aussi) ont été tous deux couronnés par le Nobel. Hanif Kureishi est l'auteur du très connu "Bouddah de banlieue" et d'un livre qui inspira Stephen Frears pour sa "Beautiful launderette", Ishiguro, d'origine japonaise, obtint également le Booker pour  "les vestiges du jour" qui fut porté à l'écran avec Anthony Hopkins et Emma Thompson dans les rôles principaux. Il faudrait aussi mentionner les sud Africains, les australiens, et le neo-Zélandais d'origine maori, Alan Duff, qui commit  "Once were warriors" (l'âme des guerriers) lui aussi porté à l'écran. Et je vous rappelle, la petite dernière dont je vous ai parlé dans un article précédent, la petite anglaise d'origine jamaicaine Zadie Smith,  qui donne la parole à des héros "issus de l'immigration" comme on dit chez nous.

Si vous vous intérressez à ce type de littérature (de langue anglaise aussi bien que française) , le lien ci-dessous vous en apprendra plus sur la question :

http://etonnantsvoyageurs.blogspirit.com/world_fiction/

Ce que j'ai lu sur le net au sujet du film en rapport avec le roman, aussi bien en français qu'en anglais, me donne envie de découvrir l'oeuvre écrite, la plupart des commentaires soulignant comme c'est très souvent le cas en la matière, la supériorité du livre pour ce qui est de la complexité des personnages, la critique sociale des rapports humains dans l'empire colonial britannique, qui est seulement évoquée lorsque le Sikh parle de son compagnon de guerre avec lequel il a partagé tant d'épreuves mais n'a jamais eu d'échanges intimes ou complices leur permettant de partager l'amour de la culture anglaise tant admirée pourtant par le Sikh, fût-ce sur le maniement d'une batte de cricket ou les diverses qualité de thé. Les critiques regrettent notamment que le sapeur Sikh soit devenu un protagosniste mineur alors qu'il est, dans le roman (et on peut s'en douter eu égard aux origines de l'auteur) le sésame permettant de comprendre les autres. Les commentaires déplorent également que la durée (pourtant conséquente du film) ne suffise pas à développer les intrigues secondaires justifiant l'apparition trop fugace de certains personnages qui ont plus de densité à l'écrit

Je ne peux dire ce qu'il en est de l'adaptation à l'écran par rapport à l'original, mais je reconnais avoir été pris par l'intrique parfois un peu (beaucoup ?) à l'eau de rose, surtout dans sa partie egypto-saharienne, par ces destins parallèles qui se croisent et se rencontrent dans des circonstances improbables, par cet hymne à la paix et cette condamnation de la guerre qui met fin à la collaboration de scientifques de pays différents recherchant des fresques dans le désert, par l'humanité du personnage de Juliette Binoche, échappant à la guerre et essayant d'oublier les êtres chers qu'elle vient de perdre, en soignant son patient mourant dans une demeure toscane abandonnée et en redécouvrant l'amour auprès d'un beau lieutenant hindou qui risque sa vie quotidiennement en désamorçant les mines ennemies. Ajoutons que pour une fois et c'est bien sympa, Kristine Scott Thomas fait une prestation très sexy et que l'acteur qui joue le rôle du comte hongrois (celui qui était le chef nazi diabolique du camp de la mort dans la liste de Schindler de Spielberg) a toujours un regard teutonique dévastateur, de beau ténébreux et mystérieux, qui devrait plaire aux dames...

Même si le désert n'est pas aussi bien filmé que dans Lawrende d'Arabie, et même si le réalisateur se la joue un peu "Out of Africa" dans les plans de survol des dunes en coucous bimoteurs, la  photographie est très belle. La scène de l'église est superbe. Juliette Binoche y découvre les fresques d'une église de Toscane à la lumière d'une torche, hissée à la hauteur de ces fresques et se balançant en une apesanteur aléatoire et poétique au milieu de ces tableaux menacés de la culture européenne, redécouverts, rendus à la lumière à la fin de la guerre par un hindou enturbanné amoureux et pétri de cette culture, et grâce à une corde que le futur amant Sikh de l'infirmière lui a attachée autour de la taille. Il me plait de comprendre cette scène comme symbolisant la fin prochaine, annoncée, de la barbarie et le retour aux lumières de la civilisation européenne qui a bien failli disparaître du fait de  la négation même, par la folie nazie, des valeurs humanistes de cette civilisation européenne. Et c'est un étranger  cultivé du sous continent indien (Ondaatje ? Sans doute ...) qui fait ici redécouvrir à la petite canadienne ces lambeaux fragiles de culture occidentale, lui redonnant  ainsi du même coup, espoir en l'avenir, envie de vivre et de se donner à un autre homme.

L'intrigue amoureuse entre le comte hongrois et la riche anglaise est un peu trop classique et hollywoodienne, et l'on pressent que celle qui nait entre l'infirmière et le Sikh doit avoir une place beaucoup plus importante dans le livre. On eût aimé qu'elle ne fût point reléguée à un rôle un peu subalterne à mon goût dans l'adaptation à l'écran.

Une raison de plus pour découvrir cet auteur et lire le bouquin.......

Raison de plus pour

par jcfvc publié dans : cinéma
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Vendredi 24 août 2007

Mes lecteurs les plus fidèles se souviennent peut-être d'un article diffusé sur cé même blog au sujet d'une de mes lectures de l'été non encore terminée au moment où je l'avais mis en ligne, le premier roman à succès d'une jeune métisse jamaico-anglaise (voir l'image ci-dessous).

Et bien la suite et la fin confirment l'opinion que j'en avais à la lecture de la première moitié. Le roman est vraiment excellent. Il s'inscrit, par son humour dévastateur et son ancrage dans les réalités économiques, culturelles et social de la Grande Bretagne qu'il décrit, dans la tradition du grand  roman anglais, aux antipodes d'une littérature française trop souvent déconnectée du monde réel.

Sans dévoiler la fin de l'intrigue, disons, pour faire court et simpliste et si j'ai bien compris le message de cette fable baroque flamboyante :

- que la classe ouvrière britannique, en la personne de son héros Archibald Jones,  plus-typiquement-anglais-de-base-que-lui-tu--meurs, mais cependant non raciste de base car ayant épousé une jamaicaine et étant resté le meilleur ami de son compagnon d'infortune et de guerre (un Bengali bien intégré mais islamiste sur les bords), cette classe ouvrière donc, est confrontée à une situation inédite, celle d'une immigration de masse qui a transformé en profondeur le Royaume uni, dont les populations bigarrées apprennent  malgré tout à répondre avec humour aux défis de l'Histoire (avec un grand H)

.- que cette classe ouvrière, enfin, une partie de cette working class, profondément tolérante au fond -ce n'est pas moi qui le dit, mais la romancière métisse, qui dénonce aussi le racisme ordinaire d'une partie de la société - adhère obscurément, par simple bon sens, aux valeurs rationelles de l'occident, auxquelles elle ne comprend pas grand chose et ne pratique pas dans sa vie de tous les jours , valeurs qui ont permis à l'Europe de conquérir le monde et qui sont en train de déboucher sur une fuite en avant technologique d'apprentis sorciers risquant de détruire le monde.

- Sur ce dernier point, la dénonciation  de la rationalité occidentale qui présenteraitt un danger pour la survie de l'espèce et la suprématie occidentale, je ne suis d'ailleurs pas certain que la romancière adhère aux pulsions anti-scientifiques post-modernes et qu'elle ne se rallie pas en fin de compte derrière la bannière de la recherche scientifique, tant sa charge contre les sectes fondamentalistes islamistes, chrétiennes et anti vivisection - tous farouches adversaires de la société occidentale et convergeant, malgré le gouffre idélologique qui les séparent et pour des raisons diamétralment opposées, dans une haine aveugle contre : le père, le colonisateur, la chair et la révolution sexuelle........ -  est féroce. A vous de voir........

- Que la classe ouvrière anglaise donc, personnifiée par l'un des héros principaux, le petit cockney de base, par simple amitié pour les amis immigrés qu'elle côtoie dans les quartiers, et non par adhésion au fondamentalisme de certains membres des communautés musulmanes dont elle partage l'existence quotidienne, pressent confusément  une communauté d'intérets et de destin envers ces "étrangers", ceci malgré un fond d'intolérance ethnocentriste indélébile.

- Que cette classe ouvrière, ou plutôt ces "masses déracinées par le capitalisme", privées de leur solidarités traditionnelles comme le dirait Arendt bien mieux que moi, semblent prendre à un instant crucial de la narration, fait et cause contre la rationalité arrogante de l'intelligentsia qui leur promet un futur radieux grâce à la science et au progrès, mais en fin de compte ne parviennent pas à prendre une décision, s'en remettent au hasard, à leur maktoub cockney et se font finalement "baiser" par cette bourgeoisie qu'elles soutiennent malgré tout et en dernière instance contre leurs  "intérêts objectifs de classe" pour utiliser une vulgate marxiste assez impropre à rendre compte de la tonalité du livre, mais à laquelle je recours maladroitement, faute d'un meilleur instrument d'analyse...

Voilà, il me reste à vous rappeler que cet excellent roman a été traduit en français sous le titre "Sourire de loup", qu'il est publié en poche dans la collection Folio, et que je vous en recommande vivement la lecture si vous voulez mieux comprendre la société britannique actuelle au-delà des clichés sur le communautarisme à l'anglo-saxonne dont on nous rebat les oreilles ici pour lui opposer l'intégration à la française, vous savez, cette panacée républicaine qui a donné ce que l'on a vu l'hiver dernier dans les cités en flamme de l'hexagone. Ils ont dû bien rigoler les anglais et tous ceux qui en ont marre de recevoir des leçons de démocratie et de progrès social de la part des "frogs", des Frenchies arrogants.......

par jcfvc publié dans : Livres
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